‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 32 sur 175 · Vlta. — 0. Vital, II · texte numérisé non relu

Vlta. — 0. Vital, II

à mesure qu'ils grandissent, cette haine, cette défiance s'accroissent ; ils se portent vers le vice, ils inclinent au mal. Tenez pour certain que s'il y a pour les corps robustes et les corps frêles une nourriture différente, il faut savoir aussi distribuer une nourriture proportionnée à la force ou à la faiblesse des âmes. Celui qui est encore faible et mal assuré dans le service de Dieu, a besoin d'un lait bien léger, c'est-à-dire de la douceur, de la bienveillance, de la miséricorde des autres, d'une exhortation donnée avec un sourire, d'une charité qui sache supporter bien des choses... » (l)

Quant à la matière même de l'enseignement donné aux enfants, c'était fort peu de chose : les éléments de la grammaire, de l'arithmétique, surtout la musique et le chant. Le droit spécial donné au Cantor de faire battre les enfants, indique assez l'importance toute particulière de ce genre d'étude. Il n'est pas probable que Lanfranc se soit attardé longtemps' à cet enseignement. Ses fonctions de prieur lui faisaient un devoir de surveiller et de diriger leurs travaux ; aucun texte ne nous dit qu'il ait été lui-même leur magister. Quelle que fût l'importance de ces études qui préparaient dans le couvent même la génération future, ce n'était guère lace qui pouvait porter au loin la réputation des maîtres. Il fallait s'adresser à des hommes : il fallait un enseignement public. Il fut créé par Lanfranc, qui, dès le premier jour, y parut professeur éminent.

La nouvelle Ecole fut organisée sur le modèle de celles qui existaient déjà. La division du savoir humain en sept branches était depuis longtemps reconnue, et les deux mauvais vers latins qui nous ont été conservés présentent, dans leurs syllabes tronquées le résumé des genres de connaissances alors en honneur :

GRAMM. loquitur, DIA. vera docet. RHET. verba colorât. MUS. canit. AR. numerat. GEO. pondérât. AST. colit astra (2).

L'expression septem artihits eruditus se trouve plusieurs fois dans les textes relatifs à Lanfranc. Cette division, alors de droit commun, et dont il faut faire remonter l'origine à Marcianus

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