Ù 54 LARMES D'AMOUR
( cœur le souvenir de cet ange que Dieu avait mis
fi sur votre route pour vous conduire à lui. Ce J L qu'elle a fait pour vous est l’héroïisme de la
| charité Quant à ces objets qui vous sont si jue-
tement chers, vous avez là l'occasion d'un sacrifice.
Et comme je ne répondais rien, le vénérable religieux mit ses mains sur ma tête et me dit avec un accent qui pénétra jusqu'au plus intime de mon âme :
-— Mon enfant, pourquoi êtes-vous venu ici ?
Pourquoi voulez-vous être religieux ?
J'étais bien troublé, mais je lui dis :
— Mon Père, commandez-moi ce que vous t voudrez, je vous obéiraien toutes choses ; seu- Û lement, je vous en prie, laissez-moi ce qui me reste d'elle, Ces souvenirs sont pour moi sacrés, r
je les avais sur mon cœur au jour de mon baptême et de ma première communion. Permettez que je les garde encore, au moins pour quelque temps.
— Non, me répondit-il avec douceur, mais L aussi avec une autorité qui ne souffrait pas c d’instances, non, mon enfant. Le sucritice est la € (| base de la vie religieuse, Si vous voulez com- | | mencer votre noviciat, il faut me remettre ces € \ objets, auxquels vous tenez tant. € fl. I se fit dans mon âme un combat bien dou- | | loureux. Je vous l'avoue à ma confusion, pen- ! dant quelques instants j'hésitai, — Qui, j'hésitaï. | ï O mon Dieu, ayez pitié de moi! À ma Thérèse, | prie pour moi, dis-je au fond de mon cœur ; et, | |
ôtant de ma poitrine le crucitix et le médaillon, je les remis au Père, qui me regarduit en silence. En me séparant de tout ce qui me restait d'elle, je ressentis quelque chose de cette douleur terrible qui me brisait le cœur quand je la mis dans son cercueil. Je pleurais. Mais loin de s'indigner de ma faiblesse, le saint religieux m'’attira dans ses bras, et me dit de douces et tendres paroles,
— Ne pleurez pas, me répétait-il, ne pleurez pas, mon enfant. Tout sacrifier à Dieu, c'est la plus grande des grâces, le plus grand des bonheurs. Plus tard, vous le saurez et vous regretterez ces larmes. Croyez-moi, ajouta-t-il avec une expression charmante, votre ange gardien, et cet autre ange que Dieu vous avait donné, se réjouissent pour vous dans ce moment.
Il me parla des grandes grâces que Dieu m'a faites, de mon baptême, de ma première communion.
Ah! madame, si vous l’aviez entendu quand il me suppliait d'être fidèle, d'être reconnaissant, d'être généreux ! [Il y a dans sa parole quelque chose qui pénètre et enflamme le cœur, J'avais bien honte de moi, je vous assure, en pensant que je verais d'hésiter misérablement devant un sacrifice ; mais le bon Père ne me fit pas de reproches. Au contraire, il consentit à me laisser commencer mon noviciat; et, me serrant dans ses bras, comme pour faire passer dans mon cœur le feu sacré qui brûle le sien, il me souhaita lë bonheur d'aimer Dieu jusqu'au renoncement
RE et LE