‹ LaocoonChapitre 43 sur 91 · Iliade, I, v. 44-53. Tableaux tirés de Vlliade, p · texte numérisé non relu

Iliade, I, v. 44-53. Tableaux tirés de Vlliade, p

ayec un bruit terrible, il lance son premier trait sur les mules et les chiens. Ensuite avec ses traits empoisonnés, il s'attaque aux hommes eux-mêmes, et de toutes parts, les bûchers chargés de cadavres brûlent sans interruption. Il est impossible de faire passer dans une autre langue la peinture musicale produite par les mots du poëte. Il est tout aussi impossible de la deviner d'après la peinture matérielle, et ce n'est pourtant que le moindre avantage qu'ait sur celle-ci la peinture poétique. Le principal le voici : c'est que, pour nous amener à ce que le tableau matériel nous montre d'après lui, le poëte nous conduit à travers toute une galerie de tableaux.

Mais peut-être la peste n'est-elle pas un sujet favorable pour la peinture. En voici un autre qui a plus de charme pour les yeux. Les dieux tenant conseil en buvant ?. Un palais doré, ouvert, des groupes variés des êtres les plus beaux et les plus dignes de respect, tenant la coupe à la main, et servis par Hébé, l'éternelle jeunesse. Quelle architecture ! Quelle masse de lumières et d'ombres ! Quels contrastes ! Quelle variété d'expressions ! Où commencerai-je à repaître mes yeux, où cesseraije ? Si je suis charmé ainsi par le peintre, combien plus le serai-je par le poëte ! Je l'ouvre et je me trouve... déçu. Je trouve quatre bons vers tout simples, qui pourraient servir de légende à un tableau, dans lesquels il y a la matière d'un tableau, mais qui, par eux-mêmes, ne sont pas un tableau.

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