‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 30 sur 175 · Lire le chap. I, sect. I des Décréta · texte numérisé non relu

Lire le chap. I, sect. I des Décréta

2. Quum vero infantes loti fuerint et se pectinare incœperint (cap. 1, sect. I.)

prendre place en silence dans leur stalle et prier. Leur vie est aussi réglée que celle des moines : leur rang dans les processions, leur place dans le chœur selon la solennité du jour, tout est prévu et fixé.

On distinguait parmi ces enfants ceux qui étaient élevés au couvent, qui y passaient leur vie (nutriti), et ceux qui n'y venaient que le jour, et sans doute rentraient le soir dans leurs familles (de sœculo venientesj. Ces derniers étaient, eux aussi, sous la surveillance de maîtres : le régime était le même pour les deux classes.

Quand ils étaient à l'école, nul ne pouvait y entrer que sur l'ordre ou avec la permission de l'abbé. La prescription était la même pour ce que nous pourrions appeler la salle d'étude : locus custodiœ. Il fallait la permission de l'abbé ou du prieur pour y entrer, pour s'y asseoir, pour faire un signe ou dire un mot à l'un des élèves. Encore fallait-il que le maître prît place entre l'élève et son interlocuteur, pour ne pas perdre un mot de la conversation. Tout était réglé dans cette vie des enfants, au matériel comme au moral; ils devaient avoir une lanterne pour deux; quand ils allaient trois, le troisième devait avoir aussi sa lanterne. Ils étaient toujours sous l'œil du maître et ne s'appartenaient pas un seul instant (1).

Les châtiments corporels ne manquaient pas ; mais seul l'abbé avait le droit de faire dépouiller les enfants de leurs habits et de les faire frapper. En son absence, le Cantor avait ce droit pour les fautes qui le regardaient ; enfin, le prieur, pour les infractions plus légères.

La vie des enfants était plus qu'une simple préparation à la vie monastique ; c'en était comme l'image fidèle (2). Eux aussi, ils avaient leur chapitre (3). Lorsqu'un moine de la communauté venait à mourir, les enfants ne tenaient pas leur chapitre. Quels

1. Ces prescriptions ne sont pas particulières au XF siècle. On les retrouve, presque identiques, au début du x« siècle (V. Fita S. Odon.),

2. Licet ipsa natura humana trahatur ad misericordiam in his aetatibus, senum videlicet et infantum, tamen et regulae auctoritas eis prospiciat. [Régula S. Ben., 37.)

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