Vitat chap. v
mieux Lanfranc à ce dernier trait. En même temps, il donnait de.s consultations de droit, et ses avis étaient reçus avec déférence par tous ceux qui s'occupaient de l'étude des lois, de la justice, de l'administration des affaires de la cité. On dit même qu'il publia sur la jurisprudence un petit traité qui fut d'un grand secours aux jurisconsultes et aux magistrats. (1)
Sur cette première partie de la vie de Lanfranc, Milon Crispin ne nous apprend rien de plus. Mais, comme il arrive toutes les fois qu'il s'agit d'un homme qui a tenu une grande place dans son temps, le roman s'est mêlé à l'histoire ; et, sur la foi de textes d'une autorité douteuse, Lanfranc est devenu, pour quelques auteurs, le promoteur des études juridiques en Italie, et le premier, en date comme en célébrité, des professeurs de droit du xf siècle.
Si l'on en croit, en effet, les savants auteurs de V Histoire littéraire (2), Lanfranc ne se serait pas contenté d'étudier les lois à Bologne (3); mais de retour dans sa patrie, il aurait ouvert une école de droit et donné le premier l'exemple de cet enseignement qui devait être au siècle suivant l'honneur de l'Italie. Ils ajoutent même que Lanfranc expliqua les codes de Justinien avec le savant Garnerius. Le biographe de Lanfranc, d'ordinaire si exact et si bien en mesure d'être informé avec précision, ne dit pas un mot de ce grave événement ; on ne peut interpréter dans ce sens les quelques lignes où il rappelle ses succès comme avocat et son crédit à Pavie comme jurisconsulte. Le témoignage sur lequel s'appuient les Bénédictins de Saint-Maur est loin d'avoir la même autorité que celui du chantre du Bec. C'est dans une phrase du moine Robert du Mont qu'ils ont trouvé le principe de cette erreur : « Lanfrancus Papiensis et Gaymerius socius ejus, repertis apiid Bononiam legihus Ro7nani Justiniani imper atoris, opermn dedeyimt eas légère et aliis exponere » (4). Sans tenir compte d'autres invraisemblances, ce passage n'indique pas que Lanfranc ait professé à Pavie ; Bologne est au contraire clairement désignée. Mais ce texte mérite-t-il plus de confiance sur le point