‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 65 sur 175 · Veluti natal ium jure. (Guil. Pictav · texte numérisé non relu

Veluti natal ium jure. (Guil. Pictav

vouait (1). La présence au concile de Lisieux du légat Hermenfroi est un fait significatif (2j.

Le caractère de son successeur ajoutait encore aux heureux résultats de sa disgrâce. Maurile, le nouvel archevêque, était un moine. Il avait été abbé d'un couvent à Florence; la rigueur de ses principes avait provoqué la colère de ses moines, qui tentèrent de l'empoisonner (3). Il méritait les plus hautes dignités par son caractère, sa science et ses mœurs (4). Le premier acte du nouvel archevêque fut de tenir un concile provincial à Rouen : Guillaume y assista. L'assemblée s'occupa surtout de règlements pour réprimer la licence des mœurs, la simonie, la succession aux charges ecclésiastiques dès enfants de prêtres, du concubinage avoué des gens d'Église (5). Milon Crispin parle de l'interdit jeté sur la province par le pape ; on hésite à croire qu'il fût observé dans toute sa rigueur, quand on voit la vie ecclésiastique continuer en Normandie sans aucun changement et le duc assister à un concile. La même politique est suivie après la réconciliation : en 1063, il y eut un concile à Rouen. Le duc était présent : il attachait une grande importance à suivre les actes de ces assemblées, certain que sa présence animait le zèle de chacun ; il se méfiait d'ailleurs des rapports qu'on aurait pu lui faire à ce sujet, tant il tenait à voir les afi*aires religieuses se traiter avec ordre, raison, sainteté (6). Depuis son avènement, il avait pourvu à la plupart des sièges épiscopaux de sa province; et bien que les nouveaux titulaires fussent presque tous de famille noble, il parut avoir moins consulté leur naissance que leurs mérites (7).

Grâce à son intervention énergique, la Trêve de Dieu, œuvre de l'Eglise, et comme la mesure de son influence, était devenue en Normandie une réalité (8). Le duc aimait le clergé régulier, chez

1. Non sponsus ejus Ecclesise vel pater dicendus, sed gravissimus Dominus vel rapacissimus prœdo, Lsesit insuper injuria summum in orbe terrarum antistitem..., etc. (GuiU. Pictav.)

2. V. Acta archiep. Rotomag., cités par le Gallia Christ., XI, p. 28.

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