‹ LaocoonChapitre 46 sur 91 · Iliade, II, v · texte numérisé non relu

Iliade, II, v

ries afin que plus tard on en pût faire, d'après cela, un autre exactement semblable. Et pourtant; je suis certain que maint poëte moderne aurait fait d'après ce sceptre une semblable description héraldique, dans la conviction sincère de l'avoir réellement peint, puisque le peintre peut l'imiter. Mais qu'importe à Homère la distance où il laisse le peintre derrière lui ? Au lieu d'une image, il nous donne l'histoire du sceptre : d'abord il est entre les mains de Vulcain qui le fabrique ; ensuite il brille entre les mains de Jupiter ; plus tard, il est l'insigne de la dignité de Mercure ; après, il sert de bâton de commandement au belliqueux Pélops ; puis , de houlette au pacifique Atrée, et ainsi de suite :

« Tenant son sceptre. Ce sceptre était l'ouvrage de Vulcain. Vulcain l'avait remis à Jupiter, le puissant fils de Saturne. Jupiter le donna à Mercure, et le puissant Mercure le donna à Pélops, le dompteur de coursiers. Péîops à son tour le donna à Atrée, le pasteur des peuples. Atrée, en mourant, le légua à Thyeste, riche en terres, et Thyeste à son tour le laissa à Agamemnon, pour qu'il gouvernât beaucoup d'îles et toute l'Argolide i.

Finalement, je connais mieux ce sceptre que si le peintre me le mettait sous les yeux ou qu'un second Vulcain m'en pût mettre un dans les mains. Je ne m'étonnerais pas de découvrir qu'un des vieux commentateurs d'Homère eût admiré cet endroit comme l'allégorie la plus parfaite de la naissance, du progrès, de l'affermissement et enfin de la transmission héréditaire du pouvoir parmi les hommes;

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