V. a. Polir (la nacre) à la meule
émeut [sneu] ou émeu n. m.
Fauconn. Excrément du faucon et de l'a u t o u r .
émeute n. f. (de émouvoir . Mouvement insurrectionnel : l'émeute de juillet 1S30 dégénéra en révolution.ÇV. TROUBLES.). Faire émeute, Istire grand bruit.
émeuter [té] v. a. (corrupt. de ameuter). Mettre en émeute : émeuter le peuple.
émeutier Hi-é], ère n. Agent de sédition, d’émeute. Adjectiv. ; harangue émeutière.
émeutir v. a. Fauconn. Rendre de l’émeut, émiaule [mi-ô-le] n. f. (de tniaulei'). Nom vulgaire de la mouette cendrée, dont le cri ressemble un peu à celui du chat.
émier [mi-é] v. a. (du préf. é, et de mie. — Se conj, comme prier.) Réduire en petites parties, en froissant entre les doigts.
émiettement fjjît’-é-fe-man] n. m. Action d’émietter, d’éparpiller. Son résultat.
émietter [mi-è-té'j v. a. Réduire en miettes : émietter du pain.
émigrant [gran], e n. Qui émigre : l'Irlande fournit de nombreux émigrants. Jeu des émigrants, V. ÉMiGRETTE. Ant. Immigrant.
émigration [si-on] n. f. Action d’émigrer ; l'émigration a dépeuplé les départements alpins de la France. Personnes émigrées. Spécialem. Sortie de France des nobles pendant la Révolution : l'émigration commença au lendemain de la prise de la Bastille. 'Passa.gc aanael de certains animaux, d’une contrée dans une autre : l'émigration des hirotidelles. Ant. Immigration.
— Encycl. Econ. polit. On peut ramener à trois les causes qui poussent les individus à émigrer, soit en masse, soit isolément : 1» l'insuffisance des moyens d'existence; 2»Tappàt, parfois fallacieux, d'un avenir meilleur ; 3“ les persécutions poliliq-ues et religieuses à diverses époques.
Le fait de passer à l'étranger n’est pas seul â constituer l'émigration. Les milliers de montagnards, Auvergnats, Savoyards, qui viennent dans les villes amasser un pécule pour retourner ensuite dans leurs montagnes accomplissent une véritable émigration. On peut donc considérer qu'il y a deux espèces d'émigration ; l'émigration à l'intérieur, et l’émigration a l'étranger.
L'émigration a d'importantes conséquences, à la fois pour les émigrants, pour les pays où ils immigrent et pour ceux dont ils émigrent. Les émigrants, dans leur nouvel établissement, s'élèvent à une situation meilleure, ou tombent dans une situation pire.
l'arfois, ils constituent des éléments de désordre, plutôt que de prospérité. Laborieux, portés vers la vie rurale, ils s'établissent définitivement et sont rapidement assimilés. Mais, s'ils arrivent en trop grand nombre, s'ils ne sont pas noyés dans la population de leur patrie d'adoption, ils y demeurent parfois des étrangers. L’émigration temporaire avilit les salaires et fait passer l’épargne à l’étranger.
L’émigration met en présence deux idées contradictoires : le droit, pour tout individu, de disposer de sa propre personne en vertu du pi-incipe de liberté individuelle ; le droit, pour les Etats, d'empêcher la dépopulation de leur propre territoire.
— Hist. On désigne sous le nom d' Emigration la fuite et le séjour à l'étranger de l’aristocratie française ou, plus exactement, de tous les partisans de l’ancien régime. Elle commença au lendemain du 14 juillet 1789 et devint presque générale en 1792. Les comtes d’Artois et de Provence, le prince de Condé, Galonné, etc., en furent les principaux chefs. Pourvenir à bout de la Révolution, les émigrés appelèrent à leur secours les ai-mées étrangères et les déchaînèrent surla patrie : de là les mesures (confiscatiorr des biens, etc.) prises à titre de représailles parla Législative et la Convention. Les émigrés se réunirent surtout sur- la frotrtière d'Allemagne, nolamrrreirt à Coblence. Ils r-entrèrent en France après la déclaration de guerre de 1792, .à la suite des armées étrangères. Leurs tentatives les plus hardies (en particulier le débarquement de Quiberon), leurs innombrables conspiratiorrs favorisées par- l'Angleterre n’eureirt aucun succès.
Les cours étrangères fiirirent par- s’en désintéresser, et la plupart d'entre eux furent réduits à une misère complète. Le comte de Provence, le futur Louis XVIIl, dut se contenier du séjour- de Mitau (Cour-lande,. Un grand nombre d’émigrés rentrèrent en France de 1798 à 18Ü4, ou perrdant le premier Empire. En 1825, une loi indemrrisa ceux des émigrés qui avaient été définitivement dépouillés de leurs biens : ce fut le milliard des émigrés. For-neron et Ernest Daudet ont écrit d’irrtcressarrtes histoires de l’Emigratiorr.
émigré, e adj. et n. Qui a émigré. Noble é-.nigii pendant la Révolution. (V. ÉMiGr..4Tiox.;
Émigré (f), roman, par- P. Bourget (1907), où l’auteur oppose, dans un drame poio-nant, le principe de l’hérédité familiale, personnifié par- le marquis de Claviers-Grandchamp, et les aspirations modernes, représentées par- son fils putatif Landr-i.
émigrer [gré] v. n. (du lat. e, hors de. et mirare, s'en aller). Quitter sorr pays pour- aller s’étalir dans un autre : émigrer en Amérique. Changerde climat, en parlant do certains anintaux : les alouettes émigrent chaque année. Ant. Immigrer.
émigrette ]ÿ?-é-fe] n. f. (de émigré, ce jeu étant en vogue art morrrent de rEinigratiorr). Jouet cotrsistant en un disqrre de bois, d’ivoire, etc., qui morrte ou descend le long d’un cordonnet.
Émile (saint';, martyrisé en Afrique en 205. Il pratiquait la médecine depuis de longues années, lorsque Ililnévic, roi des Vandales, le fil mettre à mort, à cause de son attachement au christianisme. Fête le 22 mai.
Émile ou De l'éducation, roman philosophique de J.-J. Rousseau (1702), où l'auteur prétend enseigner comment on doit former les hommes. Il part de ce principe que « l'homme est naturellement bon », et que, l'éducation donnée par la société étant mauvaise, il convient d’établir une « éducation négative, comme la meilleure ou plutôt comme la seule bonne ». En dépit des paradoxes qu'il rcnl’eiine. le livre n’en eut pas moins une influence salutaire sur l’éducation de son temps : il préconisa avec succès l’allaitement maternel, les exercices physiques, l’enseignement d’un métier manuel, etc., et la Profession de foi du vicah'e savoyard, qui est un des passages essentiels, est un beau credo spiritualiste.
Emilia Galotti, célèbre tragédie de Lessing, représentée à Brunswick en 1771. M“>o de Staël l’a appelée la 'Virginie bourgeoise. Emilia, enlevée par le prince de Guastalla, qui a fait périr son fiancé, obtient de son père, Odoardo, qu’il la tue pour la soustraire au déshonneur.
Émilic, division territoriale d’Italie, capit. Plaisance, formée des anciens duchés de Parme et de Modène, ainsi que des Rcmagnes ; 2.452.000 h. Vignes, oliviers, céréak... Gisements métallifères ; soufre. L’Emilie comprend les provinces de Plaisance, Parme, Modène, Reggio, l-’eri-are, Bologne, Ravenne et Forli.
Émilie (sainte). Deux saintes de ce nom ont été mises à mort pour la foi, à Lyon, en 177, avec Pothin et Blandine. Fête le 2 juin.
Émilieu [U-üi] (saint), né enMésie, martyr jeté dans une fournaise ardente en 302. Fête le 18 juillet.
Emilieu, empereur romain, né en Mauritanie vers 200, proclamé en 253, m. on 254, assassiné par ses soldats.
Émilieune [H-è-ne] { sainte ) , religieuse italienne du vi® siècle, tante du pape Grégoire le Grand. Fête le 5 janvier.
Emilieune (république), nom que porta d’abord la république Transpadane.
émincé n. m. Ragoût de viandes coupées en tranches minces : U7i émincé de gigot.
émincer [sé] v. a. (du préf. é, et de mince. — Prend une cédille sous le c devant a et o ; il étnhiça, 710US étninçons.) Couper par tranches minces ; étnincer de la viande.
éminée [ne’J n. f. Ancienne mesure agraire de Provence, valant de cinq à huit ares et demi.
éminemment [na-tnatt] adv. Au plus haut point ; excellemment.
éminence [naii-se] n. f. (de éminent). Elévation de terrain : établir «ne batterie sur itne é?ni- 7ience. A.nt. Creux, dépression, bas-fond. Par ext. Saillie quelconque. Fig. Supériorité morale. Titre des cardinaux (dans ce sens, prend une majusculei. L'Esninence grise, le P. Joseph (y. Joseph), conseiller de Richelieu.
Éminence grise (V), tableau de Gérume fl874). L'Eminence grise (le P. Joseph) descend l’escalier de l'hôtel de Richelieu. Il Ut son bréviaire et i)asse.
sans daigner lever sur eux les yeux, à côté des courtisans qui le saluent profondément ; tableau fin et spirituel,
éminent [nan], e adj. (lat. etnvnens ; de cmi- 7iere, dominer). Elevé : lieu émment. Supérieur, très élevé : savoir étninent. Ant. Abject, inférieur, infime.
éminentissime 'uan-U-si meJ adj. Très éminent. Titre des cardinaux.
L’Éminence grise, tableau de Gérome.
EMI
EmineSCO Michel), poète roumain, néàBotochani, m. à Bucarest (1830-1889).
Émin-paclia (Edouard ScHNiTZER, dit ilehmed], explorateur et administrateur égyptien, né à N e i s s e ( Silésie j en 1840, assassiné par un Arabe en 1892, après avoir longtemps détendu le Soudan égyptien contre les musulmans fanatiques du Mahdi.
émir n. m. (m. ar. signif. chef). Titre des descendants de Mahomet. Autrefois, titre des grands officiers de la couronne, gouverneurs de provinces, etc.
Émir-el-moumenin
titre arabe signifiant « Commaiideui' des Croyants », qui fut pris successivement par les califes, les sultans de Turquie, et dont les historiens miramolin.
émissaire [ïîii'-sè-re] n.
emittere, envoyer dehors). Agent chargé d'une mission : être 'prévenu par nn émissaire. Canal qui sert à vider un lac, un bassin, etc. Adj. Bouc émisssairey