Polymétis, dial. VI, p
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les ordres de gens notables qui pouvaient connaître ces mystères ? Chez les Grecs, les artistes étaient-ils placés dans le même état d'infériorité? Les artistes romains n'étaient-ils pas pour la plupart Grecs de nation ? Et ainsi de suite.
Stace et Valérius Flaccus représentent une Vénus irritée et ils en font un portrait si effrayant que, à ce moment, on la prendrait plutôt pour une furie que pour la déesse de l'amour. C'est en vain que Spence cherche dans les oeuvres d'art anciennes une Vénus semblable. Qu'en conclut-il ? Que le poëte est plus libre que le sculpteur et le peintre? C'est ce qu'il en aurait dû conclure, mais il a, une fois pour toutes, admis en principe que, dans une description poétique, rien n'est bon de ce qui ne serait pas convenable si on le représentait dans un tableau ou une statue i. Conséquemment les poëtes ont péché. « Stace et Valérius sont d'une époque où la poésie romaine était déjà en décadence. Aussi montrent-ils ici leur goût corrompu et leur mauvais jugement. Chez les poëtes d'une meilleure époque, on ne trouvera pas de pareilles fautes contre l'expression pittoresque 2. »
Pour dire de pareilles choses, il faut vraiment bien peu de discernement. Je ne veux pas ici prendre la défense ni de Stace ni de Valérius Flaccus, mais seulement faire une remarque générale. Les dieux et les êtres immatériels tels que les représente
1. Polymetis, dial. XX, p. 311. « Une description poétique ne contient guère aucun bon trait qui ne puisse être convenable dans une statue ou dans un tableau. »