Ibid
5. Religionis plenus, Htterarum non nescius, in rébus forensibus acer et elimatus, et qui putatus sit divinâ potissimùm electione hune honorem meruisse. [Ibid.)
œuvre de restauration littéraire : s'il n'a pas laissé la réputation d'un écrivain, on ne peut douter qu'il n'ait donné tous ses soins aux choses de l'esprit : en 1734, parmi les livres d'Herman van de Wal on a trouvé une bible écrite en partie de sa main, portant la suscription suivante : Prima pay^s Bibliœ per honœ memoynœ Gundu Iphwii Roffensem episcopimiiV) . Sous sa direction, et par les soins de l'archevêque, l'Église de Rochester reprit son ancienne importance, et la vie monastique y fut rétablie dans des conditions de dignité et de bien-être toutes nouvelles (2). L'année même de l'installation de Lanfranc, mourut l'évêque de Hereford, Gauthier, dont la vieillesse libidineuse fournit à Malmesbury un récit piquant. Gauthier était Lorrain; il avait été promu à la dignité épiscopale en 1060 ; son successeur fut Robert, Lorrain comme Gauthier. Ainsi les Anglo-Saxons n'étaient pas les seuls à offrir les scandales, ni les Normands à représenter la réforme : cet exemple mérite d'être remarqué. Robert passait pour savant; il était venu en Angleterre quelque temps après la conquête, et le vénérable Wulstan l'avait ordonné prêtre. Il s'établit entre ces deux hommes une amitié profonde ; c'est lui que Wulstan manda à Worcester à ses derniers moments (3), et qu'il informa de sa mort par un songe miraculeux. L'évêque saxon n'eut pas d'ami plus dévoué. Robert fut consacré par Lanfranc le 29 décembre 1079. 11 possédait toutes les connaissances astronomiques de son'temps : l'abacus, le comput lunaire, le cours des astres lui étaient familiers (4) : il se fit surtout une grande réputation comme chronographe. Le moine Marianus Scotus de Mayence avait consacré les loisirs de son existence à mettre d'accord les calculs chronologiques de Denys le Petit et les dates des écrivains sacrés. Robert connut le volumineux traité de Marianus ; il en publia un abrégé qui fit longtemps autorité et qui fit oublier l'original (5). Malmesbury considère Robert comme le savant le plus considérable de son temps.