‹ Languette Hépatique et Lithiase BiliaireChapitre 16 sur 31 · NES · texte numérisé non relu

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recherchée dans les divers lobes du foie suivant la digestion.

3° La différence de vitesse cireulatoire dans lelobe droit et dans le lobe gauche du foie. Dans ce même ordre d’idées, les expériences de Pincherle et de Silvestri sont venues confirmer les recherches de Sérégé. he

Cet auteur va plus loin. Par des injections pratiquées sur l’animal vivant, après anesthésie, dans la lumière des veines mésaraïques et spléniques, il constate que les particules d’encre de Chine, dont il se sert, gagnent nettement le lobe droit dans le cas d'injection de la veine mésaraïque et le lobe gauche dans le cas d'injection de la splénique.

De ses expériences, il arrive à conclure à l’existence de deux territoires portes : l’un ileo-dextro-colique se rendant, au lobe droit du foie ; l’autre gastro-spléno-sinistrocolique se rendant au lobe gauche.

Les expériences de Pincherle, en 1905, viennent confr- mer les idées de Sérégé. Il opère sur des lapins auxquels il administre de l’huile phosphorée par voie stomacale et par. voie intestinale, en ayant soin de lier préalablement le pylore.

Voici ce qu’il a pu constater : les lapins présentent de la stéatose et de la nécrose du lobe gauche du foie dans le -cas d’ingestion gastrique ; de la stéatose et de la nécrose du lobe droit si l’huile phosphorée est introduite dans l'intestin grêle. Il arrive à conclure à l’existence d’un territoire gastro-spleno-hépatique gauche et un courant entéropancréatique et hépatique droit. Les expériences de Denigès et de Rendu sont aussi très confirmatives GE):

Mais on peut se demander quelles sont les raisons de -cette distribution si tranchée. Comment peut-il se faire que le sang des territoires* droit et gauche amené par le tronc unique de la veine porte puisse se distribuer élective-

. (1) H. Rexpu. Les lésions hépatiques d’origine appendiculaire. Th. de “Paris 1907-08.

EL: Rare ment à droite ou à gauche une fois lancé dans le courant -Circulatoire ?

Sérégé, dès 1901, soutient que les deux sangs provenant des territoires ileo-colique et gastro-splénique ne se mélangent pas. Ils suivraient indépendamment leur parcours, suivant là comparaison de cet auteur, comme deux fleuves dont les eaux se réunissent sans se mélanger : et il procède à l’expérience suivante pour le démontrer :

Il pousse une injection colorée en quantités infinitésimales et avec üne grande douceur dans une veine d’origine de la grandè mésaraïque. Des précautions sont nécessaires pour remplir les conditions requises à l’expérience sans modifier les conditions physiologiques de la circulation.

Enlevant très rapidement le foie, dit Sérégé, nous retrouvons les particules d'encre de Chine emportées comme une embolie dans le torrent circulatoire, disséminées uniquement dans le lobe droit du foie, où elles sont nettement visibles même à la surface. (Journal de Médecine de Bordeaux, avril 1901.)

On ne s’est pas contenté d’injecter la veine porte, mais des injections de solutions aqueuses de bleu de méthylène ou de collodion rougi par le carmin, pratiquées dans les deux branches successivement de l'artère hépatique, ont conduit à admettre l'indépendance des territoires de chaque branche de l’hépatique.

Looten pratiquait des injections de collodion rouge dans la branche droite de l’artère hépatique et de collodion bleu dans la branche gauche :

On note, pendant l'expérience, qu’à la surface di lobe droit se -dessinent des arborisations rouges, à la surface du lobe gauche des arborisations bleues ; des coupes montrent, d’une façon évidente, les ramifications du lobe droit colorées en rouge, celles du lobe gauche, carré et de Spiégel, colorées en bleu. (Exp. n° 4.)

Les injections dans le canal hépatique gauche ont été

suivies du résultat suivant, après. introduction de gélatine au chromate de plomb :

Des coupes vertico-transversales de l’organe montrent les canaux biliaires des lobes gauche, carré et de Spiégel, injectés en jaune,

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ceux du lobe droit absolumient vides en matière à injection... (Exp. n° 5.)

Les injections dans le canal hépatique droit ont été suivies-de résultats équivalents :

Des coupes vertico-transversales de l'organe, fixé dans le formol à 5 %,, montrent les canaux biliaires du lobe droit colorés en jaune, ceux des lobes gauche, carré et de Spiégel, absolument indemnes

de coloration. (Exp. n° 6.) (Looten. Journal de l’Anat. et de la Physiol., n° 2, 1908.) |

Ces expériences confirment donc les idées de M. Glénard sur l’indépendance des territoires tant porte et hépatique

que des vaisseaux biliaires, dans les divers lobes du foie...

$. 2 — Arguments anatomiques.

Il a été établi, à la suite des travaux de M. Glénard, que

© les lobes cliniques du foie correspondent aux lobes que l’Anatomie a délimités sur le bord antérieur du foie :

1° Lobe droit, compris entre deux lignes passant l’une par :

l'extrémité droite du foie, c’est-à-dire, par la limite droite

de l’hypochondre, et l’autre par le cartilage de la neuvième

côte, « ligne novicostale droite », de Glénard et correspondant à l’échancrure cystique.

De Lobe moyen, compris entre l'extrémité du cartilage de la neuvième côte droite et une ligne passant par le bord externe du sternum, ligne parasternale droite, et corres-

pondant à l’échancrure formée par le cordon de la veine.

ombilicale, située de 1 à 6% de la ligne médiane (Quénu).

‘3° Lobe gauche, situé entre la ligne parasternale droite et l’extrémité gauche du foie.

A cette délimitation anatomo-clinique correspond une

délimitation des territoires de l’artère hépatique, de la

veine porte et des canaux biliaires.

En ce qui concerne l’artère hépatique, sa distribution

Pl

__est uniformément individualisée : L’artère hépatique, après Sa bifurcation en deux branches divergentes, émet une branche droite pour le lobe droit et, une branche gauche pour les lobes gauche, carré et de Spiégel.

La veine porte se divise en deux branches de calibre inégal : la branche droite, plus grosse et plus courte, destinée aux lobes droit, carré et de Spiégel. La branche gauche, plus grêle, se distribue au lobe gauche.

Pour les voies biliaires intrahépatiques, le récent travail de MM. P. et P Descomps et Guy de Lalaubie donne des précisions très intéressantes au point de vue de la répartition intraglandulaire des vaisseaux biliaires.

Ils opèrent sur des foies injectés avec un liquide permettant d’obtenir une image radiographique des vaisseaux injectés, et consistant en un mélange de minium, d'huile du commerce et d’essence de térébenthine suivant la technique exposée avec le Dr Garnier de Falletans, à la Société Anatomique, en 1910.

Is se servent aussi de la radiographie stéréoscopiqüe pour bien préciser dans tous les plans la position des vaisseaux injectés. -

Ces deux procédés ont été résumés par les auteurs dans un article du Paris Médical, 15 juin 1912. Il résulte de cette étude faite sur 30 foies injectés : que le lobe droit est tributaire du gros tronc droit du canal hépatique, que le lobe gauche est tributaire du tronc gauche; les lobes carré et de Spiégel sont également OR EME du tronc gauche du canal hépatique. |

D'autre part, les auteurs sont unanimes à considérer le tronc droit comme plus volumineux que le gauche ; de plus, il est plus court, il est rectiligne et non incurvé comme le gauche, conditions qui favorisent singulièrement une stagnation plus précoce et plus prononcée de la bile par un obstacle quelconque des voies biliaires descendante.

Nous montrerons les conséquences cliniques de cette disposition anatomique ‘au paragraphe suivant.

$ 3. — Arguments cliniques.

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L'interprétation de quelques faits cliniques contribue à mettre en relief l’indépendance des lobes hépatiques et dé mécanisme de certaines hyper trophies localisées.

De l'inégalité de calibre au bénéfice du tronc droit du ‘ canal hépatique et de sa direction rectiligne, favorisant la stase biliaire dans le tronc droit, il résulte que toutes les conditions sont remplies pour la formation de calculs intrahépatiques de préférence ‘au niveau de la branche droite.

MM. Quénu et Mathieu (1) ont publié récemment des observations où l’on peut remarquer ce fait. Quoique les auteurs ne semblent y AHOCtE de l'importance, on peut se demander s’il n’obéit pas à à la hpestis anatomique que nous avons signalée. |

Un autre fait clinique, en faveur des localisations 1obattes hépatiques, c’est l'indépendance morbide qui se manifeste au cours des lésions retentissant à distance sur le foie. Ainsi les affections gastriques et spléniques intéressent le foie gauche, les affections appendiculaires le foie droit. Dans un cas de MM. Mongour et Sérégé (2), concernant un alcoolique, « le lobe gauche présentait d’énormes foyers de cirrhose péri-sushépatique et portale avec infiltration par des cellules conjanctives et lésions des cellules hépatiques qui sont nécrosées et profondément AAÉORGTEES tandis qu’à droite elles sont presque indemnes. »

L'étude des abcès du foie d’origine appendiculaire est très instructive à ce sujet. |

M. Sérégé est le premier à avoir attiré l’attention sur les abcès d’origine appendiculaire dont le siège prédominant est au lobe droit du foie, fait d'autant plus intéressant que,

(1) Revue de Chirurgie, février 1914.

(2) Bull. Méd., p. 87, N° 8, 1903.

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comme le fait observer cet auteur, la localisation primitive du processus morbide est limitée à un seul point du tractus intestinal. Ce n’est qu’ultérieurement que l’abcès hépatique unique tend à se propager, à se multiplier pour constituer le type aréoloaire de Chauffard.

On trouve dans la lecture des observations prises au hasard que les lésions prédominantes se trouvent au niveau du lobe droit ; mais souvent aussi elles ne donnent pas de précisions à ce sujet ce qui empêche de faire une statistique sur des cas nombreux.

Cependant, M. Sérégé (1) à pu réunir 31 observations réparties ainsi :

25 ont trait à des abcès localisés au foie droit, soit 80 %, des cas.

5 cas où il n’y à pas de localisation.

1 fois l’abcès siègeait à gauche.

M. Lapouble, cité par Sérégé, à recueilli dans sa thèse ( « Etude sur les abcès du foie d’origine appendiculaire », Th. de Bordeaux, 1905-1906) des cas montrant cette tendance des abcès appendiculaires à se propager au foie droit.

M. Waiter-Sallis, dans un travail récent (2), publie aussi trois observations d’abcès unique du lobe droit du foie.

Voici un cas pris entre beaucoup d’autres-:

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