‹ LaocoonChapitre 23 sur 91 · Antiquit. expie, t. I, p · texte numérisé non relu

Antiquit. expie, t. I, p

2. Voici comment il indique en effet les degrés de tristesse exprimés par Timanthe : Calchantem tristem, mœstum Ulyssem, clama?ilem Ajacem, lamentantem Menelaum. — Le brailleur Ajaxeûtété une laide figure, et, comme ni Gicéron ni Quintilien ne le citent dans leurs descriptions de ce tableau, je serais disposé à le regarder comme une addition dont Valérius a voulu, de son propre fonds, enrichir le tableau.

rent jamais non plus jusqu'au cri l'ouverture de la bouche des plus sauvages barbares, lorsqu'ils les représentent saisis, sous le sabre du vainqueur, par la terreur et les angoisses de la mort l.

Il est certain que ce parti pris, de ramener à un degré moindre de sentiment l'expression de la douleur physique , est visible dans plusieurs chefsd'œuvre anciens. L'Hercule souffrant dans sa robe empoisonnée, ouvrage d'un vieux maître inconnu, n'était pas l'Hercule de Sophocle poussant des cris si horribles qu'ils font retentir les rochers de la Locride et les montagnes de FEubée. Il était plus sombre que farouche 2. Le Philoctète de Pythagore de Léontium semblait communiquer sa douleur au spectateur, effet qu'eût empêché le moindre trait hideux. On pourrait demander d'où je sais que ce maître a fait une statue de Philoctète ? D'après un passage de Pline qui n'aurait pas dû attendre ma correction tant il est évidemment falsifié ou tronqué 3.

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