P U TRA
n est autre que le sanscrit putra, qui veut dire fils, et dont on retrouve les dérivés dans le grec éolien 7:010, le latin puer, et enfin dans le persan moderne puser.
Tous les mots de notre inscription nous sont maintenant connus ; nous pouvons donc la lire et la traduire ainsi :
KH sa Y A R S A KH S A Yrt TH I Y a va za R- Xerxés, rex magnus,
K a K H S A YÆ TH I Y a KH S A Y a TH I Ya Arex regiim,
LES LANGUES PERDUES
NAM DAMïflVflHUS KHSAYfl TH- Darii regis
I VU H Y A PU TRfl Hfl KH A Mrt N I S I Yrt filius Achemenis
C’est-à-dire, en français :
« Xerxès, le grand roi, le roi des rois, fils de Darius roi, Achéménide. »
Après les travaux de Lassen, de Burnouf et de Rawlinson, on peut dire que les résultats obtenus par leurs successeurs n’ont plus le caractère de découvertes : l’ensemble de l’alphabet était suffisamment connu pour permettre de lire tous les textes et de reconstruire la langue ; aussi les travaux ultérieurs que nous allons maintenant enregistrer ne sont plus, à proprement parler, que des œuvres de critique : non pas, il est vrai, de cette critique stérile qui ne sait que détruire les travaux d’autrui et qui écrase, sous le poids d’une science étrangère ou d’une phrase pompeuse, des vérités encore en germe qui font effort pour grandir, mais de cette critique féconde dont Rask avait donné la
mesure.
l’interprétation
Il y a plus : des esprits faux, sans tenir compte des résultats consacrés, ont accepté de décevantes erreurs comme des vérités acquises pour étayer des théories éphéméres qu’il nous parait inutile de tirer de l’oubli.
Parmi les travaux sérieux qui se sont accomplis depuis lors, je dois citer, après les derniers Mémoires de Grotefend ', l’examen critique du travail de Burnouf, par M. Obri, d’Amiens 1 2 * 4 5, et celui des mémoires de Lassen, par Jacquet 5; puis les travaux de MM. Holzmann 4, Hitzig i, Westergaard 6 7, Beer 7,
1 NeneBeitrage 311 r Erlàuterung der Persefolitanischen Keilschrift. Hannover, 1857.
2 Journal asiatique. Octobre, 1837.
? Examen critique de l’ouvrage intitulé : Die Altfersischen Kcilinschriften von Persepolis von D. Lassen; Paris. Imp. royale, in-S0 br. (Ce travail est malheureusement resté inachevé).
4 Uber die yueite art der Achamenischen Keilschrift. Beitrag
lur Erklârung der Altpcrsiscben Keilinschriften. Karlsruhe, 1S45.
5 Die Grahschrift des Darius Nakhs-i-Rustam. Zurich, 1847.
6 Die Allpersischen Keilinschriften (Zeitschrift fur die Kunde des Morgenlandes, VI, 1, 188).— Zur Entyfferung der Ach.cmcnischen Keilschrift Zweitergattung (In der Zeitschrift, VI, 337, pl. IX).
7 Allgemeinc Hallische Lileratur Zeitang, 1838.
LES LANGUES PERDUES
Benfey ', Hineks1 2 3 4, Oppert ? et Spiegel4. Tous ces travaux ont achevé la connaissance de cet idiome : aussi depuis longtemps Bopp l’a rangé, dans son beau travail sur la grammaire comparée, parmi les dialectes les plus régulièrement connus. Il est constant que cette langue n’a rien de commun avec les langues sémitiques ; mais, dans le genre auquel elle appartient, elle a des formes particulières qui caractérisent son individualité : c’est une langue arienne qui se rattache à la grande famille des langues indo-germaniques ; elle n’est pointidentique au zend des livres de Zoroastre;
1 Die Pcrsischen Keilinscbriften mit U ber stl^iing und Glossar. Leipzig, 1847.
2 On the first and second kind of Pcrscpolitan writing (Ext. from Trans. of the royal Irish Acad., vol. XXI, p. 2. London, juin 1846).
3 Das Laut System des Altpcrsischcn. Berlin, 1847. — Observations sur la langue dans laquelle sont conçues les inscriptions du premier système. — Die Grabenschrift Darius in Nakhs-i-Rustam, dans le Journal de la Société orientale d’Allemagne, 1857. — Mémoires sur Us inscriptions achèmcnides conçues dans Vidiôme des anciens Perses (Extrait du Journal asiatique. 1852^.
4 Beitrâge \ur iranischen Sprachkunde : Ersles Heft Erlangen.— Die Alt pcrsischen Keilinschrif/en im grundtexte mit Ueberset^ung , Grammatik uttd Glossar. Leipzig, 1862.