‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 27 sur 175 · Ibld · texte numérisé non relu

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désespéré le prit à part, le supplia en pleurant de renoncer à son projet; vaincu par les larmes de son maître spirituel, le moine fit serment de ne pas s'éloigner : Herluin le nomma prieur.

En sa qualité de prieur, Lanfranc devint rapidement le personnage le plus important du couvent. C'est alors qu'il donna tous ses soins à la réforme des études et de l'enseignement-, et qu'il fit de l'école du Bec le centre intellectuel le plus considérable de la Normandie et de la France.

« Il suffit d'avoir appris l'histoire pendant quelques mois, dit d'Achéry (1), pour savoir que c'était une coutume universellement répandue dans l'ordre de saint Benoît, d'ouvrir des écoles et d'élever les enfants dans l'étude des lettres. » Sans faire de l'ordre de saint Benoît le dispensateur providentiel de la science, il faut reconnaître que c'est lui qui, au moyen âge, a porté dans ses efforts pour la développer et la répandre le plus d'intelligence et le plus de suite. Bien avant le ix^ siècle, on avait établi des écoles dans les monastères et on avait confié aux moines le soin de les diriger. L'usage s'établit alors d'ouvrir dans chaque couvent de saint Benoît des écoles, confiées non à des séculiers, mais aux religieux que leur piété et leur science faisaient distinguer entre tous. Le programme des cours d'une école d'Angleterre, conservé dans l'appendice à Ingulf (2), nous permet de juger de ce que devait être l'enseignement en France : par un heureux rapprochement, il est dit dans le texte que ce programme est celui des études faites à Orléans (3). Nous pouvons donc nous regarder comme en présence d'un document français : c'est le programme d'une journée de travail au couvent de Cottenham, dans les environs de Cambridge. « Summo mane, frater Odo, grammaticus et satyricus illo tempore singularis, pueris et junioribus legebat grammaticam, juxtà Prisciani doctrinam... Ad horam verô primam, frater Terriens acutissimus sophista logicam Aristotelis, juxtà Porphyrii et Averrois Isagogas et commenta adolescentibus tradebat. — Ad horam verô tertiam, frater Willelmus rhetoricam Tullii Quintilianique flores

i. Notes, note 27.

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