‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 72 sur 175 · V. Guill. de Poit · texte numérisé non relu

V. Guill. de Poit

2. Angli prsesidibus superbis qui régis monitus spernebant admodum injuriabantur. (0. Vital, IV, 3.)

la révolte; lorsqu'en 1068 Edwin et Morkarse soulèvent, le clergé et les moines sont de cœur avec eux (1); évoques et abbés s'enfuient à l'étranger ou rejoignent au camp d'Ely les chefs de la résistance nationale. Alors les intérêts de Rome et de la royauté normande, qui auraient pu, avec un clergé plus soumis, devenir distincts et se contrarier, se confondent de nouveau : le roi frappera comme rebelles ceux que le pape a condamnés comme trop disposés à échapper à sa suprême autorité. Mais il était prudent d'attendre, pour accomplir ce grand changement, une heure calme où l'on pût croire la conquête achevée et la domination nouvelle bien assise. Tant qu'il put y avoir des doutes sur la stabilité de la conquête, Guillaume dissimula ses desseins et retarda les effets de son alliance avec Rome. Avec cette « ruse de renard » que lui attribue le vaincu, il sut flatter évêques et ahbés; en 1068, à Londres, il témoignait aux évêques les soins les plus affectueux, il se prêtait à tous leurs désirs, écoutait avec empressement leurs rapports ou leurs avis (2). En 1070, le moment parut propice : il y eut alors comme un essai d'entente entre le vainqueur et le vaincu. Anglais et Normands habitaient ensemble dans les bourgs, les camps et les villes: les mariages avaient déjà mêlé les deux peuples (3); les marchés retrouvaient leur activité et les Anglais s'habituaient peu à peu à prendre les manières et l'habillement des gens venus de France (4). Les églises en ruine se relevaient, de nouvelles étaient construites. Cet état, qui ressemblait à la paix, permettait de tenter des réformes profondes. Les deux alliés de 1066 se retrouvaient; ils ne pouvaient se manquer l'un à l'autre sans compromettre quelque chose de leur puissance, ou sans renoncer à une partie de leur plan politique. Pour l'un et pour l'autre, la révolution projetée était à la fois politique et religieuse;-la politique n'était pas le seul mobile de Guillaume,

1. A clericis et monachis crebra pro iUis fiebat oratio. (0. Vital, IV, 4.)

2. ...MuUâ calliditale favit. Ipse... dulciter ad oscula invitabat ; bénigne, si quid orabant, concedebat, prompte si nuntiabant aut suggerebant, ausciiltabat. (O. Vital, IV, 4.)

3. His temporibus... civiliter Angli cum Normannis cobabitabant, in burgis, castris et urbibus, connubio alteri alteros mutuo sibi conjungentes..., etc. (0. Vital, IV, 7.)

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