‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 58 sur 175 · Spim's rosas interseris. Liber · texte numérisé non relu

Spim's rosas interseris. Liber

son érudition. Les Actes des apôtres, les Psaumes, saint Jean, saint Augustin, saint Grégoire, saint Paul, saint Cyprien, saint Mathieu : tous sont cités par Lanfranc, qui présente en résumé (1) la doctrine constante de l'Eglise.

Si l'on veut prendre parti, il faut lire les traités célèbres, il y a huit siècles, de Guitmond d'Aversa et de Durand, abbé de Troarn. On sera frappé, dés les premières pages, de la différence dans la méthode de réfutation : Guitmond et Durand défendent le dogme en moines qui combattent pour la vérité ; ils entrent dans le détail et n'épargnent aucun argument ; la trivialité même de certains développements ne les rebute pas. Leurs traités sont volumineux; ils épuisent la question. Lanfranc donne au débat, dans la brièveté de sa réponse, un tout autre caractère ; c'est aussi la vérité qu'il défend, mais une vérité nécessaire au repos des esprits et à Tordre des choses humaines. A supposer que les querelles de cette nature pussent rester confinées dans le domaine de la spéculation, sans contre-coup dans la vie pratique, Guitmond et Durand n'en eussent pas moins écrit leur livre ; il est permis de croire que Lanfranc, non provoqué par son adversaire, n'eût pas écrit le sien. Sans doute il y aurait injustice à exagérer ce point de vue; gardons-nous de calomnier ces âmes croyantes en mêlant le calcula leur foi. Il n'en est pas moins vrai qu'en présence d'une même vérité attaquée, les hommes sont affectés diversement, et, suivant la nature de leur esprit, les uns sont plus sensibles à l'indignité de l'outrage fait au vrai, les autres aux dangers que la négation du vrai peut produire. La diversité est plus grande encore : les uns défendent la vérité mise en péril, parce que cette vérité leur est chère et que toute leur âme est comme intéressée à son triomphe ; ils luttent alors pour l'objet de leur amour, et, s'ils succombent, ils en gardent la tristesse d'un cœur qui a perdu tout ce qui le charmait. D'autres défendent cette vérité, parce que l'erreur contraire leur paraît dangereuse ; et que, sur ce principe vrai, repose un ordre de choses dont l'excellence ne peut être mise en doute. Sans le vouloir et sans le savoir peut-être, ceux-ci, plus préoccupés du monde que de Dieu, sont les politiques que l'avenir des choses humaines intéresse avant tout, même à

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