CHAPITRE PREMIER
Historique.
Le foie mobile à été l’objet d’une foule de travaux'intéressants, tant en France qu’à l’étranger. Les belles études de M. F. Glénard sur l’entéroptose avaient ouvert la voie à celles sur l’hépatoptose. Les recherches du professeur J.-L. Faure, en 1890, sur l'importance des ligaments suspenseurs du foie nous éclaircissent sur le mécanisme de cette hépatoptose étudiée dans sa thèse : « L'appareil suspenseur du foie» (Th. de Paris, 1892),!et dans 1# thèse de Duvernoy « Le foie mobile » (Th. de Paris, 1898).
Nous renvoyons le lecteur recherchant des détails à l'index bibliographique publié pâr ces auteurs à la fin de leurs thèses.
MM. Terrier et Auvray ont consacré à cette question un article important dans la Revue de chirurgie (1897).
Les lobes flottants sont par contre signalés moins fréquemment et leur étude est restée assez incomplète en ce qui concerne les rapports gardés entre eux et les états morbides avec lesquels ils coexistent.
Cruveilhier, le premier, nous à donné, dans son Atlas d’Anatomie pathologique, la figure d’un lobe flottant qu'il attribua à l’action compressive du corset. Mais il nous faut remarquer que ce lobe accompägnait une vésicule atteinte d’'hydropisie, et qui, fait très intéressant, contenait des calculs.
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Nous trouvons, ensuite, dans la Littérature médicale française, une observation de Trousseau, datant de 1864, dans laquelle ce maître faisait simplement remarquer la coexistence d’un lobé considéré comme aberrant avec une lithiase biliaire, chez une femme morte d’une hernie étranclée causée par les efforts de vomissement au cours d’une crise de colique hépatique. Nous donnerons, au chapitre suivant, la description faite par Trousseau lui-même de ce Cas si intéressant.
M. Baudouin, interne de M.:Terrier, publia, en 1888, une nouvelle observation concernant une femme atteinte de lithiase vésiculaire et présentant un lobe flottant du foie, qui fut pris pour un rein flottant à droite. Cette femme fut opérée par le professeur Terrier et il constatait, en effet, un lobe flottant descendant vers la fosse iliaque droite. La vésicule contenait un gros calcul de 11 grammes.
- Pichevin, à la suite de cette publication, rapporta la même année, un autre cas : il s'agissait d’une femme morte de tuberculose et chez laquelle il trouva, à l’autopsie, un lobe hypertrophié # droite, de 16% de long.
M. J.-L. Faure, en 1891, reproduisit les cas de Baudouin et de Pichevin et ajouta le cas personnel d’une femme de 30 ans dont l’autopsie fit découvrir un lobé droit plongeant dans le bassin et dont l’extrémité inférieure était à 20 au-dessous de l’appendice xiphoïde ée dépassait de 14 % le rebord costal droit.
I] faut citer encore deux cas très intéressants de lithiase. du cholédoque accompagnés de lobe flottant à droite, publiés par M. Gérard Marchant, en 1896. Nous en donnerons le résumé au chapitre suivant.
* Une observation de Billroth, datant de 1884, et une autre de Tscherning, de Copenhague, datant de 1886, ont été publiées à l'étranger.
Un peu plus tard, en 1888, alors que l’observation de M. Baudouin était imprimée, paraissait en Allemagne un travail de Riedel qui avait réuni six cas de lobe flottant à
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droite, accompagnant des lésions de la vésicule. L'auteur allemand fit sienne la découverte du lobe flottant lié à la lithiase vésiculaire.
En 1904, Mayo Robson publia, dans son traité des Maladies de la vésicule biliaire,le cas d’une femme à laquelle il enleva la vésicule cachée sous un lobe flottant, auquel il dannait, avec les autres auteurs anglais, la dénomination de «lobe de Riedel ».
Depuis l’observation de Terrier, publiée par Marcel Baudouin, l'appendice linguiforme, observé dans la cholécystite calculeuse et dans les autres formes de lithiase biliaire, est éntré dans la catégorie de ce qu’on appelle lobe flottant du foie. Cette dénomination prête à confusions : le lobe signalé par Terrier étant lié intimément à la lithiase biliaire et n’étant, par conséquent, qu’une simple anomalie du foie qui coinciderait par hasard avec les lésions calculeuses des voies biliaires.
Nous proposons de réserver le nom de lobes flottants aux lobes anormaux indépendants de la lithiase biliaire ; celui de lobes de constriction à ceux résultant du resserrement du foie par le corset, et nous donnerons le nom de languette hépatique au lobe généralement connu sous le nom de lobe de Riedel, dénomination inexacte, le travail de Riedel ayant été publié en 1888, alors que l’observation de Trousseau date de 1864 et que l’observation de MM. Terrier et Baudouin était déjà publiée en France. ”
Le professeur Trousseau à été doncile premier à donner une description de cette déformation du foie lié à la lithiase. Les auteurs qui l’ont observée, bien qu’ils ne se soient contentés que de la décrire, ont cependant attiré quelque peu l’attention sur cette lésion curieuse qui n’a pas été tout à fait méconnue en France puisque en dehors des auteurs cités elle à été signalée par Glénard, Segond, Letulle, Dieulafoy, Chauffard, ete.