‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 165 sur 175 · O. Vital, VU · texte numérisé non relu

O. Vital, VU

7. Penè papatum Romanum abscns a civibus mercatus fucrat; peras pcrcgrinorum cpistolis et nummis infarcicns. (Malmesb., liv. 3.)

Mais l'appel que fit Eudes à tous les esprits aventureux de l'Angleterre, les forces considérables dont il disposa bientôt (1) éveillèrent les craintes du roi. Il était en Normandie quand il fut instruit de ses projets (2)', il s'en émut aussitôt, et, comme Eudes allait quitter l'Angleterre et se préparait à passer en Normandie en grand appareil, Guillaume l'arrêta à l'ile de Wight. Le principal grief du roi, s'il faut en croire les paroles mêmes qu'O. Yital lui prête en cette occasion, c'est la levée de troupes faite en Angleterre par l'évêque de Bayeux (3). A un moment où le royaume avait encore à craindre les Danois et les Irlandais, où il fallait réduire les Manceaux et les Angevins, où Guillaume avait à compter avec son propre fils Robert, révolté contre lui (4), le seul fait de proposer à des hommes amis des hasards et des expéditions lointaines l'occasion de quitter le pays qui avait besoin de leurs épées, pouvait passer à ses yeux comme un commencement de rébellion. Cette sorte d'embauchage des soldats du roi fut le vrai crime d'Eudes, et, s'il est permis de distinguer dans le discours refait par 0. Vital ce qui fut la vraie pensée du roi et ce -que l'imagination de l'historien y a ajouté, les reproches d'impiété et de rapines sacrilèges adressés à l'évêque de Bayeux, développés à plaisir par le moine, doivent être mis en seconde ligne.

Le roi avait convoqué sa cour : c'était, par l'importance du personnage, un procès sans précédent. Frère du roi, évêque de Bayeux, comte de Kent, Eudes avait été pendant les premières années de la conquête le premier personnage après le roi; il avait partagé avec le fils d'Osbern seul, jusqu'à l'arrivée de Lanfranc, cette autorité presque sans limite (5). Tous les barons normands tremblaient devant lui (6), et quand Guillaume donna l'ordre de l'arrêter, per-

1. Hugonem, Cestrensium comitem, magnamqiie cohortem prœcipuoruin militum ascivit, ut secuiii in Italiam proficiscerentur obsecravit. (0. Vital, VII, 8.)

2. Apparatum hujusmocii prudens rex Guillelmus edidlcit, sed non approbavit, regnoque suo, multisque aliis valde nociturum eestirnavit. (Ibid.)

3. Militesque meos qui contià Danos et Hibernenses et alios bostes mihi minus infestos Angliam tutari debuerant, seduxit... (0. Yital, YII, 8) ...Frivolâ spe milites mibi surripuit... [Ibid.)

4. Quia Normanni levés et extera videre cupidi sunt. (O. Vital, VU, 8.)

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