‹ Lárgot de l'XChapitre 17 sur 19 · L.^'^^ihJfc'âù · texte numérisé non relu

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du camarade qui le suit ; le monôme des manips où chacun a revêtu la longue blouse de toile pour la première manipulation de chimie ; le monôme de la gymn^ où l'on arbore pour la première fois le costume de gymnasiarque ; le monôme de V acide benzoïque le jour où Ton prépare cet acide : les élèves ont la tête coiffée du cône en carton dont on se sert dans cette manipulation ; le monôme de l'or mussif dans lequel chacun parait les habits couverts d'ornements, trèfles, galons, brandebourgs, épaulettes, dessinés avec cette poudre jaunâtre qu'on emporte du laboratoire aussitôt qu'on l'a préparée ; le monôme de la boite, maintenant

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disparu, le jour où les sergents des conscrits paraissaient pour la première fois avec leurs galons d'or.

Toujours Timmense colonne va se balançant et zigzaguant à travers la cour, dessinant des courbes compliquées, accompagnée sur ses flancs par Tescorte débraillée de tous les indépendants ; son pas se règle sur le rythme d'un refrain, tantôt alerte, tantôt monotone : celui de V Artilleur, celui des Filles de la Rochelle, le chant de Madeleine :

Madeleine s'en va-t-à Romef Tonronton, tonrontaine I Pour obtenir son pardon, Tonrontaine, tonronton l

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O.le di . a»l qaVUe «« . nût 4» U un» ou du H#r ^ .«Ml CIJ# iii«« . tatl 6reir%r .nsil d^vi:»'. tpr I* Pta.tbe.eti

la chanson du Bel Alcindor :

Boodus- tu. b«l lU.dn . dor, n roiilfiiiplanf rv iloui trr.kor

OU toute autre chanson leste du répertoire de TÉcole ou enfin Fétemel Pompier au rythme dur et heurté qui vite brise les voix.

Monôme. — Binôme. — Trinôme. — Ces mots qu*emploie Talgèbre pour désigner une expression d'un, de deux ou bien de trois termes, désignent respectivement, à rÉcole d*application, Télève qui vit seul, les deux camarades, parfois les trois, qui partagent la même chambre pendant les deux années d'études.

Binômer, c'est vivre à deux en commun.

Mon Oncle. — Nom donné au sergent-major gardien de la porte d'entrée. Un colonel commandant en second l'École avait rhabitude, en s*adressant aux élèves, de leur dire « Mes enfants », et ceux-ci, tout naturellement, l'avaient surnommé « Papa » ; or, le sergent-major ressemblait d'une manière frappante au colonel ; tout naturellement aussi on l'appelait Mon Oncle et le nom est resté à ses successeurs.

Le dessin qui représente Mon Oncle est emprunté à V Histoire de VÉcole publiée par l'un de nous dans le Journal de la Jeunesse,

Muet. — A une certaine époque, tout examinateur de sortie était assisté d'un adjoint, avec lequel il s'entendait pour fixer la note méritée par l'élève. On avait cru trouver dans ce système une garantie d'impartialité et de plus grande justice ; vers l'année 1870 on y renonça. L'examinateur adjoint, qui n'avait pas le droit de poser de questions, était appelé le muet.

Museau ! — Sorte d'interjection signifiant chut! silence ! qu'on lance à celui qui bavarde trop haut dans la salle d'étude, à Vamphi^ ou même à celui qui parle à tort et à travers. C'est une forme abrégée de l'expression peu parlementaire : « Tais-ton bec ! » ou « Ferme ton museau ! »

Museler. — Démuseler. — Museler^ c'est fermer la bouche ; c'est donc une manière aimable d'obliger un camarade à garder le silence. On lui dit par exemple : « Musèletoi, mon cher, tu viens de perdre une belle occasion de te taire ! » A l'inverse, démuseler c'est retrouver la parole après

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qu'on est longtemps resté muselé. Avec le même sansgêne, on demande : « Qu'as-tu? tu ne démuselés pas? » Au tableau, on est parfois si complètement collé que rien ne peut vous démuseler.

Museler une porte, c'est la fermer ; museler un rosio, c'est l'éteindre ; museler un casert, c'est le barricader de manière à empêcher une invasion des anciens.

Museler est encore synonyme de fermer, cacher. On musèle un bouquin en renfermant avec soin.

Navarre. — Navarre, le vieux collège fondé par la reine Jeanne, où les fils des grandes familles étaient élevés depuis le temps de Louis XII, fut affecté à l'École polytechnique par un décret du 9 germinal an XIII (30 mars 1805). Quand le gouverneur, le général Lacuée, vint en prendre possession, les bâtiments, sauf la chapelle, tombaient en ruine ; l'entrée principale, située rue de la Montagne, celle qui fut conservée pour l'entrée des élèves jusqu'en 1811, était vermoulue ; le bâtiment de l'infirmerie était lézardé ; le pavillon des bacheliers, commencé en 1738 sur l'emplacement du vieux cloître, avait été abandonné sans être couvert. Une commission du conseil de l'École avait eu un instant la pensée de choisir le château de Saint-Germain, puis celui de Vincennes. Enfin, après avoir balancé dans Paris entre la Sorbonne, l'ancien couvent de Sainte-Marie de la rue Saint-Jacques, celui des Minimes, l'hôtel de Biron,

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Tancienne maison des Jacobins de la rue Saint-Dominique, elle se décida pour le collège de Navarre. On trouve trace de ces hésitations dans la curieuse lettre que nous reproduisons et qui fut adressée par Napoléon au général Lacuée.

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Aussitôt que remplacement fut choisi, le général Lacuée fît mettre tous les locaux en état de recevoir les élèves; il fît réparer toutes les constructions, achever le pavillon central et percer la rue de l'École Polytechnique. La chapelle,

qui servait tout d'abord de bibliothèque, fut démolie plus tard, en 1842; le pavillon prolongé ne fut achevé qu'à ce moment. Un grand bâtiment de forme gothique, aux longues fenêtres ogivales, avait été adossé au cloître ; son

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rez-de-chaussée servit de chapelle sous la Restauration, et son premier étag^e de salle de dessin et de bibliothèque ; il tombait en ruines, en 1875, quand on Ta démoli. Le corps de logis destiné aux maîtres et aux écoliers de théologie sur la rue de la Montagne servit d'abord de lingerie et disparut, en 1836, pour faire place aux constructions actuelles de Tentrée principale (Voir V Histoire de l'Ecole polytechnique^ de G. Pinet).

L'Ecole polytechnique prit possession des bâtiments du collège de Navarre le 16 brumaire an XIV (11 novembre 1805).

I^ègfre. — Corruption du mot nec, qui lui-même est une abréviation de nec plus ultra. En parlant d'un objet remarquable, on dit : « C'est le nègre! » Le mot s'emploie au féminin. On dit: « J'ai la pipe négresse », c'est-à-dire la plus belle pipe et non, comme on pourrait le croire, la pipe la mieux culottée.

Observ. — Abréviation du mot observation. Le capitaine punit rarement, mais il fait des observ. Le baso/f^ lui, infligée une consigne et ne fait pas d' observ.

Le topo d'observ (Voy. Topo) est celui qui précède le vote et sur lequel chacun inscrit ses observations.

Ombres. — Tous les ans, vers le mois de février, a lieu la fête traditionnelle qui porte le nom de séance des Ombres^ dans laquelle les silhouettes des officiers, des professeurs et de tout le personnel, tracées par les plus habiles crayons de la promotïan^ déiilent en ombres chinoises devant tous les élèves^ réuHl^àramphi théâtre, pendant qu'on met dans la bouche des jpçfiç^a^^cs des d iscours comiques pleins de verve et d'cs[n4t ^^uioh^7Tv<>j i^iiu^on renianle, nous l'avons dit, à Tannée jy^fi^P^i î''^ mv^lHicotiousde V absorption se terminèrent paç une !■ ]'T(:?cnl^ilion p-otesque des autorités de rKcûîr*. Lct^ cnissivrx don r^^er vent pour cette fête un trésor de charges accumulées par les promotions précé-

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dentés. Chaque promotion a lonp^temps étudié ses types, saisi tous les tics, tous les travers, rassembli* losi remarques les plus bizarres, emma- ^^siné les tdée^ drôles, les rapprochements hurlcïîqiies, les réflexions cocasses, tout ce qui peut faire la ressemblance grimaçante et la caricature comique.

La cérémonie a lieu dans le f f^rand amphithéâtre I de physique, dont les [murs sont couverts d'inscriptions ' en l'honneur des savants célèbres qui sont sortis de TEcole. Les anciens et les conscrits s'entassent sur les f^radins et dans les tribunes. L'autorité, les professeurs et l'administration assistent le plus souvent à la séance et

iom'Ki^

prennent part à la gaieté générale. La salle est plongée dans l'obscurité. Dans l'encadrement qu'occupe habituellement le tableau noir, remonté pour la circonstance sur ses contrepoids, un grand drap blanc est tendu, sur lequel un foyer électrique puissant, emprunté au cabinet de physique, projette son cône lumineux. Les ombres cari-

caturales, très habilement articulées, défilent successivement, présentées par un artiste, qui les fait mouvoir à Taide d'invisibles ficelles motrices et qui débite les boniments.

Tout le personnel de l'École y passe. C'est d'abord le généy puis le

colo^ puis les pi laines^ puis le directeur des études, l'administration et ses employés, les médecins, les sœurs de linfirmerie, tous le^ ag^ents; puis le professeurs, les répé titeurs, les examinateurs. Chaque petite onihrc chante son couplet, dit son mol

pour rire, gesticule et s'éclipse ; c'est un défilé de charges qui dure trois heures. De temps en temps, pendant un entr'acte, la lumière électrique inonde subitement Tamphithéàtre et Torchestre des élèves, placé au centre attaque un air d'opéra ou bien un vieux refrain de FEcole que l'assistance accompagne en chœur. Puis le défilé recommence.

Omelette. — Au milieu du casert^ semblable à une immense poêle, tous les meubles ont été renversés; les lits enchevêtrés les uns dans les autres. Les matelas, draps, couvertures, jetés péle-méle, tous les ustensiles de toilette, les cuvettes, pourrais^ hypo-pourrals^ brisés en mille pièces, les sacs à linge, les boîtes à claque, les bottes, les uniformes en fouillis inextricable, forment une omelette d'un genre tout particulier, sur laquelle

toute l'eau de la fontaine a été répandue :

telle est l'aimable farce que les anciens se plaisent à faire aux conscrits à l'époque du bahutage dans la première semaine de leur arrivée.

Ophthalmo. — Du

mot grec qui signifie œil, on a tiré, par un féroce calembour, le terme ophthalmo appelé à remplacer l'expression parisienne :

« à l'œil » , c'està-dire sans payer.

« Avec les fournisseurs de Bleau, on s'arrange aisément ophthalmo I »

Ossian. — Bonnet de coton; ce nom poétique rappelle -celui d'un ancien directeur des études, Ossian Bonnet.

Vossian sert ordinairement à essuyer les rasoirs ; mais son utilité principale est de servir de cagoule à ceux qui se déguisent et de masque excellent à ceux qui le soir veulent faire du tapage dans les corridors du casert. Percé de deux trous à la hauteur des yeux et d'un autre pour la bouche, enfoncé jusqu'au cou, YOssian rend absolument méconnaissable.

P-|-Q. — Expression algébrique qu'on introduit dans le langage courant et qui signifie un grand nombre. Exemple : « J'ai déjà attrapé P+Q consignes ». On dit encore, pour exprimerla pluralité : m, n, ou p, ou encore : 2 A'-^- 1 et P+XQ.

Paillot. — Très vieux mot signifiant lit et qui est remplacé aujourd'hui par le mot pieu.

Se pailloter voulait dire « se mettre au lit » ; le mot venait probablement de la petite paillasse que l'on met sur le lit des enfants.

Pantoufle. — Pantouflards. — La botte désignant les carrières civiles, il était tout naturel que la pantoufle caractérisât le renoncement à toute carrière de l'Etat, c'est-à-dire la démission. Donner sa démission pan tou fier,

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c'est entrer dans la pantoufle; l'élève démissionnaire est un pantouflard.

^iPi Cette nppellatian était en u?a<îe depuis

longtemps dans la lanjj^ue courante.

Les Jeunes France de 1830 traitaient volontiers de philistin ou de pantouflard le bourgeois qui passait sa vie les pieds dans des pantoufles.

Théophile Gautier eut un jour, avec l'Ecole, un démêlé comique, à la suite duquel il fut traité de pantouflard.

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C'était au moment de Tinauguration du fronton du Panthéon ; critiquant le bas-relief où David a représenté d'un côté un élève de TEcole normale, de Tautre un élève de l'Ecole polytechnique, il s'était moqué de « ces deux embryons d'immortalité ». Les promotions lui dépéchèrent deux anciens qui le trouvèrent en pantoufles, en robe de chambre et coiffé d'une calotte grecque et qui s'en revinrent dire à leurs camarades : « Il n'y a rien à faire avec ce pantouflard ! »

Le Charivari prétendit que Gautier était fort peu rassuré et n'osait plus sortir de chez lui.

Chaque année , quinze ou vingt élèves donnent leur démission après le classement de sortie, se contentant du titre d'a*ncien élève de l'Ecole qui constitue pour eux comme une sorte de grade universitaire. A l'Ecole d'application de Fontainebleau quelques nouvelles démissions sont encore envoyées au ministre.

Il semble que le nombre des pantouflards grossisse tous les ans.

Passe. — Abréviation de passe-partoul. C'est une clef qui permet de pénétrer dans toutes les parties de l'Ecole et dont les anciens se servent plus particulièrement pour bahuterles caserts des conscrits. Les caissiers vendent des passe au prix de trois francs. L'administration ne manque pas de faire changer fréquemment les serrures; mais le lendemain même de la transformation, les passe des nouvelles serrures circulent dans les promotions. Depuis un an, l'administration a pris le parti de laisser toutes les portes ouvertes, ce qui a jeté le plus grand trouble dans le commerce des passe.

Pavillon. — Le grand bâtiment central occupé par les élèves, fermant du sud au nord la cour de récréation avec ses trois étages surmontas de hautes mansardes, porte le

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nom de Pavillon des élèves. C'est l'ancien bâtiment des

bacheliers du vieux collège de Navarn-

Bâti en 1738, au moment de la démolition du cloître de la reine Jeanne,

achevé seulement en 1809, il a été

prolongé en 1830 de Tautre côté de

la vieille chapelle. L'aile nord, ainsi

que le belvédère qui en surmonte l'extrémité, a été élevée en 1812, après la démolition de la chapelle.

Le gouvernement de la Restauralioi ayant licencié puis réorganisé l'Ecole en 1816, y introduisit les exercices religieux journaliers et l'obligation d'assister dans la chapelle aux offices des dimanches et fêtes. On prit alors pour servir de chapelle la salle du rez-de-chaussée, dite salle des Acles^ du bâtiment plus tard transformé en bibliothèque, puis démoli en 1875.

Les salles d'étude occupent les deux étages ; elles s'ouvrent sur un grand corridor longitudinal et ont leurs fenêtres sur la cour de récréation et sur celle des laboratoires. A l'entresol, les petites salles basses, servant de bineis de colles^ donnent sur un corridor éclairé seulement à ses deux extrémités, véritable boyau propice aux chahuts monstres. Au centre, dessiné sur la façade par un fronton triangulaire se trouvent un perron élevé de quelques marches, le cabinet de service des piiaines et des basoffs^ le cabinet des lapins et l'escalier de service. La façade, sans ornement, régulière mais banale, vraie façade de caserne, montre au milieu du fronton le cadran de l'horloge, le berzélius^ et au-dessus de chaque fenêtre le numéro de la salle, détaché en chiffres noirs, pour faciliter la surveillance. Les casernements occupent le deuxième et le troisième étage ; les deux amphithéâtres particuliers à chaque promotion, qui étaient placés à chacune des ailes, ont disparu en 1871, et

les salles de collections du rez-dc-chaussée ont été transportées ailleurs la même année.

On donne le nom cVannexe à un bâtiment de construction récente, adossé au pavillon et rendu nécessaire par l'augmentation du nombre des élèves. Il est situé entre la cour de la ffymn et la cour de la biblo ; il contient un réfec^ un amphi et des caserls. On dit couramment « aller f» Vamphi annexe » et « passer une colle à Vannexe ».

C'était à l'origine un bâtiment provisoire; il dure depuis vingt ans !

Peaufln. — Contraction des mots peau fine. On désigne par ce mot le conscrit imberbe ^ de figure pouponne, qui sera naturellement désigné pour la cote bébé.

Pères sensibles. — Quand le Comité de salut public fonda l'Ecole centrale des travaux publics, il pensa que les élèves ne devaient être ni casernes ni placés dans

un pensionnat commun, mais internés séparément ou en très petit nombre, « chez de bons citoyens qui, par leurs

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