‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 68 sur 175 · Wright. Biogr. Britan., I, p · texte numérisé non relu

Wright. Biogr. Britan., I, p

t' V. H. Soames. The Anglo-Saxon Churck. 185G. — London, p. 219. 3. Wharlon, ./. Sacra, I, p. 133. « Epistolam insignem de Sacraiiiento altai'is. »

du sacré collège et que Lanfranc ne fut pas étranger à ces négociations. Le silence absolu des historiens et le défaut d'actes authentiques ne suffit pas à établir la preuve contraire, le secret le plus profond devant envelopper des agissements de cette nature. La grande habileté de Guillaume fut de rendre possible l'intervention du pouvoir religieux dans un conflit tout politique ; Harold fut présenté comme parjure au plus sacré des engagements. Par là, l'Église trouvait occasion de s'immiscer dans le débat. La résistance que Guillaume éprouva tout d'abord de la part de ses barons permet de penser que l'issue du conflit eût été tout autre, si l'expédition n'avait pris le caractère d'une croisade : alors seulement une armée se forma et les événements se dessinèrent nettement. Comment la croisade fut-elle préparée? Là est le nœud de la question.

Ce n'est pas en Normandie seulement que le caractère religieux, ou tout au moins romain, de Texpédition était pressenti ; en Angleterre, les esprits clairvoj'ants en eurent le sentiment comme en France et Harold devina dés le premier jour où était la force réelle de son rival. L'été se passa tout entier en négociations sans résultats entre les deux princes ; et lorsque Guillaume proposa de porter la cause devant le pape, le roi saxon refusa cet arbitrage. A ce propos les historiens ont blâmé Torgueil d'Harold et son entêtement (1) : de sa part, c'était prudence, peut-être nécessité : Ingulf représente Harold comme faisant fi de la décision pontificale (2) ; il la redoutait bien plutôt. On peut l'affirmer, quand on voit le soudain changement qui se produisit chez cet homme, en appa* rence indifî'èrent jusqu'alors aux choses de la religion. On eût dit qull voulait calmer le trouble de sa conscience ou s'abriter contre les foudres pontificales derrière le clergé anglo-saxon. Il semble qu'il eût négligé de se faire sacrer (3) ; il devait faire oublier ce vice de son origine. Il donna coup sur coup l'ordre d'élever une église dédiée à la croix et un monastère. C'est par la croix que Constantin avait vaincu, qu'Oswald avait triomphé de Penda, qu'Ethelred avait repoussé l'invasion danoise.

1 . Vel qu6d turgidus naturâ esset, vel quod causse diffideret. — Malmesb* De G est Reg., liv. IIL

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