‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 6 sur 175 · In. accessione ad rhronicon Sigibert Ad cum · texte numérisé non relu

In. accessione ad rhronicon Sigibert Ad cum

principal du débat? Le nom de Lanfranc et celai de Garnerius ou Irnerius sont rapprochés contre toute vraisemblance ; Garnerius ne vivait guère que soixante-dix ou quatre-vingts ans après Lanfranc, et il est impossible que le futur archevêque de Cantorbéry se le soit associé dans l'œuvre qu'on lui attribue. On ne connaît pas exactement la date à laquelle fut composée la chronique de Robert du Mont; mais on sait que ce moine vivait dans la seconde moitié du xii" siècle. Il fut envoyé au Concile de Tours, en 1169, par le pape Alexandre III. Il mérite à tous égards moins de confiance, sur ce point particulier, que M. Crispin, presque contemporain de Lanfranc : prés d'un siècle s'était écoulé depuis la mort du prélat, quand Robert du Mont dut commencer à écrire, et les souvenirs de cette première partie de sa vie, assez mal connus même du vivant du personnage, devaient avoir singulièrement perdu de leur précision. Robert ne s'intéressait pas d'une manière spéciale à Lanfranc, dont il n'avait pas entrepris d'écrire la vie; c'est dans une chronique générale qu'il parie incidemment de lui et qu'il a glissé la phrase, objet du litige. Les partisans du système des Bénédictins ont renoncé à soutenir que l'école de droit dont ils rapportent à Lanfranc la fondation se fût ouverte à Pavie ; l'absence de textes sur ce point précis les a mis dans la nécessité de modifier leur système. Il reste établi par tant de témoignages que la première chaire de droit fut créée à Bologne, que depuis longtemps déjà aucun écrivain n'y contredit. S'il est question parfois d'une école de Ravenne antérieure au xif siècle, sa réputation fut si mince et son influence si réduite, que la primauté de Bologne n'en est pas sérieusement atteinte. Ceux qui, comme le Gatti (1) et le père Sarti, ont continué à faire de Lanfranc le prédécesseur d'Irnerius, n'ont pas dépossédé Bologne de l'honneur d'avoir eu les premières écoles de droit. Les savants d'outre-mont qui ont révisé le débat au siècle dernier, n'ont prêté aucune confiance au témoignage suspect de Robert : Muratori (2) l'accueille avec la plus grande réserve, et Tiraboschi déclare qu'il ne peut se résoudre à partager l'opinion des Bénédictins. Le nombre et l'autorité des écrivains qui font d' Irnerius le premier professeur de droit à Bo-

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