‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 88 sur 175 · Hujus criminis noxâ totâ vitâ régi infamatus. [Ibid · texte numérisé non relu

Hujus criminis noxâ totâ vitâ régi infamatus. [Ibid

« vous prenne en pitié : faites-le avec instance vous-même, faites « prier aussi vos amis; pour nous, nous ne négligeons rien à cet « effet. Faites offrir par des amis et de fidèles envoyés votre sou- « mission au roi notre maître. S'il vous repousse, n'en soyez que « médiocrement triste et inquiet. Car Dieu visitera son peuple « quand son heure sera venue. Que la miséricorde de Dieu soit « avec vous(l). » Lanfranc n'ignorait pas ce que vaudraient auprès du roi les efforts de Toustain ; ses consolations ironiques sont précieuses à recueillir.

Il arriva que, dans certaines parties du royaume, à Durham par exemple, dans le voisinage des frontières les plus menacées et souvent en plein pays soulevé, l'évêque fut moins un personnage religieux qu'un chef militaire : ce n'est pas au xf siècle et dans une période de conquête que la confusion momentanée de ces deux personnages peut surprendre. L'évêque saxon de Durham, Egelrik, souleva le pays contre Guillaume; impuissant sur terre, il combattit sur mer : Malmesbury, peut-être sévère, l'appelle pirate (2) ; mais Guillaume usa de son droit et ne fut que prudent en lui donnant un successeur. Egelrik fut exilé de son diocèse (3) et il subit sa peine à Westminster : l'évêque Yaucher lui succéda. Après la mort de Walkheoff, institué gouverneur de la province en même temps qu'évêque, Yaucher avait moins à « réformer les « mœurs par son éloquence (4) » qu'à contenir par l'épée tout mouvement de révolte.

De tous les prélats delà conquête, il en est peu qui aient été plus diversement jugés que Vaucher : pour les uns ce ne fut qu'un chefmilitaire, et sa tyrannie fut impitoyable; ses exactions, les rapines de ses gens mirent le comble aux souffrances des vaincus (5). Il semble même qu'il ait été moins évêque que comte; la seule lettre de Lanfranc à son adresse ne dit pas un mot des choses de la religion; l'archevêque lui parle, non de son Église, mais de son camp: «Les Da- « nois arrivent; c'est un fait certain. Le roi vous en a averti ; for- < tifiez votre camp; hommes, armes, aliments, préparez tout,

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