‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 62 sur 175 · Citron, de Norinandle. (Bouquet, XIIJ · texte numérisé non relu

Citron, de Norinandle. (Bouquet, XIIJ

2. Anglia dubio favore nutabat, cui se rectori coinmitteret incerta, an Haroldo,anWillelmo,anEdgaro...Anglidiversisvotisferebantur, quamvispalam cuncti bona Haroldo imprecareniur. — Guill. de Malmesb. De Gest. Reg. Lib. 3.

Peu de temps après, lorsque Guillaume porta sa cause devant la cour romaine, le pape et les cardinaux se prononcèrent pour le duc. Par quelles négociations un ssmblable résultat avait-il été préparé?

Pour quiconque a examiné de près le mouvement d'esprit qui s'était opéré en Normandie depuis vingt années, ce n'est pas à l'activité des démarches faites au dernier moment auprès de la cour de Rome qu'il faut attribuer le succès. Les causes en sont plus profondes et moins prochaines.

Depuis que les Normands de Rollon s'étaient convertis au christianisme, leurs ducs s'étaient signalés par leur zèle religieux; toutefois ils ne faisaient que suivre le mouvement de leur temps, et les rois d'Angleterre et de France leurs contemporains n'avaient point montré une moindre ferveur. Il y aurait aussi injustice à prétendre que, pendant le demi-siècle qui précède l'avènement de Guillaume, la nation normande, par le caractère plus éclairé de ses croyances religieuses, la moralité et la science de son clergé, fut supérieure à la nation anglaise. Les conciles tenus à différentes dates dans les deux pays laissent voir, au contraire, qu'au delà et en deçà de la Manche, la grossièreté de mœurs et l'ignorance des gens d'Église étaient égales, la grossièreté des croyances aussi complète, les superstitions aussi chères à l'esprit du peuple. Si en lOlH, Kanut était obligé d'interdire par une loi l'adoration des idoles, du soleil, de la lune, le culte rendu aux sources et aux arbres, la croyance aux fées ;(1), sous le pontificat de l'archevêque Mauger, on attribuait à ce prélat des rapports avec le démon et le commandement des esprits : il semble qu'alors encore il y ait eu peu de différence entre les Anglo-Saxons et les Normands. Peut-être les récentes invasions dont l'Angleterre souffrit tant l'avaient- elle placée dans des conditions de développement moral et de réforme bien inférieures à celles de la Normandie : mais à ce moment encore, jusque vers 1040, l'écart n'est pas considérable entre les deux peuples.

Si l'on veut déterminer la date critique du xi^ siècle, celle qui peut marquer l'origine du mouvement de transformation religieuse dont il reçoit son caractère essentiel, on remarquera (|ue c'est à

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