‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 74 sur 175 · Grande Chronique, I · texte numérisé non relu

Grande Chronique, I

3- Vir utique sicut pœnecaeteri tune temporisin AngUâ episcopi illitteratus existens. (Knyghton. Twysden, p. 2332.) 4. Qui nesciret abuti. {Ibid.)

avec la permission du roi et sur l'avis du comte Godwin, il consacra évoque Siward, abbé d'Abingdon;, cette promotion fut connue d'un très-petit nombre de personnes, jusqu'au jour où elle devint un fait accompli, car l'archevêque avait pensé que « si la « nouvelle s'ébruitait, un candidat moins fidèle et moins instruit « pourrait acheter ou obtenir cette dignité (1). » La simonie, qui consacrait la servitude de l'Eglise vis-à-vis du pouvoir civil, et qui déshonorait, en le mettant à prix, le caractère sacré du sacerdoce , était depuis vingt ans l'objet de toutes les attaques du parti réformateur de Rome. La pratique du commerce des choses saintes n'était point particulière à l'Angleterre, et aucune partie de l'Europe chrétienne n'avait échappé à cette honte; l'exemple était venu de Rome elle-même (2) ; mais la réaction allait être des plus vives, et, à ce seul titre, l'Angleterre était condamnée. Par un abus de même ordre, en Angleterre comme sur le continent, un même évêque occupait deux sièges épiscopaux, jouissait de leurs revenus : ce fut un des griefs canoniques invoqués contre Stigand .

On peut donc l'affirmer sans crainte d'être dupe d'un parti pris : le clergé Anglo-Saxon était en 1066 inférieur en moralité et en instruction à cette partie du clergé qui représentait aux yeux du pape et d'Hildebrand l'Eglise romaine, et sa croyance s'écartait sur un article fondamental de l'orthodoxie romaine. Sans doute cette Eglise normande elle-même comptait alors parmi ses membres des indignes et des ignorants : se refuser à l'admettre, c'est donner dans le système; on ne saurait rendre raison des violences et des grossièretés d'un grand nombre d'abbés et de moines substitués aux anglo-saxons. De quelque ardeur qu'on le souhaite, il est • une couche profonde dans les sociétés où le bien descend rarement, dans laquelle les réformes sont longues à s'opérer et promptes à disparaître; il y eut dans le clergé normand ce bas-fond que la réforme monastique n'atteignit pas ou ne transforma qu'à demi ; lâchés sur l'Angleterre, ces moines, un moment affranchis de la discipline qui les maîtrisait en Normandie, se portèrent à tous les excès; on ne saurait en être surpris. Mais ce que l'on connaissait à Rome du clergé normand, cette haute classe qui dirigeait l'Eglise

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