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AUXQUELLES A DONNÉ LIEU LE CHANT DES OISEAU

Le bruit en général et le son inarticulé constituent un rudimentaire et premier langage important pour l’animal et pour l’homme; ainsi les hommes et les animaux sont avertis de l’approche d’un orage par le tonnerre, de l’arrivée d’un corps en mouvement par le roulement de celui-ci sur la terre ou par son sifflement dans l’air, de la dislocation d’un corps divisible par le craquement.

D’ailleurs, si, pour se parler quand ils sont rapprochés les uns des autres, les animaux ont la ressource de la manifestation des attitudes, ils ont absolument besoin du langage des sons, quand ils sont dispersés, dans les lieux où la vue ne pénètre pas, pendant la nuit. Comme leurs espèces sont très-nombreuses même dans une seule région, il fallait^ pour chacune au moins des principales, un langage approprié à sa spécialité, à sa force ou à sa faiblesse, à sa férocité ou à sa douceur et aux actes les plus ordinaires de sa vie.

Les noms français qui ont été créés pour signifier ou pour caractériser ces divers langages indiquent assez combien iis sont différents.

D’après notre dictionnaire, le lion rugit, le loup

hurle, la chèvre et le mouton bêlent, l’âne brait, le porc grogne , la vache , le taureau et le bœuf beuglent et mugissent, le chien aboie, le jeune chien jappe, le renard glapit, le chat miaule, le serpent siffle, l’abeille bourdonne, la grenouille coasse, le grillon et le criquet crient.

Certains oiseaux de grosse taille crient ; le corbeau croasse, la poule caquette, closse et glousse ; l’oisillon et le poulet piaulent.

Plusieurs espèces jargonnent, le moineau chuctiotte, la pie jacasse, le perroquet parle, la mésange tintine.

Beaucoup d’oiseaux ramagent, gazouillent, fredonnent, la tourterelle roucoule, l’alouette chante.

Comme on le voit, le langage et le chant des oiseaux ont donné lieu aux dénominations les plus douces et les plus gracieuses. Beaucoup d’autres noms de notre dictionnaire se sont formés sous les mêmes influences. Ainsi, on a cherché le plus souvent à caractériser les oiseaux en leur donnant des noms en rapport avec leurs couleurs, leur chant, leurs habitudes, leur nourriture ou leur manière de manger, le genre de leur vol, leur ressemblance avec d’autres animaux ou des objets divers, etc. Or, pour nos contrées et d’après les étymologies connues ou probables, le langage, le chant ou les aptitudes musicales ont, après les couleurs, fait composer le plus grand nombre de noms d’oiseaux.

D’abord c^est par onomatopée que l’on a imaginé les noms de coucou et de pipit. Ensuite les étymologies nous indiquent que, primitivement, beaucoup d’autres noms d’oiseaux ont été formés de la

même manière, tels sont ceux de la crecerelle, du traquet, du bruant, du pouillot fitis, de l’alouette lulu, de la rubiette tithys, du tarin, de la tourterelle, du rossignol, de l’alouette, etc. (1).

Enfin quelques noms sont accompagnés d’épithètes ayant la même signification : c’est ainsi que nous avons le pouillot siffieur, la fauvette babillarde, la fauvette orpliée.

Nous pouvons ajouter que le chant des oiseaux dans certaines de ses variétés a le caractère d’un accompagnement, d’un prélude, d’un refrain, d’une cantate, d’une mélodie, d’un grand air, d’un air varié , d’une chanson , d’une psalmodie, d’un hymne.

On voit déjà par ce qui précède tout l’intérêt que peut offrir l’étude du langage des oiseaux.

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