‹ LaocoonChapitre 80 sur 91 · Histoire de l'art, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'art, p

2. Pas Apollodore, mais Polydore. Pline est le seul qui nomme ces artistes et je ne sache pas que les manuscrits diffèrent les uns des autres à l'égard de ce nom. Hardouin en aurait certainement fait la remarque. Les vieilles éditions lisent toutes aussi Polydore. Il n'y a sans doute là qu'une distraction de M. Winckelmann.

LAOGOON

plication des statues antiques, prétend savoir que ces artistes florissaient dans la quatre-vingt-huitième olympiade ; d'autres , comme Richardson, ont copié son assertion. Je crois qu'il a pris pour un de nos artistes un certain Athénodore, l'un des élèves de Polyclète, et comme Polyclète florissait dans la quatre-vingt-septième olympiade, alors a placé son prétendu élève une olympiade plus tard. Maffei ne peut avoir eu d'autres raisons. »

Il ne pouvait certainement en avoir d'autres. Mais pourquoi Winckelmann se contente-t-il d'indiquer cette prétendue raison de Maffei ? Se réfute-t-elle d'elle-même ? Pas tout à fait. Car même sans être appuyée d'autres raisons, elle forme à elle seule une petite probabilité, si l'on ne peut prouver d'ailleurs qu' Athénodore, l'élève de Polyclète, et Athénodore, le collaborateur d'Agésandre et de Polydore, ne peuvent absolument pas avoir été une seule et même personne. Par bonheur on peut le prouver, et cela, par la différence de leurs lieux de naissance. D'après le témoignage exprès de Pausanias 1 , le premier Athénodore était de Clitore en Arcadie ; l'autre, au contraire, d'après le témoignage de Pline, était natif de Rhodes.

Ce n'est certainement pas à dessein que M. Winckelmann a omis cette circonstance par laquelle il aurait victorieusement réfuté l'assertion de Maffei.

1, « Athénodore et Damias, — ils étaient Arcadiens, de Clitore. » Phoc, chap. ix, p. 819, édit. Kuhn.

Bien plutôt, les raisons qu'il tire de la perfection de l'œuvre, d'après son irrécusable science, lui ont paru d'un tel poids qu'il ne s'est pas inquiété si l'opinion de Maffei conservait ou non quelque probabilité. Il reconnaît, sans doute, dans le Laocoon trop de ces recherches 1 si particulières à Lysippe, dont ce maître le premier enrichit l'art, pour avoir pu considérer cette œuvre comme lui étant antérieure.

Mais s'il est prouvé que le Laocoon ne peut être antérieur à Lysippe, est-il également prouvé par là qu'il est certainement de son temps, qu'il est impossible que ce soit une œuvre de beaucoup postérieure? Laissant de côté les temps pendant lesquels l'art, en Grèce, tantôt leva la tête tantôt s'abaissa, jusqu'au commencement de la monarchie romaine, pourquoi le Laocoon ne serait -il pas l'heureux fruit de l'émulation excitée entre les artistes par la somptueuse magnificence des premiers empereurs ? Pourquoi Agésandre et ses collaborateurs ne pourraient-ils pas être les contemporains des Strongylion, des Arcésilas, des Pasitèles, des Posidonius, des Diogène ? Les œuvres de ces maîtres ne furent-elles pas regardées comme comparables à ce que l'art a produit de mieux? Et si des morceaux leur appartenant indubitablement étaient parvenus jusqu'à nous, l'époque où vivaient leurs auteurs demeurant inconnue et ne pouvant être préjugée que d'après leur perfection, quelle inspiration divine viendrait empêcher le connaisseur do

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