Comme le veut Gfrorer. [Grég. FIL Vol. 3, ch. XV
5. D'après 0. Vital, ce .serait 1053. La date est incertaine.
mettre que les démêlés aient été de quatre à sept ans antérieurs au fait lui-même. Vers cette époque, les rapports de Guillaume et du pape n'ont pas encore été altérés : nous en avons la preuve. En 1035, à la mort du comte d'Anjou Héribert, son fils mineur, Hugues II, exposé aux attaques de ses voisins et à la perfidie de son tuteur, s'était mis sous la protection de l'évêque du Mans, Gervaise ; Geoffroy Martel déposa Gervaise, et en 1049, le pape Léon IX le rétablit malgré le comte. Gervaise était connu pour ses préférences; on le savait à la discrétion du parti normand; il en avait donné des preuves : le seul fait de le rétablir, en dépit de Geoffroy, était une déclaration pleine de gravité; le pape prenait parti pour le Normand contre l'Angevin. Bientôt après il prit aussi parti pour lui contre le roi de France : l'archevêque de Reims étant mort, Léon IX refusa de reconnaître le candidat proposé par Henri I"; il nomma Gervaise, le candidat normand. Grâce au pape, Guillaume établissait de l'autre côté des domaines de son voisin, le roi de France, un homme à lui, un puissant seigneur féodal. La mort de l'archevêque auquel succéda Gervaise est de 1055.
C'est peut-être à cette date qu'il faut placer le mariage de Guillaume : car cette même année (1055), les évêques de Normandie se réunirent en concile à Lisieux pour déposer l'archevêque de Rouen, Manger. Les raisons de cette disgrâce n'étaient que trop nombreuses : mais on lui attribua Thonneur d'avoir blâmé ce mariage; ses partisans couvrirent sa ruine de ce prétexte. Quel que fût le trouble apporté par ce fait aux relations de Léon IX et de Guillaume, la déposition de Manger ne pouvait être accueillie à Rome qu'avec faveur : archevêque comme par droit de naissance (1), il traita son Eglise comme une proie offerte à sa cupidité, la dépouilla de ses richesses, et, libertin effréné, il donna le spectacle de tous les vices. Il avait affecté vis à vis de la papauté une hautaine indépendance : plusieurs fois, le pape le manda auprès de lui; il refusa toujours de s'y rendre, par dédain ou par crainte; Rome sentit l'outrage et le danger d'un pareil exemple. Manger resta archevêque; mais il ne reçut jamais le pallium, insigne de sa dignité. Il était du nombre des prélats que Rome désa-