‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 95 sur 175 · Beda. Liv. II, ch. ^N\L · texte numérisé non relu

Beda. Liv. II, ch. ^N\L

3. Et caput omnium Ecclesiarum Anglorum semper in posterum sei*vetur. — Raoul de Dicet, Ibid., an. 632.

Le siège de Cantorbéry eut pour lui l'appui des différents pouvoirs politiques qui se succédèrent dans l'Angleterre méridionale. Par une bizarrerie dont les exemples ne manquent pas, l'orgueil des rois de Kent était flatté à la pensée que T archevêque de Cantorbéry, trop souvent leur maître, dominât spirituellement l'Angleterre tout entière. Ils possédaient dans leur royaume le siège primatial des trois îles : leur vanité, leur ambition y trouvaient également leur compte ; leur prestige s'en trouvait accru d'autant. Dans une question surtout religieuse, on ne pouvait oublier que Cantorbéry avait été le berceau de la religion nouvelle ; comment contester à la première ville conquise à la foi ce primatus honoiHs, et ce primatus honoris ne pouvait-il pas se changer tôt ou tard en piHmatus auctoritatis ? Cet argument d'un ordre sacré revenait à chaque heure sous la plume des défenseurs de Cantorbéry. « Kent est soumise à Rome, parce que c'est Cantorbéry qui a envoyé à York des missionnaires. Cantorbéry a été la première dans la foi; elle doit être la première en dignité » (1).

Il se trouva aussi que le siège de Cantorbéry fut occupé souvent par des hommes d'un talent supérieur ; tel prélat illustre qui recevait la dignité archiépiscopale en récompense de ses mérites, ajoutait encore par leur éclat à la réputation et à l'autorité des futurs titulaires. La dignité faisait remarquer l'homme ; l'homme rehaussait le prestige de la dignité. Jusque vers la fin du vu" siècle, le nom d'Augustin rayonna seul sur la cité où il avait fondé sa première église. Vers 670, un grand pontife recueillit sa succession spirituelle. Dès lors les noms de Théodore et d'Augustin deviennent dans cette grave question de suprématie, comme le palladium de Cantorbéry. Le pontificat de Théodore marque la fin de cette période de contestations et de crise, pendant laquelle York se considère encore comme l'égale de Cantorbéry. Mais à ce moment les exemples de résignation ne manquent pas : « Théodore fut le premier des archevêques de Cantorbéry à l'autorité duquel toute l'Église d'Angleterre consentit à se soumettre » (2). On le voit parcourir l'Angleterre, ordonner des évêques dans tous les lieux où il juge opportun d'en établir, corriger les abus, décider

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