‹ Lanfranc notice biogr., littér. et philosophiqueChapitre 4 sur 6 · LUE A LA SÉANCE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LUE A LA SÉANCE PUBLIQUE

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Admîrandum cognoscerent ingcnium sibi studiumque Lanfranci llcrodianus iu grammatica, Aristoleles in dialeclica, Tullius in rhetorica, Aiiguslinus et Hieronymus aliique logis et gralix expositores in sacra pagina. Ordcric Vital, Ilistoria ccclcsiasiica , tib. IV.

Reprenons , Messieurs, notre Lanfranc au point où nous l'avons laissé ; je vous ai raconté sa vie ; parlons maintenant de ses écrits.

Nous avons trois éditions de ses Œuvres. La première , en un volume in-folio , se publiait à

Taris en 1668 : nous la devons an savant bénédictin Dom Luc d'Achery (2). La seconde n'est, à quelque différence près, qu'une réimpression de la première ; elle fait parlie du XVIII e . volume de la Bibliothèque des Pères, que Margarin de La Bigne éditait à Lyon en 1677 (3). La troisième en deux volumes in-8°. est du docteur Giles ; imprimée à Paris, elle paraissait simultanément, en 18M, à Paris et à Oxford (û).

L'édition de 16Û8 contient, sous le nom de Lanfranc, 1°. un commentaire sur les Épîtres de saint Paul [Comme ntarius in lipislolas B. Pauli , p. î-229) ; 2°. un livre sur le Corps et le Sang de Notre-Seigneur ( Liber de Corpore et Sanguine Domini contra Bcrcngarium y p. 231-251 ) ; 3°. quelques lignes sur les Conférences de Cassien ( A nnotaliunculœ in nonnullas Joannis Cassiani Collationes Palrum , p. 252); 6°. des statuts pour Tordre de saint Benoît {Décréta pro ordine S. Benedicti, p. 253-297 ; 5°. un recueil de soixante lettres ( Epistotarum liber , p. 299-329) ; 6°. un extrait d'un discours prononcé au concile de Winchester en 1072 (jl ericope orationis quam in concilio anuo Cliristi MLXXII celebralo kabuit B. Lanfrancus , de primatu cantuariensis ecclesiœ contra Tliomam eboracensem , p. 378) ; 7°. un court traité sur l'obligation de tenir la confession secrète ( De celanda confessione libellus , p. 379- 382).

L'édition de 1C77 supprime , sans en dire la raison , les Observations sur les Conférences de Cassicn ; mais elle ajoute à celle de WxS un morceau, d'une demi-page environ , sur les devoirs des moines [Sermo sive sententiœ), que d'Àchery, qui l'avait découvert trop tard pour en enrichir sa publication des Œuvres de Lanfranc, avait imprimé, en 1671 , dans le t. IV de son Spicilége.

Le docteur Giles a pris , lui aussi , la précieuse édition de d'Achcry pour base de la sienne. Seulement il a distribué les ouvrages de Lanfranc en deux sections; son premier volume contient les pièces qui offrent un caractère historique : les Lettres qui sont chez lui au nombre de soixantesept , le Discours tenu au concile de Winchester , et les Statuts pour l'ordre de saint Benoît ; dans le second , il a réuni les traités qui intéressent plus spécialement la théologie , la métaphysique et la morale, c'est-à-dire : le Commentaire sur les Épîtres de saint Paul , le livre sur l'Eucharistie , les Sentences , les Observations sur Cassicn , et l'Opuscule sur la confession, lia en outre ajouté aux ouvrages reconnus par d'Achcry comme appartenant à notre écrivain , un sommaire, sous forme de dialogue , de toute la théologie chrétienne ( Elucidarium sive dialogus de summa totius christianœ theologiœ) , que les manuscrits mettent quelquefois sous son nom , quelquefois

-Gisons celui de saint Anselme , et que Dom Gerbcron avait imprimé dans l'Appendice aux Œuvres de saint Anselme (p. /|5~-/i87).

C'est dans Tordre rationnel où le dernier éditeur a placé ces différents ouvrages , que nous allons nous-même procéder à leur appréciation.

1. Sur les soixante-sept lettres qui ouvrent le premier volume du docteur Giles , cinquante-cinq sont de Lan franc ; les douze autres sont signées par Bérenger, Alexandre II, Grégoire VII , Guillaume-le-Conquérant , Thomas d'York , le clergé et la ville de Dublin , et enfin saint Anselme.

Deux lettres de Bérenger ouvrent notre recueil. —La première est précisément celle, j'inclinerais du moins à le croire aujourd'hui (5), qui , remise au pape Léon IX, avait donné lieu aux soupçons élevés publiquement, à Rome, sur l'orthodoxie de Lanfranc à qui elle était adressée. Bérenger s'y étonne que le Prieur du Bec ait pu , avec la haute intelligence qui lui a été départie , désapprouver , sans avoir été à môme de la juger, la doctrine de Jean Scot sur le sacrement de l'autel; un peu plus d'habitude des Saintes Écritures l'aurait facilement convaincu , que condamner Scot sur ce point , c'était condamner saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et une foule d'autres, dont ce prétendu hérétique s'inspire (6). — La seconde prie un certain Richard qui avait

alors l'oreille du roi de France , de rétablir dans l'esprit du monarque la vérité iudignement altérée au concile de Vcrccil : t Dites au prince que le livre de Scot, qu'on y a si rigoureusement et si injustement traité, a été rédigé, d'après l'ordre formel de l'un de ses prédécesseurs, de Charlesle-Grand, qui crut devoir opposer le langage de la raison aux seutimenls grossiers de son époque et en particulier aux inepties de Paschasius (7). »

Deux autres lettres, celles qui dans l'édition que nous suivons portent les n°\ 6 et 9 , vous intéresseront, Messieurs, sous plus d'un rapport. Signées par cet Alexandre II , dont la jeunesse était venue puiser à l'école du Bec la piété et la science, elles sont adressées , la sixième à Lanfranc, alors primat d'Angleterre et premier ministre de Guillaume, la neuvième à Guillaume luimême. — Une question d'une grande importance pour la discipline ecclésiastique s'était posée et se débattait en Angleterre quelques années après la conquête. 11 s'agissait de savoir si les moines y conserveraient le droit dont ils avaient joui sous les anciens évèques, de desservir les églises cathédrales, ou si , comme le prétendaient les prélats nouvellement institués, on en confierait le service à des clercs séculiers. Déjà les séculiers, qui avaient pour eux la force matérielle, commençaient à se substituer, sans plus de façon,

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