‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 70 sur 175 · Lettres de Grég.^ Fil · texte numérisé non relu

Lettres de Grég.^ Fil

3. Quàm etficacem me exhibui,... quanto studio laboravi. — Greg. Epist.

4. Etenim conslabat viro catbolico et sapienti quod omnipotentia Dei, nihil volens iniquum, justain causain cadere non sineret, pra;sertim considérant! sese qui non tanlùiu ditionem suam et gloriam augere, quantum ritus Christianos partibus in illis corrigere intendit. (Guill. de Poitou.)

avec le droit de tout entreprendre. Alors seulement se dessine la fortune de Guillaume (1) : alors arrivent en foule (2) ces aventuriers de tout pays qui forment l'armée de la conquête : les éléments en sont si divers que les historiens du temps les appellent rarement les Normands : ce sont bien plutôt les Francigenœ^ les Francis les Galli; les gens de France, des Pyrénées à l'Escaut, et non pas ceux de Normandie. Trente ans avant le mouvement de la première croisade, c'est comme un prélude à ces rassemblements d'hommes sur lesquels la papauté va faire l'essai du pouvoir d'une idée sainte. Il ne faut pas fausser ce jugement en l'exagérant; l'espoir du pillage et le goût des aventures furent les principaux mobiles, mais cet entraînement n'eut lieu que lorsque le jugement de Rome eut proclamé la légitimité de la conquête (3). Enfin, dans l'opinion du temps, qui séparait malaisément la religion et l'idée de droit, la déclaration pontificale fixait le droit incertain de Guillaume; et plus tard l'archidiacre de Lisieux pouvait dédier son ouvrage à Guillaume, roi légitime des Anglais {Orthodoxmn regeni Anglorum).

La suite des événements n'appartient pas à notre récit; mais le premier acte de Guillaume vainqueur fut de reconnaître le service que Rome lui avait rendu. Il envoya au pape Alexandre une somme d'or et d'argent qui étonna par son énormité (4), des ornements tels que Bjzance elle-même eût été fiére d'en posséder, et l'étendard d'HaroId, sur lequel on voyait tissée en or fin l'image d'un guerrier en armes.

Quelle part l'abbé de Saint-Etienne prit-il à la préparation de ces événements? II est impossible de le dire avec certitude; les témoignages contemporains font défaut, et dans la correspondance de Lanfranc lui-même ou [des principaux intéressés, pas un mot

1. Quant le duc Guillaume ot oy l'ordonnance du S. Père etreceule gonfanon et l'anel, si eut grande joye et non sans cause et appareilla ses garnisons. [Citron, de Noinn. Bouquet, XIII, p. 227.)

2. Et quant ses gens vn-ent son ordonnance, ilz s'en vindrent offrir à lui servir, et lui offrait la mère son enfant et chascun ce de quoi il pouvait finer. (Ibid.)

3. Non pas que Guillaume eût attendu ce moment pour adresser son appel à quiconque voulait acquérir. (V. Chron. de Norm.). Mais c'est alors seulement qu'il y eut un élan véritable.

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