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PRODUCTION DU SON ET DU TIMBRE

Quand un corps est frappé ou brusquement déplacé, il reçoit un ébranlement plus ou moins régulier, selon qu’il est plus ou moins élastique, et il

s’ensuit un déplacement proportionnel des couches d’air dans lesquelles il se trouve. Ces effets^ en ce qui concerne l’air, ne sont pas sensibles à l’œil ; mais on les comprend très-bien par analogie de ce qui se passe quand on jette une pierre dans l’eau, où elle produit des ondulations concentriques qui se propagent de proche en proche souvent à une grande distance. Sous le choc d’un corps sonore, le même phénomène se passe dans l’air dont les ondes viennent frapper le tympan de l’oreille, le font vibrer et donnent naissance à ce qu’on nomme le bruit. Ce bruit est appelé son quand la vibration, n’étant ni trop courte ni trop confuse, devient appréciable pour l’oreille de sorte qu’on puisse en déterminer les caractères principaux, le timbre et l’élévation.

Le bruit se produit par le passage de la foudre dans l’air, par la détonation d’une arme à feu, par la chute de l’eau, d’une cascade, d’un morceau de bois sur un autre , par le craquement d’une >->ranche d’arbre, etc. Dans ces diverses circonstances, les vibrations ne sont pas d’égale durée et ne se succèdent pas avec assez de régularité pour donner à l’oreille une sensation continue.

Quand, au contraire, le choc a lieu sur un corps élastique, les vibrations ont les qualités nécessaires pour fournir au son un timbre et une élévation déterminables.

Le timbre et l’élévation dépendent, le premier principalement, de la nature du corps, de son élasticité et de la manière dont un déplacement a lieu; le second du nombre de vibrations occasionnées par ce déplacement.

Le verre, le bronze, l’acier, le bois, la pierre donnent des sons cristallins métalliques ou assourdis ; sous forme de lame, ces corps devenus plus élastiques ont des sons plus adoucis, plus délicats ; à plus forte raison sous forme de cordes (quand cette forme est possible) leur sonorité a encore plus de douceur : les cordes qui donnent les vibrations les plus sympathiques sont celles qui sont composées avec les filaments musculaires.

On nomme cordes acoustiques des cordes analogues à celles du violon.

Le timbre diffère encore par le mode d’ébranlement selon que le corps reçoit un coup sec et franc, comme la cloche, comme les lames de l’barmonica et de l’instrument appelé timbre ; qu’il est pincé, comme la corde de guitare ; frotté par un autre corps solide ou par l’air, comme la corde du violon, de la vielle et de la harpe éolienne.

La forme de l’instrument est aussi un moyen de nuancer le timbre ; ainsi la trompette droite a le son plus éclatant que la trompette courbe. C’est par le frottement de l’air que vibrent les lames de l’anche du haut-bois, les peaux membraneuses et éminemment flexibles du larynx de l’homme et de l’appareil qui chez les oiseaux fait les fonctions du larynx.

Les variétés des timbres contribuent beaucoup à la richesse de l’harmonie. Ainsi un morceau d’orchestre perd à être exécuté par un ou par plusieurs pianos ; mais un timbre étant un son mi generis ne provenant que d’un être, d’un instrument spécial ou d’un mode particulier de donner lieu au son, il était impossible au même individu de faire usage de quelques variétés principales de

timbres pour former un langage avec ses combinaisons. La variété des timbres ne peut servir qu’aux combinaisons de la musique d’ensemble, c’est-à-dire à un langage collectif. L’organiste a seul, encore partiellement, le pouvoir de modifier ses timbres.

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