De bello Gallico, V
2. Tardius ad fidern conversos, necessitate magis quàm voluntate. {De Antiq, Britan.), p. 15.
remonter son origine fabuleuse à l'an 890 avant Tincarnation du Christ.
La puissance appelle la puissance. La première dans Tordre politique, Cantorbéry ne pouvait manquer de devenir rapidement la première dans Tordre religieux. Ce ne fut pas sans luttes, sans protestations. Même au lendemain du pontificat de Grégoire, les prétentions de Cantorbéry se font déjà jour. En 626, Justus, évêque de Rochester, fut appelé au siège archiépiscopal de Cantorbéry. Le pape Boniface lui écrivit : « Par l'autorité du bienheureux Pierre, nous voulons et ordonnons qu'à l'avenir le siège métropolitain de toute la Bretagyie soit dans la cité de Dorobernum, et que toutes les provinces du royaume d'Angleterre soient soumises à l'Eglise métropolitaine de cette même cité » (1).
Deux ans après, à l'occasion de la consécration d'un nouveau titulaire de Cantorbéry, York protesta. L'archevêque d'York, Paulin, l'ancien disciple d'Augustin et T apôtre du nord de T Angleterre, consacra le nouvel archevêque de Cantorbéry dans TEglise de Lincoln. Le pape Honorius leur écrivit à ce propos : « Lorsque l'archevêque de Cantorbéry ou l'archevêque d'York viendra à mourir, c'est au survivant que revient le droit d'ordonner le nouveau prélat. » (2) Ainsi semblait confirmée par l'égalité des attributions, l'égalité d'importance. Mais le même pape écrivait à l'archevêque de Cantorbéry : « Nous voulons que toutes les Eglises et toutes les régions de l'Angleterre soient soumises à votre juridiction ; que Cantorbéry conserve à perpétuité le siège métropolitain, la dignité archiépiscopale, et qu'elle reste la tête de toutes les Eglises d'Angleterre » (3). Cette lettre est de Tannée 632, moins de trente ans après la mort de Grégoire le Grand. Il y avait en effet dans les choses mêmes une force contre laquelle les décisions pontificales les plus récentes ne pouvaient prévaloir^ Grégoire le Grand s'était prononcé dans la plus complète ignorance des lieux et des choses. Sans doute, il eût luimême modifié cette organisation primitive : ses successeurs ne se firent aucun scrupule de retoucher son œuvre.