‹ LaocoonChapitre 36 sur 91 · Fast., liv. VI, v · texte numérisé non relu

Fast., liv. VI, v

« Dans mon ignorance, j'ai cru longtemps qu'il y avait des statues de Vesta; j'ai appris ensuite qu'il n'y en a aucune sous cette voûte. Un feu inextinguible est caché dans ce temple. Vesta et le feu n'ont aucune image. »

Ovide ne parle que du culte de Vesta à Rome, que du temple que Numa lui avait élevé là, de celui dont il a dit peu auparavant :

« OEuvre d'un roi pacifique, le plus religieux des enfants du pays Sabin. »

yeux de leurs mains virginales, lorsque la prêtresse Sylvie devint mère \ Que dans les temples qu'avait la déesse hors de la ville, dans les provinces romaines, son culte ne fût pas complètement conforme aux prescriptions de Numa, c'est ce qui paraît prouvé par diverses inscriptions anciennes dans lesquelles il est fait mention d'un pontife de Vesta 2. A Corinthe aussi était un temple de Vesta sans aucune statue, avec un simple autel sur lequel on faisait des sacrifices à la déesse 3. Mais en résulte-t-il que les Grecs n'eussent pas de statue de Vesta? A Athènes il y en avait une dans le Prytanée auprès de celle de la paix 4. Les habitants de Jassée se vantaient d'en posséder une qui existait chez eux à ciel ouvert et sur laquelle ni la

i. Fast., liv. III, v. 45-46.

« Sylvia devient mère : on dit que les statues de Vesta se couvrirent les yeux de leurs mains virginales. »

Voilà comment Spence aurait dû comparer Ovide à luimême. Le poëte parle d'époques différentes. Ici, des temps qui ont précédé Numa; là, des temps qui l'ont suivi. Pendant la première période, elle était honorée en Italie sous des images personnelles comme elle l'avait été à Troie, d'où Énée avait rapporté son culte. « Lui-même il m'apporta du souterrain de "Vesta la statue de l'auguste déesse, et ses chastes bandelettes, et le feu élernel qui lui est consacré, » dit Virgile de l'ombre d'Hector lorsqu'elle a conseillé à Énée de s'enfuir. Ici le feu éternel est expressément distingué de Vesta elle-même ou de sa statue. Il faut que Spence ait lu les poètes latins avec trop peu d'attention, même dans l'intérêt de sa propre opinion, puisque ce passage lui a échappé.

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