‹ LaocoonChapitre 56 sur 91 · Phocic, chap. xxv-xxxi · texte numérisé non relu

Phocic, chap. xxv-xxxi

2. Pour montrer que ce n'est pas trop dire de Pope, je, vais citer dans sa langue originale le commencement du passage suivant tiré de lui (Iliade, vol. V, obs. p. 61) : a Thafc « he was no stranger to sériai perspective, appears in his

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ne peut avoir été étranger à la perspective, puisqu'il énonce expressément la distance d'un objet à un autre. Il remarque, par exemple, que les espions sont placés un peu plus loin que les autres personnages et que le chêne sous lequel on prépare le repas des moissonneurs est sur le côté ! Ce qu'il dit de la vallée parsemée de troupeaux, de chaumières et d'étables, est évidemment la description d'un grand paysage à perspective. Une autre preuve générale peut aussi être tirée de la foule de personnages représentés sur le bouclier, lesquels n'auraient pas pu être figurés dans toute leur grandeur. D'où l'on peut conclure d'une manière presque incontestable que l'art de les rapetisser d'après les lois de la perspective était déjà connu à cette époque. » La simple observation de cette loi d'optique qui fait que les objets paraissent plus petits de loin que de près, est loin de constituer la perspective dans un tableau. La perspective exige un point de vue particulier, un point d'observation déterminé et naturel ; et c'est ce qui manquait aux tableaux anciens, Dans les tableaux de Polygnote, le terrain n'était pas horizontal, mais s'élevait tellement par derrière que les personnages qui auraient dû pâti expressly mailung llie distance of object from object ; ho « tells us, etc. » Je dis que Pope a ici employé très-improprement l'expression aerial perspective (perspective aérienne), attendu qu'elle n'a rien à faire avec la diminution de grandeur que donne la mesure de l'éloignement, mais que l'on entend par là uniquement l'atténuation et la modification des couleurs en raison de la nriture de l'air ou du milieu à travers lequel nous les voyons. Celui qui a pu faire une telle faute pouvai très-bien ne rien entendre à ce dont il s'agissait.

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raître placés les uns derrière les autres semblaient placés les uns au-dessus des autres. Et si cette position des divers personnages et des groupes qu'ils forment était générale, comme le font supposer les anciens bas-reliefs, où les personnages placés en arrière sont toujours plus élevés que ceux qui sont par devant, et se voient au-dessus d'eux, il est naturel de les supposer de même dans la description d'Homère, et de ne pas diviser inutilement ceux de ses tableaux qui peuvent, de cette façon, conserver leur unité . La double scène de la cité paisible à travers les rues de laquelle passe un joyeux cortège de noces, tandis que sur le marché se juge un procès important, n'exige conséquemment pas un double tableau, et Homère a bien pu l'imaginer unique en se représentant la ville d'un point de vue assez élevé pour que son regard embrassât à la fois les rues et le marché.

Mon opinion est que l'on n'est arrivé à la véritable perspective dans les tableaux qu'en passant par la peinture des décors, et encore lorsque celle-ci avait déjà atteint sa perfection, il n'a pas dû être si facile d'en appliquer les règles sur une simple surface plate, puisque, dans les peintures plus récentes des antiquités d'Herculanum, il se trouve des fautes contre la perspective si nombreuses et si diverses qu'on les pardonnerait à peine aujourd'hui à un écolier

Mais je. m'épargnerai la peine de réunir mes remarques éparses sur un sujet pour lequel j'espère

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