Pline, liv. XXXVI, sect. 4, p
LAOGOON
coon était dans le palais de Titus, le cabinet de Pollion était encore réuni tout entier dans un lieu particulier, cette supposition pourrait bien perdre un peu de sa vraisemblance. Pourquoi donc ne serait-ce pas Titus lui-même qui aurait fait ce que nous voulons attribuer à Pollion?
Cette opinion, que les auteurs du Laocoon ont travaillé sous les premiers empereurs, qu'ils ne sont, du moins, certainement pas aussi anciens que le dit M. Winckelmann, est confirmée en moi par un petit renseignement que lui-même fait connaître pour la première fois. Le voici 1 :
« A Nettuno, autrefois Antium, en 1717, Monseigneur le cardinal Alexandre Albani découvrit, dans un grand caveau submergé par la mer, un piédestal du marbre noir grisâtre qu'on nomme aujourd'hui Bigio, ayant porté une statue; sur ce piédestal se trouve l'inscription suivante :
A6AN0AQP02 AIH2ANAP0T P0AI02 EII0IH2E.
« Alhanodore, fils d'Agésandre de Rhodes, a fait cela. »
Nous apprenons par cette inscription qu'un pôra et son fils ont travaillé au Laocoon, et il est pré-
l. Histoire de Vart, t. II, p. 347.
sumable qu'Apollodore (Polydore) était aussi fils d'Agésandre ; car cet Athanodore ne peut être autre que celui que nomme Pline. Cette inscription nous apprend en outre que, contrairement à ce que dit Pline, il s'est trouvé plus de trois ouvrages sur lesquels les artistes aient écrit le mot fait, au passé défini £7roi7)(7£, fecit; il prétend que les autres artistes, par modestie, se sont exprimés à l'imparfait £7roisi, faciebaL »
M . Winckelmann trouvera peu de contradiction sur ce point que F Athanodore de cette inscription ne peut être autre que l'Athénodore cité par Pline parmi les auteurs du Laocoon. Athanodore et Athénodore sont en effet complètement le même nom, car les Rhodiens employaient le dialecte dorien. Mais j'ai à faire quelques observations sur les autres conséquences qu'il en veut tirer.
La première, qu'Athénodore était fils d'Agésandre, est admissible. Cela est très-vraisemblable sans être incontestable, car on sait que certains artistes anciens se faisaient désigner par le nom de leur maître plutôt que par celui de leur père. Ce que dit Pline des frères Apollonius et Tauriscus ne souffre guère d'autre interprétation 1,
Mais quoi ! cette inscription contredirait-elle l'assertion de Pline, qu'il ne s'est pas trouvé plus de trois œuvres d'art sur lesquelles l'auteur se soit fait connaître au temps passé (en mettant IirotYjas au lieu de Ittoisi) ? Cette inscription ? Comment cette inscription nous apprendrait-elle ce que nous sa-