Idem, Attic, cap. xvm, p
pluie ni la neige ne tombaient jamais *. Pline en cite une, assise, due à la main de Scopas, et qui se trouvait, de son temps, à Rome dans les jardins Serviliens 2. En admettant qu'il nous soit difficile maintenant de distinguer une simple vestale de Vesta elle-même, cela prouve-t-il que les anciens non plus ne pouvaient pas, ou même qu'ils ne voulaient absolument pas les distinguer? Certains emblèmes désignent ouvertement l'une plutôt que l'autre. Le sceptre, la torche, le palladium ne semblent devoir se trouver que dans la main de la déesse. Le Tympanon 3 que Codinus lui attribue
1. Polybe, Hist., lib. XVI, g 11, t. II, p. 443, édit. Ernest.
2. Pline, liv. XXXVI, sect. 4, p. 727, édit. Hard. a Scopas a représenté assise la Vesta qu'on admire dans les jardins de Serviliuâ. » — Lipsius a dû songer à ce passage lorsqu'il écrivit (de Vesta, cap. m) : a Pline nous montre qu'on avait coutume de représenter Vesta assise à cause de sa stabilité. » Mais il n'aurait pas dû donner pour un fait général ce que Pline dit particulièrement d'une œuvre de Scopas. Il fait même la remarque que, sur les médailles, Vesla se voit aussi souvent debout qu'assise. Ce n'est pas Pline qu'il corrige par là, c'est sa propre erreur.
3. Georg. Codinus, de originibus Constant., édit. Venet., p. 42. « On dit que la terre est Vesta, et on la représente sous la forme d'une femme portant un tambour, parce que la terre renferme les vents dans son sein. » Suidas dit, d'après lui, ou peut-être parlent-ils tous les deux d'après un autre, au mot 'egtîx : « La terre, sous le nom de Vesta, est représentée comme une femme, portant un tympanon, parce qu'elle renferme en elle les vents. » La raison est un peu bizarre. Il eût été plus facile de comprendre qu'il eût dit, qu'on lui donne un tympanon, parce qu'une partie des anciens croyaient (que sa forme s'en rapprochait : « Elle a la forme d'un tambour. » (Plutarque, Des Conceptions des philosophes, chap. x; idem,
ne lui convient peut-être qu'en sa qualité de déesse de la terre, ou bien peut-être Codinus ne savait-il pas bien lui-même ce qu'il avait vu.
Je note encore un étonnement de Spence qui prouve évidemment combien peu il a dû réfléchir sur les limites de la poésie et de la peinture.
« Surtout en ce qui concerne les Muses, dit-il, il est étrange que les poëtes soient si réservés dans leur description, bien plus réservés qu'on ne devait s'y attendre lorsqu'il s'agit de déesses à qui ils doivent tant *. »
Cela ne revient il pas à s'étonner que quand le poète parle des Muses, il ne le fasse pas dans le langage muet du peintre? Uranie est pour les poëtes
De la figure qui se voit sur Vorbe de la lune), à moins que Codinus ne se soit trompé ou sur la forme ou sur le nom, ou sur l'un et l'autre. 11 n'a peut-être pas pu désigner ce qu'il voyait porter à Vesta, mieux que par le nom de Tympanon ; ou bien l'a-t-il entendu nommer un tympanon, et ne s'est-il représenté sous ce nom que l'instrument que nous nommons une timbale. Mais tympana était aussi une sorte de roue :
« C'est avec leur bois que les laboureurs tournent des roues à rayons ou des roues pleines pour leurs chariots. » (Virgile, Géorg., liv. II, v. 444.) Ce qui se voit près de la Vesta de Fabrelti (Ad tabulam Iliadis, p. 334) et que ce savant regarde comme une meule à main, me paraît ressembler beaucoup à une telle roue.
. Polymetis, 6M. VII ï, p. 91.
la muse de l'astronomie; par son nom, par ses
actes, nous connaissons ses fonctions. L'artiste, pour la faire reconnaître, est obligé de lui mettre à la main un bâton avec lequel elle indique une sphère ; ce bâton, cette sphère, cette pose, sont pour lui l'alphabet au moyen duquel il nous fait épeler le nom d'Uranie. Mais lorsque le poëte veut dire : Uranie avait depuis longtemps prévu sa mort par les astres :
« Uranie elle-même avait prédit sa mort, après avoir longuement examiné les astres 4, »
pourquoi lui faudrait-il ajouter en se reportant à l'œuvre du peintre : Uranie tenant à la main le radius et ayant devant elle la sphère? Ne serait-ce pas comme si un homme qui a le pouvoir et le droit de parler se servait pourtant des signes que les muets du sérail ont inventés faute de voix?
Spence montre encore la même surprise à propos des êtres moraux, c'est-à-dire de ces divinités que les anciens font présider aux vertus et à la conduite de la vie des hommes 2. « Il est digne de remarque, dit-il, que les poëtes romains donnent sur les meilleurs de ces êtres moraux bien moins d'indications qu'on ne devait s'y attendre. Les artistes sont, sur ce point, beaucoup plus riches, et celui qui veut savoir quel extérieur on prêtait à chacun d'eux n'a qu'à consulter les médailles des empereurs romains 3. — Il est vrai que les poëtes en parlent