‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 55 sur 175 · JafTé. Rcr/csta Pont. Rom · texte numérisé non relu

JafTé. Rcr/csta Pont. Rom

et les ouvrages de Scot Erigéne, son maître avoué, furent jetés au feu.

Plus tard, le pape Grégoire VII accorda à Bérenger de se faire entendre dans deux synodes généraux, en 1078 et 1079 : Bérenger signa et lut deux formules de foi qui étaient des abjurations : le pape lui défendit de subir l'épreuve du feu, que ses ennemis voulaient lui imposer ; il lui accorda un sauf-conduit et des lettres de recommandation.

Malgré quatre formules d'abjuration que Bérenger signa et lut publiquement à Tours en 1055 et à Rome en 1059 devant cent treize évêques, en 1078 et 1079, il revint toujours à son erreur. C'est seulement en 1079, à l'âge de quatre- vingt un ans, que, lassé de la lutte, affaibli par les années, et cherchant après, une vie de tempêtes une fin paisible, il parut renoncer définitivement à la doctrme qui avait passionné son esprit. Etait-ce silence prudent, ou conversion sérieuse? Qui peut le dire? Les témoignages sur la fin de sa vie nous le représentent prêtre accompli (1), entouré dans sa retraite de Saint-Côme de la vénération des chanoines de Tours qu'il avait attirés auprès de lui (2), tout entier à ses devoirs de charité (3). Suivant la majorité des auteurs, il mourut dans le repentir et l'orthodoxie ; les âpres combats de la vie avaient brisé la fierté de cet homme : vieux, il se défia de sa propre hardiesse. Comme pour le venger des persécutions qui attristèrent sa vie, le peuple se plut à lui prêter ce don qu'il attribuait à ses saints de prédilection : il annonça à l'avance le jour de sa mort (4).

Quelques auteurs, c'est le petit nombre, veulent qu'il soit mort fidèle à ses doctrines et inébranlable dans son apparente inconstance (5). Il plane donc quelque doute sur la fin de cet esprit hardi, de ce caractère timide, chez lequel le cœur semble avoir été inférieur à l'intelligence. Subtil, éloquent, beau diseur, il lui manqua cet esprit de conduite, cette tenue, celte obstination dans la défense de ses idées sans laquelle un chef de secte neîonde rien.

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