NOTICE SUR LESSING XV
tenait compte des remarques de celui-ci ; on ajoutait un petit compliment pour celui-là : bref, tout le monde était satisfait.
Lessing avait troublé cette quiétude, et on ne pouvait le lui pardonner ; l'entreprise théâtrale à laquelle il était attaché ne réussit guère ; et le pauvre Lessing, harcelé par les écrivailleurs, mal soutenu par le public, comprit qu'il fallait encore une fois aller dresser sa tente ailleurs.
Avant de quitter Hambourg, il régla ses comptes avec toute la bande des Zoïles qui s'était acharnée contre lui. Il envoya à l'adresse de ses détracteurs une suite d'articles 1 qui resteront comme des chefs-d'œuvre de raisonnement et de persiflage.
Cette verve, cette gaieté, cîtte ironie, sortaient pourtant de la plume d'un homme accablé de soins et de soucis.
Le meilleur auteur dramatique, le meilleur fabuliste de l'Allemagne, le plus grand critique de son époque, et peut-être de toutes les époques, n'avait pas encore, à l'âge de quarante ans, trouvé une humble place de bibliothécaire, son unique ambition. Lessing résolut de quitter son ingrate patrie et d'aller mendier son pain en
t. Antiquarische Briefe,