Inclinato corporc, sed non humiliato corde. Ibid
5. Nihil efficacuis ad intcritum animarum quàm perniclosus crror. /.ih. 22.
à des vérités qui viennent de Dieu. Aussi quelle dignité quand il professe sa foi ; quelle superbe, quand rappelant la justification à laquelle le réduisit un jour l'imprudence de son adversaire, il rappelle en même temps sa réponse triomphante : « Itaque surrexi ; quod sensi dixi ; quod dixi probavi ; quod probavi omnibus placuit, nulli displicuit (1). » Tout ce qui, en Bérenger, charme ses disciples, grâces du langage, séductions de l'esprit, vivacité dans la dialectique, le trouve insensible. S'il se laisse aller un instant à raisonner, si l'habitude de la dialectique l'emporte, ce n'est qu'en passant; là n'est pas à ses yeux le succès véritable. Pour lui, il n'y a pas de société sans le christianisme, pas de vérité en dehors de la foi. L'hérésie, quelles que soient les grâces dont on la pare, lui est odieuse ; peu importe la profondeur de l'esprit pour qui reçoit la vérité comme un bienfait d'en haut : « Mallem cum vulgo esse rusticus et idiota catholicus quàm tecum facetus hœreticus (2) » Il préfère à toutes ces nouveautés la foi simple des petits, des enfants à la mamelle (3) ; — quant à ceux qui, sans raison, veulent tout embrasser dans leurs raisonnements, leurs efforts sont vains et leur présomption ridicule : « sicut equus et mulus, in quibus non est intellectus (4) ». Bérenger a beau prodiguer les fleurs (5) ; Lanfranc plus sévère suit une autre méthode; une fois engagé dans la discussion, il est tout science et toute logique. Il veut convaincre avant tout. Aussi adopte-t-il la division la plus simple : il prend une à une les propositions contestables de Bérenger et les fait suivre d'une réfutation en régie. Dans l'esprit de Lanfranc, l'Église est assez forte pour se défendre elle-même ; aussi se contente-il d'entasser les textes, de le"s commenter. Bérenger s'appuyait sur saint Augustin; c'est à saint Augustin surtout que Lanfranc emprunte ses armes. Il cite l'ouvrage, le livre, le chapitre, le tome. Il montre que Bérenger n'a pas compris, ou bien qu'il a faussé le texte. Bérenger était soupçonné de son temps de n'avoir que des connaissances théologiques superficielles : Lanfranc déploie contre lui tout le luxe de