Le Connaisseur, vol. I, n° 21. Intitulé : La beauté de
LAOGOON
Le dégoûtant semble pouvoir s'unir encore plus intimement avec le terrible. Ce que nous nommons hideux n'est que le terrible dégoûtant. Longin 1 blâme, il est vrai, dans le portrait de la Tristesse chez Hésiode2 : « l'humeur coulait de ses narines. » Mais je crois que ce n'est pas tant parce que c'est
Knoumquaiha : « Il fut frappé de la couleur luisante de son teint, aussi brillant que le duvet de jais qui couvre les cochons noirs de Hessaqua. Il fut ravi du cartilage écrasé de son nez, et ses yeux contemplaient avec admiration les flasques beautés de son sein qui descendait jusqu'au nombril. » Et que faisait l'art pour mettre tant de charmes dans leur jour le plus avantageux? a Elle se fit un vernis de la graisse des chèvres, mêlée avec de la suie, et elle s'en frotta tout le corps en se tenant exposée aux rayons du soleil. Elle colla les mèches de ses cheveux avec de la graisse fondue, et les poudra de la poussière jaune du Buchu. Son visage, brillant comme l'ébène poli, était diversifié par de belles taches de terre rouge, et ressemblait au sombre voile de la nuit parsemé d'étoiles. El.'e saupoudra ses membres de cendre, et les parfuma de fiente de Slinkbingsem. Autour de ses bras et de ses jambes étaient entortillés les intestins brillants d'une génisse. A son cou était suspendue une poche formée d'un estomac de chevreau. Les ailes d'une autruche ombrageaient les deux promontoires charnus de sa partie postérieure ; et par devant, elle portait un tablier, fait des oreilles hérissées d'un lion. » Je citerai encore la cérémonie du mariage du couple chéri : a Le surri, ou grand prêtre, s'approcha d'eux, et d'une voix grave chanta la liturgie nuptiale accompagnée du bourdonnement mélodieux du gom-gom, et en même temps, selon les rites de la Gafrerie, iL les arrosa abondamment de la bénédiction urinairc. L'époux et l'épouse se frottèrent avec ravissement de cette précieuse liqueur, et les gouttes salées coulaient sur leurs corps comme la vague limoneuse sur les rochers de Chirigriqua. »