Iliade, V, v
« Hébé adapta, aux deux côlés du char, les cercles des roues ; ils étaient d'airain, à huit rayons sur un axe de fer ; le tour extérieur, d'or massif, était orné de cercles d'airain, ouvrage merveilleux ; les moyeux étaient d'argent ; le siège était attaché par des lanières garnies d'argent ; deux courroies entouraient le char et retenaient le timon d'argent, auquel elle attacha le joug d'or, et y passa les superbes guides d'or. »
Homère veut-il nous montrer comment était vêtu Agamemnon ? Il faut que devant nos yeux le roi se revête, pièce à pièce, de son costume complet : le fin vêtement de dessous, le grand manteau, les belles bottines, l'épée; alors il est complètement prêt et saisit son sceptre.
Nous voyons les vêtements, tandis que le poète peint l'action de se vêtir. Un autre peint le vêtement jusqu'à la moindre frange et nous n'aurions rien pu voir de l'action :
a II revêtit sa belle tunique, fine, neuve, et jeta autour de lui son grand manteau ; à ses pieds il mit sa belle chaussure et ceignit ses épaules de son épée d'argent ; puis il prit le sceptre paternel, toujours incorruptible *. »
Lorsque, de ce sceptre, appelé ici seulement pa* ternel, incorruptible, de même que dans un autre endroit un sceptre semblable sera désigné comme le sceptre garni de clous d'or, lorsque, dis-je, de ce spectre respectable il faut nous donner une image plus complète et plus juste, que fera alors Homère? Nous peindra-t-il en outre les clous d'or avec le bois et la tête sculptée ? Oui, sans doute, si cette description devait être mise dans un livre d'armoi-