CHAPITRE III
Etude Physio-pathologique.
Quel est le mécanismé de la formation de la languette hépatique ?
Plusieurs causes peuvent être invoquées et nous allons les passer en revue. ï
Mais il nous faut remarquer, au début de ce chapitre et grâce à l’étude des causes hypertrophiantes qui va suivre, que la languette hépatique de la lithiase biliaire n’est pas
le fait d’une simple coïncidence d’un lobe aberrant accom--
pagnant par hasard la lithiase hépatique ; mais un fait dont la constance méritait d’être signalée et expliquée.
Après avoir exposé la pathogénie de l’hypertrophie monolobaire droite, la plus fréquente, nous nous occuperons de la languette dans la lithiase biliaire et dans le cancer, cette dernière question se rattachant par beaucoup de liens à la première.
ARTICLE PREMIER Hypertrophie monolobaire droite.
Pourquoi l’hypertrophie est-elle monolobaire et pourquoi à-t-elle tendance à se localiser à droite ? C’est ce que la théorie de l'indépendance des lobes hépatiques va nous expliquer du moins en partie. Je dis en partie, car les partisans de cette théorie ne nous ont pas expliqué le mécanisme intime de l’hypertrophie monolobaire dans les cas où elle se présente.
La théorie de l’indépendance des lobes hépatiques, inaugurée en 1901, par M. Frantz Glénard, à la suite de ses
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travaux sur l’hépatisme, à été l’objet d’un grand nombre de travaux de haute valeur scientifique tant en France qu’à l'étranger.
M. Glénard, à qui on doit de si intéressantes idées en pathogénie hépatique, avait été frappé de la « spécificité de la localisation hépatique » qui explique si bien « la prédilection de telle ou telle maladie du foie suivant sa cause pour tel ou tel lobe ».
Nous apporterons, pour notre démonstration, des arguments tirés : 1° De l’Anatomie et de la Physiologie expérimentales ; 2° De l’Anatomie normale et 3° de la Clinique.
$. 1. — Arguments tirés de l’'Anatomie et de la Physiologie expérimentales.
Les expériences faites en 1895, à Lyon, par MM. Glénard et Siraud, sur les modifications de l’aspect physique du foie par les injections aqueuses, sont un premier appoint en faveur de la thèse de l’indépendance des lobes hépatiques et elles ont été le point de départ d’autres expériences de plus en plus démonstratives.
Il résulte de ces expériences que des injections aqueuses poussées dans la branche gauche de la veine porte, la branche droite et le cholédoque étant liés, produisent une turgescence du lobe gauche. De même, dés injections poussées dans la branche droite de la veine porte produisent une turgescence du lobe droit qui se relève ; si on continue l'expérience le lobe carré se gonfle à son tour.
Ces expériences ont été confirmées par Sérégé qui à opéré sur des chiens anesthésiés (1901) et découvert les particularités suivantes :
1° La différence de densité du sérum splénique et du sérum mésentérique établie grâce à la recherche de la différence du point cryoscopique dans les deux sérums.
2° La différence de teneur en urée, en glycogène ou en fer,