Ibid
3. V. De Antiquitate Britannicx Ecclesiœ, et nominatim de Privilegiis Ecclesiœ Cantuar,.., etc., etc. (Hanovriae, 1605.)
tous les points de l'île on se rendait à Cantorbéry pour obtenir justice. Le pays de Kent avait toujours passé pour la partie la plus agréable de la Grande-Bretagne ; on disait que nulle part la vie n'était plus facile. Borné au sud et à l'est par la mer de Germanie, au nord par la Tamise, à l'ouest par les comtés de Surrey et de Sussex, le royaume de Kent était cité pour la fertilité de ses campagnes, le caractère généreux de ses habitants, le nombre de ses villes et de ses fermes. Les Cantiens passaient pour les plus civilisés de tous les peuples de l'île ; Jules César leur avait déjà rendu ce témoignage (1) ; on les comparait aux Gaulois leurs voisins pour la douceur et l'élégance de leurs mœurs. La situation de leur pays, au point marqué par la nature pour les relations avec le continent, les avait forcés à se mêler aux peuples voisins : moins confinés dans leurs limites que les autres peuples de l'île, ils recevaient bien les étrangers ; plus tard un moine érudit les appelait yeXoÇevot.
Le pays où s'élevait York était tout autre : beaucoup moins fertile, presque sauvage, à deux pas de ce repaire de barbares si redoutés, les Scots, il n'offrait aucun des avantages de Kent ; aux dernières limites du monde habité, il semblait perdu pour la religion comme il l'était pour les hommes. On pouvait dire de lui avec plus de raison encore ce qu'on répétait de l'Essex et de Londres : qu'il s'était converti plus par nécessité que par enthousiasme, et qu'il était venu bien tard à la foi (2). York avait été une ville importante du temps de la domination romaine ; mais depuis que la frontière du Nord n'avait plus été l'objet d'une surveillance assidue et que les dangers de l'invasion étaient venus d'un autre côté, York avait été comme un ancien avant-poste oublié; son rôle avait singulièrement décliné. Sans doute c'est aux souvenirs de son histoire que l'antique Eboracum dut de devenir le siège du pouvoir religieux dans le nord de la Bretagne; mais à un moment où York ne vivait plus que de souvenirs, Cantorbéry opposait à sa grandeur déchue tout le prestige d'une puissance actuelle. Comme sa rivale d'ailleurs, Cantorbéry était fiére de l'anquitité de son histoire. Sous le nom de Dorobernia ou Dorohernum, elle faisait