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lions individuelles se firent jour et la turbulence féodale, longtemps contenue, éclata de nouveau (1) : on savait Robert mou et débonnaire (2). L'homme qui personnifiait cet esprit de turbulence, de cupidité, l'évéque de Bayeux, rendu a la liberté, était l'âme du complot formé contre Guillaume le Roux. Les barons se partagèrent en deux camps; mais le plus grand nombre se rangea du parti de Robert (3). Le roi d'Angleterre fut presque abandonné ; il dut faire appel aux Saxons, et leur offrir comme une revanche de la conquête. Lanfranc resta fidèle au roi qu'il avait couronné; l'intérêt du royaume à la fortune duquel il avait lié la sienne, son propre intérêt lui en faisaient une loi. Le parti de la révolte avait pour chef l'ennemi personnel de Lanfranc; Eudes savait que lors de son arrestation, huit ans auparavant, le Primat avait levé tous les scrupules de Guillaume ; et dans la guerre où se décida le sort des deux princes rivaux, autour de Rochester, Eudes s'attaquait de préférence aux domaines de l'archevêque (4).
Le récit de cçs hostilités est inutile à la connaissance de notre personnage; il n'y prit aucune part, et il laissa décider par les armes un conflit qu'il avait été impuissant à prévenir.
Libre de tout danger extérieur et confirmé dans la possession de son royaume, le nouveau roi ne garda pas longtemps le souvenir de ses engagements. En recevant le pouvoir, il n'avait pas vu de grands devoirs à remplir, et une œuvre encore inachevée à compléter; c'était à ses yeux une facilité déplus pour abuser de la vie. Jeune, porté aux plaisirs (5), il avait autour de lui tout un cortège de ces complices qui vivent des passions des grands : sa cupidité ne vit dans l'Angleterre qu'une proie, et les richesses de l'Eglise ne furent pas longtemps respectées. Le Conquérant avait justifié par la hauteur de ses vues politiques et par ses services le despotisme de ses moyens de gouvernement; et dans ce jugement d'un de ses panégyristes, la forme seule est bizarre : « Et toi aussi, terre
1. Tune in Normanniâ facta est nimia rerum mutatio... et potentibus impunô flagrans ambitio. (0. Yital, VIII.)