Reevé's Histomj of English Law., vol. I, ch. II
2. Hoc etiam defendo et meâ auctoritate interdico, ne ullus vicecomes aut praepositus seu minister régis, nec aliquis laïcus homo, de legibus quae ad episcopum pertinent se intromittat, nec ahquis laïcus homo alium honiinem sine justitiâ episcopi ad judiciuni adducat. (Charta Willelmi. Rymer. fxdera, I. p. 3.)
d'Eadmer, si expressif dans sa brièveté : « Le roi, dit-il, ne permit jamais à un de ses évêques de poursuivre publiquement, sans son ordre, un de ses barons ou de ses officiers sous le coup d'une accusation d'inceste, d'adultère ou de quelque autre accusation capitale ; il ne leur permit pas non plus de les excommunier, ni de les soumettre aux rigueurs d'une peine ecclésiastique (1). » Ainsi, même pour ces violations de la loi morale qui sont la matière même des jugements et des arrêts de l'Eglise, Guillaume suspendait son action, et, par un excès d'autorité, soumettait à ses convenances politiques un pouvoir qui, dans le domaine de la conscience, veut ne connaître aucune entrave.
Ces dispositions du Conquérant et ce caractère général de sa politique envers TEglise ne sont pas inutiles à rappeler pour apprécier le rôle de Lanfranc. L'archevêque de Cantorbéry, qui avait pris incontestablement sur l'esprit de Guillaume un certain empire, ne paraît pas avoir jamais compromis son crédit par une résistance à des volontés qu'il savait sans doute inflexibles. Peut-être sa raison était-elle satisfaite par l'ordonnance de cet ordre nouveau et de la soumission du clergé dans les choses purement temporelles ; on ne découvre aucune trace de conflit entre l'archevêque et Guillaume, et on ne peut nier que sur des questions de ce caractère et de cette importance il ait été consulté. Eadmer, parlant du crédit d'Anselme et de Lanfranc, nous apprend que dans les questions religieuses, il les consultait toujours, et de préférence à tout autre conseiller (2). C'étaient ses deux guides ; mais l'influence d'Anselme se fit sentir surtout en Normandie ; dans l'île, Lanfranc resta le principal, peut-être l'unique inspirateur. Cependant l'homme qui avait lutté avec tant d'énergie pour l'établissement de la primauté et qui l'imposa à tout le clergé anglais, subit, sans paraître gêné par elle, la surveillance étroite
1. NulU nihilominûs episcoporum suorum concessum iri permittebat, ut aliquem de baronibus suis seu ministris sive incesto sive adulterio sive aliquo capitali crimine denotatum, publiée nisi ejus piœcepto implacitaret, aut excommunicaret aut uilâ Ecclesiastici rigorispœnâ constringeret. (Eadmer, p. 6.)
2. Anselmum et Lanfrancum. . . prae se magni semper habebat, et eos in omnibus qua; sibi, quantum officii eorum referebat, agenda erant, dulciori piee cteteiis studio audicbat. (Eadmer, p. 13.)
du roi, même en matière religieuse. 11 ne pouvait prendre une décision, dans une assemblée d'évèques, sans que Guillaume n'en eût été averti à l'avance et n'eût consacré de son autorité royale ses actes d'archevêque (1).
Cependant il s'était élevé à un degré de puissance qui eût donné de l'autorité à sa parole et qui aurait pu faire naître de graves conflits s'il eût désavoué le système du roi : primat d'Angleterre, il était en réalité le premier ministre de Guillaume ; quand celui-ci passait en Normandie, il confiait à Lanfranc comme une sorte de viceroyauté (2). Le maintien de l'ordre public, la surveillance des vaincus, les mesures de défense contre les envahisseurs : il devait veiller à tout. Eudes, évêque de Bayeux, frère du roi, Geoffroy, évêque de Coutances, le comte Guillaume de Garenne, qui avaient, en cas de mouvements militaires, le commandement des forces royales, étaient soumis en fait à l'autorité de Lanfranc ; celui-ci, correspondant directement avec le roi, avait la responsabilité et les soucis du gouvernement. Lorsque, en 1074, le téméraire Roger de Hereford se révolta et entraîna un grand nombre de barons normands, plusieurs évêques et abbés, Lanfranc était seul en Angleterre. Le moment était critique : on a conservé la lettre de l'archevêque au roi après les premiers succès des armées royales; sous le dédain, peut-être afî'ecté, pour un adversaire hors de combat, on retrouve comme les traces de l'émotion causée par un péril imminent : « Nous aurions grand plaisir à vous voir, comme un ange de Dieu; mais nous ne voulons pas que vous passiez la mer maintenant ; ce serait pour nous une trop grande humiliation si vous étiez forcé de revenir près de nous pour en finir avec de tels parjures et de tels brigands» (3). Lanfranc tint tête au péril, et, lorsque la place de Norwick fut prise, il écrivit de nouveau pour annoncer la pacification générale : « Gloire à Dieu au
1. Primatem. i . si coacto generali Episcoporumconcilio praesiderct, non sinebat quicquam statuere aut prohibere, nisi quEC suse volimtati accommodata et a se primo essent ordinata. (Eadmer, p. 6.)
2. Quando gloriosus rex Willelmus morabatur in Normanniâ, Lanfrancus erat princeps et ciistos Angliee, subjectis sibi omnibus principibus, et juvantibus in his qiise ad defensionem et dispositionem vei pacem pertincbant regni, secundumleges patria3. (M. Crispin. lita, lo.