ARGUMENT ANALYTIQUE
•sont souvent peu propres à êlre reproduits par le peintre ou le sculpteur.
XIV. Un poëme rempli de belles peintures n'offre pas toujours de beaux sujets de tableaux, et réciproquement. — Oyius a tort de juger du mérile d'un poëme par le nombre de tableaux qu'il fournit au peinlre. — C'est à lorl qu'il rabaisse Milton. — Différence entre la peinture poétique et la peinture plastique.
XV. 11 est des peintures qui conviennent au poète et ne conviennent pas à l'artiste. — Exemple. — Objets communs au poêle et à l'artiste. — Tel tableau perd sous la main du poêle, tel autre sous celle de l'artiste. — Exemple tiré de l'Iliade. — Pourquoi Caylus n'a pas signalé le tableau de Pandarus.
XVI. Les corps sont l'objet de l'art plastique, les actions l'objet de la poésie. — Jusqu'à quel point l'art plastique peut représenter les actions, ou la poésie les corps. — Preuves tirées d'Homère. — Dans quel cas Homère décrit complètement les corps. — Exemples : le char de Junon ; le costume d'Agamemnon ; le sceptre d'Achille ; l'arc de Pandarus.
XVII. Objection : le langage, composé de signes arbitraires, ne peut-il pas représenter les corps aussi bien que les actions ? — Il le peut, mais sans succès ; il montre chacune des parties sans donner, comme l'art plastique, une idée de l'ensemble ; de là l'impuissance de la poésie descriptive. — Exemple tiré d'un poëme allemand. — Dans quel cas le poêle peut être descriptif. — Exemple tiré de Virgile. — Horace blâme les descriptions poétiques. — Pope chez les Anglais et Kleist chez les Allemands ont suivi Horace.
XVIII. Homère n'est pas un poëte descriptif. — Le temps est le domaine du poëte, Pespace celui de l'artiste. — Jusqu'à quel point sont autorisés les empiétements d'un domaine tur l'autre. — Exemples tirés des œuvres de Raphaël et d'Homère. — Par quel artifice Homère a rendu poétique la description du bouclier d'Achille. — Il n'en est pas ainsi du bouclier d'Énée dans Virgile. — Différence entre la manière d'Homère et celle de Virgile.
XIX. Ceux qui critiquent le bouclier d'Homère ; ceux qui le défendent ; raisons alléguées de part et d'autre. — Les cercles concentriques imaginés par un défenseur d'Homère. —
Idées de Lessing : On a multiplié à tort les scènes représentées sur le bouclier d'Achille. — Il n'y en a que dix. — Pope prête à Homère une connaissance de la perspective que n'avaient pas les Grecs de celle époque.
XX. La beauté plastique est le résultat de l'harmonie de toutes les parties vues d'un seul coup d'œil. — Elle est du ressort des arts plastiques et le poêle fait sagement de s'en abstenir. — Homère est le vrai modèle à suivre. — Échee de ceux qui ont suivi une autre voie. — L'Arioste n'a pas réussi à peindre la beauté corporelle ; Virgile a été plus sage. — Artifice employé par Anacréon pour peindre un beau corps.
XXI. La poésie peut-elle représenter la beauté physique? Oui, en employant les moyens qui lui sont propres. — Elle peut la peindre dans ses effets ; elle peut décrire le charme, qui est la beauté en mouvement. — Exemple tiré de l'Ariosle et d'Anacréon.
XXII. Zeuxis, rival d'Homère. — Hélène peinte d'nprès Icô indications de Caylus. — Est-elle comparable à Hélène peinte par Zeuxis ? — Le rôle des vieillards dans le tableau de Caylus, et leur rôle dans Homère. — Comment Homère a été consulté utilement par les artistes. — • Observations de Hogarth sur quelques statues. — Leasing répond par des exemples tirés d'Homère.
XXIII. La description de la laideur corporelle est-elle interdite au poêle, comme celle de la beauté ? Homère a-t-il bien tait de décrire la laideur de Thersite? Oui. — Son corps chétif forme un contraste avec l'importance exagérée qu'il veut s'arroger. — Celle-ci plutôt que sa laideur le rend ridicule et odieux. — Ésope chez les anciens et Pope chez les modernes avaient la difformité de Thersile, et n'en sont que plus intéressants. — Achille semble cruel quand il frappe le pauvre Thersite d'une façon impitoyable. — Exemples tirés du roi Lear et de Richard III.
XXIV. Le peintre représentant fidèlement la laideur donne des preuves de son habileié: mais il ne fait pas de la laideur un objet digne de l'art. — Les sentiments désagréables peuvent-ils plaire quand ils sont reproduits par les arts plastiques? Il faut distinguer. — Pourquoi. — Opinion d'Arislote sur ce sujet. — Exemples qu'il donne. — Pourquoi Thersite n'est
pas un sujet heureux pour la peinture, et pourquoi Homère a eu raison de le fyire figurer dans son poëme.
XXV. La colère, la tristesse sont des sentiments dignes de la poésie ; il n'en est pas ainsi du dégoût. — Lessing en convient, et ajoute encore la laideur aux objets pouvant inspirer du dégoût. — Il y a des objets de dégoût pour le toucher el l'odorat ; il n'y en a point pour la vue. — Lessing ne partage pas cette opinion. — De qui inspire le dégoût n'est pas, comme la laideur en général, du ressort de la poésie ; les poêles s'en servent quelquefois. — Exemples tirés d'Aristophane et d'un récit anglais. — Autres exemples empruntés à Sophocle et à d'autres poètes anciens. — La Résurrection de Pordenone.
XXVI. L'Hisloire de Winckelmann. — Respect de Lessing pour cette œuvre. — Opinion de Winckelmann sur l'époque à laquelle appartient le groupe du Laocoon. — Opinion de Maffei réfutée par Winckelmann. — Lessing combat Maffei, sans accepter l'opinion de Winckelmann. — Il croit que ce Laocoon est une œuvre du temps des empereurs ; preuves à l'appui de son assertion.
XXVII. Lessing défend son opinion par des passages de Winckelmann lui-même. — Différentes manières d'interpréter un passage de Pline sur le temps défini ou relatif employé par les artistes au bas de leurs statues. — Peut-on déterminer, par la forme de ces inscriptions, l'époque où vécurent les artistes ?
XXVIII. Que représente la statue connue sous le nom de Gladiateur de Borghèse? — Opinion de Winckelmann. — Lessing la partage. — Il cherche à démontrer, en s' appuyant sur Cornélius Népos, que cette statue ne peut être autre que celle de Chabrias.
XXIX. Lessing relève dans Winckelmann quelques erreurs de détail. — Celui-ci n'a pas toujours eu le temps de consulter les sources ; il a été induit en erreur par des compilateurs, qui avaient mal compris certains passages d'Homère, de Longin, de Juvénaî , etc. De là quelques taches insignifiantes dans l'œuvre de l'illustre antiquaire.