‹ LaocoonChapitre 59 sur 91 · Od. XXVIII, XXIX · texte numérisé non relu

Od. XXVIII, XXIX

semble plutôt être fait à la louange de Fart qu'à la louange de la jeune fille. Il ne voit pas le portrait, il la voit elle-même et croit que cette image va ouvrir la bouche et parler.

« Il suffît ! Je la vois elle-même. Tout à l'heure, ô statue, tu vas parler. »

De même, dans le détail des beautés de Bathylle, l'éloge du bel adolescent est tellement mêlé avec l'éloge de l'art et de l'artiste que Ton ne saurait dire en l'honneur de qui Ànacréon a voulu particulièrement faire ce chant. Il réunit les plus belles parties de différents tableaux dont le trait caractéristique était la beauté éminente de ces parties. Il prend le cou d'un Adonis, la poitrine et les mains d'un Mercure, les hanches d'un Pollux, le ventre d'un Bacchus, jusqu'à ce qu'il retrouve Bathylle tout entier dans un Apollon que l'artiste a doué de toutes les perfections :

« Qu'avec ce visage, il ait un cou plus blanc que celui d'Adonis ; fais-lui la poitrine et les deux mains de Mercure, les jambes de Pollux, le ventre de Bacchus... Détruisant cet Apollon, fais-en un Bathylle. »

De même Lucien ne sait donner une idée de la beauté de Panthée qu'en renvoyant aux plus belles statues de femme des anciens artistes *. N'est-ce pas reconnaître que les paroles par elles-mêmes sont ici sans pouvoir, que la poésie balbutie et que Pé-

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