‹ LaocoonChapitre 31 sur 91 · Métamorph., liv. IV, v · texte numérisé non relu

Métamorph., liv. IV, v

LAOGOON

peut le voir sur une tête du cabinet royal de Berlin C'en était une aussi que le diadème luimême, cachant la beauté du front : c'est pourquoi il se rencontre aussi rarement que les cornes sur les statues de Bacchus, bien que les poètes en aient souvent orné ce dieu qui en était l'inventeur. Les cornes et le diadème fournissaient au poëte des allusions aux actes et au caractère du dieu; ils eussent, au contraire, empêché l'artiste de montrer des beautés plus grandes ; et si Bacchus, comme je le crois, avait reçu le surnom de Biformis, qui a deux formes, précisément parce qu'il pouvait se montrer beau aussi bien qu'effrayant, il était bien naturel que les artistes choisissent de préférence, clans ces deux aspects, celui qui répondait le mieux au but de leur art.

Souvent, chez les poëtes romains, Minerve et Junon lancent l'éclair. Mais pourquoi n'en est-il pas de même dans leurs statues ? demande Spence 2. Il répond : c'était pour ces deux déesses un privilège dont on avait peut-être trouvé l'origine dans les mystères de Samothrace ; mais, chez les anciens Romains, les artistes étaient regardés comme gens de basse condition, et, par conséquent, rarement admis à ces mystères; ils ne savaient sans doute rien de cette circonstance, et ce qu'ils ne savaient pas, ils ne pouvaient le représenter. Je pourrais dire à Spence, ces gens de basse condition travaillent-ils de leur propre inspiration ou d'après

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