‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 770 sur 1225 · ESPAGNE · texte numérisé non relu

ESPAGNE

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Art espagnol : 1. Chaire en 1er Ibrg-c (cathédrale i Clnny) ; 4. Bouclier de Charles-Qiiint (Madrid) ; 5 Gr monnaie (xv' s.) ; 8. Détail du tombeau de don Juc... d^ 1 O'alladolid) ; 11. Siège du prieur des Chartreux (Burgos)

14. Cabinet du xvi« siècle : lo. Couteau de chasse ; 16. Cl 19. Buire eu argent de la cathédrale de Séville (xii' s.); 2..

Charles-Quint ; 22. Façade de Sauta-Crù^ÎTorèdè)'

lédrale d Avila) ; 2. Casque de Ferdinand le Catholique (Madrid) ; 3. Estocade dite <( à la Valencienne » (Musée de ’ Maison des Coquilles (Salamanque): 6. Pietà, en bois sculpté (Valladolid, ; 7 Pièce de

uan de Padilla (Burgos) ; 9. Statuette en bois de. saint François (Tolède;; lü. Sainte Thérèse d'Avila, sculpture bois ^2. Cathédrale de Grenade : extérieur de la chapelle royale ; 13. Clocher de la cathédrale de Tolède ;

Séville ; 17. Heurtoir (cathédrale de Tolède); 18. Coffret à p®-fums lamé d'argent; r de Charles-Quint (Madrid) ; 21. Armure de joute de l'archiduc Charles, plus tard 23. Fronton de l'église San-Maitino (Salamanque).

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par l'Atlantique ; à l'E. et au S.-E. par la Méditerranée. Sa frontière occidentale est limitée par le Portugal. L’Espagne a une superficie de 504.520 kil. carrés, y compris les Baléares, et une population de 10.590.000 h. (Espagnols). C’est un plateau granitique ou calcaire, d'une hauteur moyenne de 700 m.. et que découpent en compartiments les monts Il^ériques, les monts Cantabres et les sierças d'EstrelIa, Morena, Nevada, et qu'arrosent le Minho, le Douro, le Tagc, le Guadiana, le Guadalquivir, le Scgura, l'Ebre. Le climat est inégal et souvent froid sur les plateaux de la 'Vieille et de la Nouvelle-Castille, ou dans les régions déshéritées de la Manche. 11 est au contraire très doux sur les bords de la Méditerranée, dans le bassin de l'Ebre (Aragon), et dans la . vallée du Guadalquivir, la fertile Andalousie, etc., qui sont les régions véritablement riches de lEspagne. La péninsule produit divers métaux, notamment du fer, du mercure et du cuivre, des vins renommés (alicante, malaga, xérès), du bois, des céréales, des fruits (oranges, citrons, etc.), de l’huile d'olive, etc.

L'Espagne est une monarchie constitutionnelle. Le pouvoir exécutif y appartient au roi, le pouvoir législatif à deux Chambres : le Sénat et le Congrès, dont la réunion forme les Cortès. Au point de vue administi'atif, elle se divise en 47 provinces (49 en comptant les Baléares et les Canaries). Les colonies espagnoles, jadis si vastes, ne comprennent plus aujourd'hui que les possessions de l'Afrique occidentale insulaires (Fernando-Po, Annobon) et continentales (Maroc, Rio do Ouro, Rio Mouni).

— II. Histoire. Les plus anciens habitants connus de l'Espagne furent les Celtibériens. mélange de Celtes et d'Ibères. De bonne heure, les Phéniciens et les Grecs fondèrent des colonies et des comptoirs sur les côtes ; puis, au v® siècle, Carthage y établit sa prépondérance. Elle en fut chassée par les Romains, et l'Espagne ne changea plus de maître jusqu'à l'invasion des Alains, des Suèves et des Vandales. Ces derniers s'établirent dans la région appelée de leur nom Andalousie (409). Vers la même époque, les Wisigoths fondèrent un puissant Etat, qui fut détruit par l'invasion des Arabes en 711 (bataille de Xérès). L'histoii-e de l'Espagne jusqu'au xv® siècle se résume dès lors dans la lutte du califat de Cordoue contre les chrétiens cantonnés dans les Asturies. Ceux-ci avaient réussi peu à peu à former des royaumes (Aragon. Castille, Léon, Navarre), et à contre-balancer l'influence musulmane. En 1492, Ferdinand et Isabelle, dont le mariage avait, dès 1469, réuni sous le même sceptre l’Aragon et la Castille, s'emparèrent de Grenade et chassèrent enfin les Maures de la péninsule. La ruine des Maures avait coïncidé avec la découverte de l’Amérique. La domination espagnole ainsi constituée atteignit son apogée et sa plus grande extension coloniale sous

Armoiries de l’Espagne.

Soldats espagnols : 1. Lancier; 2. Dragon; 3. Hussard; 4. Fantassin; 5. Garde civil; 6. ArtiUeur; 7. Iniauterie au Maroc.

Charles-Quint et Philippe II, qui rêvèrent de rétablir à leur profit la monarchie universelle. A l’extinction de la maison d'Autriche (liOü), dont les derniers représentants avaient assisté à la décadence économique du royaume, les Bourbons montèrent sur le trône d’Espagne dans la personne de Philippe V ; ils relevèrent quelque peu le pays, mais en furent chassés par Napoléon I®®, qui y établit Joseph Bonaparte (1804). Après la restauration de 1814, Ferdinand VII, lors de, la révolution de 1820, prêta serment à la constitution ; mais le duc d’Angoulême fit une expédition en Espagne et y rétablit la monarchie absolue (1823). Dans l'intervalle, les colonies espagnoles de l’Amérique s’étaient rendues indépendantes. En 1833, Isabelle r-emplaça Ferdinand Vil sur le trône et y demeura trente-cinq ans, malgré les efforts de don Carlos, frère du roi défunt. La révolution de 18G8 la renversa, et le maréchal Serrano garda le pouvoir exécutif jusqu'à l’avènement d’Amédée 1'® (1870). Celui-ci ayant abdiqué (1873), la république fut proclamée, et une insurrection carliste éclata, qui fut écrasée au profit d’Alphonse XII. Le fils pos¬

thume de ce monarque, né en 1886, régna sous la régence de sa mère Christine à partir du jour même de sa naissance, sous le nom d'Alphonse Xlll. En 1898, la guerre contre les Etats-L'nis fit perdre à l'Espagne Cuba et les Philippines. Alphonse XIII a épousé en 1906 la princesse Victoria-Ena de Battenberg.

— III. Littérature. Très ancienne, la littérature espagnole a subi à ses débuts l'influence française. La poésie épique chante Charlemagne et Roland, et les héros nationaux : le Cid, Bernardo del Carpio ou les infants de Lara. Les plus anciennes épopées sont ; le Poème du Cid xi® s.), la Chronique rimée, le poème de Fernand Gonzalez (xiii® s.). La poésie lyrique fleurit dès le xi® siècle, à l'imitation des troubadours provençaux. De ce temps date le genre national des romances, poésies lyriques populaires. L'influence arabe se trahit dans les ouvrages didactiques. Les principales œuvres en prose sont les travaux d'Mphonse X le Savant, le Comte Lucanor de D. Juan Manuel. Le xiv® siècle a deux poètes remarquables ; Jean Ruiz, archiprètre de llila et Pedro Lopez de Ayala. Au xv® siècle, Lopez de Mendoza, le marquis de Villena, Juan de Mena sont les principaux lyriques ; la prose est représentée par des chroniques, des biographies, des ouvrages de morale ou de théologie. La grande époque de la littérature espagnole va de l'avènement de Charles-Quint (1619) à la mort de Philippe IV (1665). La poésie se met à l'école des Italiens avec Boscan Almogaver, Garcilaso de La Vega, Fernando de lleiTera. La poésie populaire se manifeste en de nombreuses romances, réunies

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Alphabet espagnol. (Noms des lettres.)

dans le Romancero général de 1600. Les poètes épiques sont : Ercilla, Valbuena, Villena, La Cueva, Mesa. La littérature dramatique est particulièrement brillante avec Ferdinand de Rojas, Juan del Encina, Lucas Fernandès, Gil Vicente, Torrès Naharro, Guillen de Castro, Lope de Vega, Tirso de Molina, Alarcon, Velez de Guevara, Moreto, Rojas y Zorilla, Amescua, Montalvan et Calderon. Le roman est aussi en honneur : chevaleresque comme TAniadis. rédigé par Montalvo, ou la Diane de Montemayor, réaliste comme les romans picaresques de Hurtado de Mendoza, Aleman, Espinel, Quevedo et surtout le Don Quichotte, de Cervantes. La prose est encore représentée par les chroniques et par les traités mystiques (Juan de Avila, Luis de Léon, Luis de Grenade). La décadence se manifeste à la fin de cette époque par les progrès de la préciosité (conceptisme, gongorisme, cultisme), avec Ledesma, Gongora, Balthazar Gracian. Elle se précipite dès le règne de Charles II. Les écrivains se partagent en imitateurs du classicisme français avec Luzan et en défenseurs de la tradition nationale avec La Huerta. Citons les fabulistes Yriarte et Samaniego, le P. Isla, critique satirique. A la fin du xviii® siècle et au commencement du xix® siècle, on rencontre Jove Llanos, Melendez Valdez, Ramon de la Cruz, Leandro de Moratin et Quintana. Entre 1830 et 1850, le romantisme est introduit en Espagne par Martinez de La Rosa et le duc de Rivas. La poésie lyrique est illustrée parEspronceda. La Avellaneda, Zorilla; le drame par Gutierrez Garcia, Hartzenbusch, Escosura, Gil y Zarate ; la comédie par Herreros, Ventura de La Vega. La tradition romantique est continuée à la génération suivante par Echegaray. Puis la littérature se rapproche davantage de la réalité et de l’observation dans les poèmes de Campoamor, les romans de Fernan Caballero, Trueba, Ferez Galdos, Pereda, Blasco Ibaiiez.

— IV. Beaux-Arts. Architecture. Les Romains laissèrent sur le sol espagnol de nombreux monuments. A la suite des invasions barbares, les Wisigoths préparaient, le christianisme aidant, une rénovation de Tait, lorsque l’Arabe vint imposer, pour cinq siècles, sa civilisation et son art, qui du vin® au XIII® siècle, se développa en Espagne avec une richesse inouïe. Les mosquées de Cordoue et de Séville, l’Alhambra et le Généralife de Grenade montrent encore la légèreté et l’ingéniosité de l'architecture arabe. Ce n’est guère qu'au xi® siècle que Tart chrétien commence à prendre pied au nord de la péninsule. Une foule d’églises s’élevèrent, dans un style qui rappelle celui de la Provence et de l'Aquitaine, puis peu à peu l'architecture chrétienne se laisse influencer par Tart arabe. A la période romane appartiennent Saint-Jacques de Compostelle, Saint-Isidore de Léon ; à la période ogivale, les cathédrales de Burgos, de Tolède, de Léon, de Séville. La Renaissance, en se combinant avec les types précédents, déjà très riches, crée ce style hardi et vivant qu’on a appelé plateresque (ou d’orfèvrerie), puis l'architecture espagnole se modèle sur l'Italie, tempère sa fougue, et devient sévère sous Philippe II (TEscurial). Au xvii® siècle, le style baroque envahit l'Espagne.

Sculpture. Négligée sous la domination musulmane, la sculpture se développe d'une façon originale à la Renaissance, surtout dans l’ornementation tombale. L'exemple de Michel-Ange et des Italiens introduit plus de simplicité dans la verve espagnole ; Berruguete, Becerra au xvi® siècle ; Hernandez et Montanez au xvii®, sont les noms à citer.

Peinture. C'est surtout dans cet art que se distingua le génie espagnol. Après avoir subi l'influence des Flandres, puis celle de l’Italie avec Berruguete, Campana, Vargas, Joanez, Coello, Navarrete, il manifeste toute son originalité au xvii® siècle, son réalisme, sa couleur à la fois éclatante et sombre. L'école de Séville domine .cette époque. Citons Pacheco. Zurbaran, Alonso Cano, puis Velasquez, Murillo, Ribera. Ensuite la peintiire décline jusqu'à Francesco Goya, génie prime-sautier, et encore après

lui, malgré Fortuny, jusqu’au renouveau qui s’esi pi’oduit à la fin du xix® siècle avec Raimundo de. Madrazo, Ulpiano Checa, Sorollay Bastida, Zuloaga. et l'illustrateur Daniel Vierge.

Musique. L'art musical est essentiellement original. H commença à se manifester dans le genre religieux, dès le vu® siècle. Au xin® siècle, Alphonse X de Castille composa des cantiques. Les XV® et XVI® siècles comptent des théoriciens et des compositeurs éminents, tels que Morales, Guerrero, Cornes, Victoria, Cabezon. Le xvii® siècle est la belle époque des organistes de la musique sacrée, et aussi de la guitare. Le xviii® siècle voit introduire en Espagne l’opéra italien : mais Tart national ne se laissa pas absorber et brilla dans des genres propres : tonadiUas et zarzuelas. Le xix® siècle ne fut pas moins fécond en compositeurs et virtuoses, parmi lesquels Pedrell, Albeniz et plus récemment Granados.

Marche royale espagnole.

Hymne national espagnol. L’hymne national espagnol n’a pas de paroles ; l'auteur est inconnu. On raconte que le Grand Frédéric aurait envoyé cette composition à Charles III, qui l’aurait acceptée et en aurait fait laMarche royale espagnoleenusage depuis.

Espagne [Guerre de la succession d'). V. succession.

Espagne (Jean-Louis-Brigitte d’), général français, né à Auch (1769-1809). Il se distingua pendant, les guerres de la Révolution et de l'Empire, conquit le titre de comte et fut tué à la bataille d'Essling.

EspagpiOl, e [ès-pa], habitant ou originaire de l’Espagne ; les Espagnols. Adjectiv. : la fierté espagnole. N. m. La langue espagnole ; parler couramment l'espagnol. N. f. Sorte de coulis, de sauce brune, qui entre dans la préparation de diverses sauces. Race espagnole, race de gallinacés très élégants de formes, mais qui sont plutôt des sujetsd’amateurs, leur élevage n’étant guère rémunérateur et, par contre, exigeant de grands soins.

— Encycl. L’espagnol est une langue romane parlée par 80 millions d individus, en Espagne, dans l’Amérique du Sud, dans l’Amérique centrale, au Mexique, etc. Il comprend des dialectes (galicien, asturien, andalou, aragonais, etc.). C’est une langue sonore et énergique, propre à 1 expression poétique et oratoire.

Espagnolet (V), surnom de Ribera.

espagnolette [ès-pa-gno-U-te] n. f. Tige de fer à poignée, servant à fermer ou à ouvrir les châssis d’une fenêtre. Espèce de droguet ou de ratine fine.

espagnoliser [ès-pa, zé] v. a. Rendre espagnol.

espagnolisme [ès-porgno-lis-me] n. m. Tournure de phrase propre à la langue espagnole.

espale [ès-pa-le] n. f. (ital. spalla). Plate-forme des galères, comprise entre le dernier rang des rameui-s et la poupe.

espalet [ès-pa-fé] n. m. Saillie que présente le bien d’une arme à feu, et qui a pour objet de limiïi’ le mouvement de cette pièce, espalier rès-pa-H-é] n. m. (itat. spalliere). Ranée d'arbres fruitiers appuyés contre un mur, un •eillage : les fruits d'espalier mûrissent plus rapi' ement que les autres. Ce mur lui-même.

— Encycl. Arbor. Ce mode de culture est pratiquén général pour les arbres ou arbustes qui ne mûrilient pas leurs fruits en plein vent ou dont on veut btenir des produits — r-^ — i — vmi— t— n i i

récoces, et principaiment dans les régions ui s’éloignent du Midi, in cultive ainsi le pomlier , le poirier , le guier, l'abricotier, le ècher, la vigne. Les lurs sont blanchis ,

our renvoyer le plus Arbre en espalier,

ossible de chaleur au , .

mit, et pourvus d'un treillage en fil de fer galvanisé, luant à la forme qu’on donne aux arbres (éventail,, almette, etc.), c’est la taille qui la détermine,

11 importe que le mur d un espalier, orienté g plus souvent dans la direction N.-E.-S.-O., soit pais (afin d’absorber pendant le jour la plus grande uantité possible de chsdeur solaire), qu il soit ecouvert à la surface de plâtre bien uni, ou pourvu 'un treillage, et que sa hauteur ne mesure pas loins de 2”, 50. Le mur est surmonté d'un auvent n brique ou en bois, qui ègne sur toute sa longueur, t dont la saillie est de 0““,3Ü nviron.

On remplace parfois les surs en maçonnerie par des nurs en verre, de façon à lermettre la culture sur les leux faces de Tespaller.

espalier [és-pa-Zi-éJn.m.

)ans les anciennes galères,

Iiacun des deux galériens [ui réglaient les mouvements rameurs.

Espalion [és-paj, ch.-i.

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Armes d’Kspalion.

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iEspalionais). Ch.de f. M, Laines. —L'arr. a 9 cant., 50 cotnm., 52.020 h. Le cant. a 7 coram. et 9.830 h.

espalme [és-pal-me] n. m. Suif mêlé de goudron pour calfater les vaisseaux.

espalmer [és-pal-mé] v. a. Nettoyer la carène ou une partie quelconque d’un navire et l'enduire d espalme. Astiquer un canot avec la paume de la main.

espalmeur [és-pai] n. m. Celui qui espalme un navire.

Espaly-Saint-Marcel, comm. de la Haute- Loire, arr. et à 2 kil. du Puy, sur la Borne ; 1.890 li. Célèbres colonnes basaltiques, dites orgues d'Espahj.

espar, espart [ès-p)nr] ou épart [parj n. m. (allem. sparren). Levier à l'usage de la grosse artillerie. Mar. Longues pièces de bois de sapin.

Esparbès (Thomas Esp4rbês, dit Georges d’), littérateur français, né à Valence-d’Agen en 1804 : auteur de récits militaires vibrants, et concernant surtout l’époque napoléonienne : la Légende de r Aigle, les Demi-solde, la Guerre en dentelles, la Légion étrangère.

esparcet [ès-par-sè] ou éparcet [sè] n. m. esparcette [ès-par-sé-(ej ou éparcette [sè-te] n, f. Nom vulgaire du sainfoin des prés.

espargoute [ès-par] ou spargoute n. f.

Nom vulgaire de la spergule.

espart OU 6sp£irs [ès-pcET*] n. m. Cheville de bois, dont les teinturiers et les blanchisseurs se servent pour tordre les écheveaux et les tissus au sortir des bains de teinture ou autres.

Espartero [ès-par-té]

{ Baldomero ) , duc de la Victoire, général et homme politique espa^ol, régent de la reine Isabelle de 1841 à 1843, né à Granatuba, m.

àLogrono {1792-1879).

espartille n. f. syn.

de ESPADIULLE.

espatage [ès-pa] n, m.

Amincissement des plaques de tôle.

espatard, [ès-pn-tar] Espartero.

n. m. Forg. Tête en fonte,

d'un gros martinet. Tas en fonte sur lequel frappe le martinet. Cisailles mécaniques tranchant les barres de fer.

espece fés-pè-se] n. f. (lat. specîes). Division du genre ; l'espèce se subdivise en variétés. Réunion de plusieurs êtres, de plusieurs choses qu'un caractère commun distingue des autres du même genre : esp'ece humaine. Sorte, qualité ; bonne espi;ce de fi'uits. Fam. Personne méprisable : se compromettre pour une espèce. Une espèce de... quelque chose comme. Se dit souvent en mauvaise part : une espèce de banquier. Se dit explétivement en termes de mépris : espèce d'imbécile ! L'espèce humaine, le genre humain. Fam. L'espèce femelle, les femmes. Dr. Point spécial en litige. Pharm. Mélange à parties égales, le plus souvent de substances végétales ayant les mêmes propriétés. PI. Monnaie d’or ou d'argent : payer en espèces ; espèces sonnantes. Théol. Apparence du pain et du vin après la transsubstantiation.

— Encycl. Biol. On peut définir l'espèce : « Ensemble de tous les individus qualitativement identiques et ne présentant entre eux, dans leurs éléments vivants, que des différences quantitatives ». Mais l’insuffisance de la science actuelle rend difficile l’étude qualitative des espèces vivantes. Aussi a-t-on cherché une définition applicable. On sait que des individus très différents ne se reproduisent pas entre eux, que des individus plus voisins peuvent avoir des accouplements féconds, enfin que si les deux conjoints sont très voisins, de la même espèce, leurs produits sont eux-mêmes féconds. (V. métis, HYBRIDE.) La définition est la suivante : appartiennent à une même espèce les individus capables de reproduire par la génération d'autres individus aptes à se propager à leur tour.

Espelette [ès-pe-lè-te). ch.-l. de c. (Basses-Pyrénées), arr. de Bayonne, sur la Laxa. affi. de la Nive ; 1.310 h. — Le cant. a 7 comm. et 8.710 h.

Espen [és pènj (Zeger-Bernard Van), jurisconsulte belge, né à Louvain, m. à Amersford (164()- 1728). On lui doit de remarquables traités de droit ■ecclésiastique.

espérable [ès-pé] adj. Que l’on peut espérer : chose, réussite espérable. (Peu us.)

©Spérance [ès-pé] n. f. (de espérer). Attente d'un bien qu’on désire ; l'espérance est une grande consolatrice. Objet de cette attente : c'est toute mo7i espérance. En espérance, en perspective. L'une de.s trois vertus théologales. N. f. pl. Accroissement dont est susceptible le bien de quelqu’un, héritage possible : oneZe, tante à espérances. Donner des espérances, se dit d'une personne jeune, bien douée, qui semble appelée à jouer un rôle brillant. Aldus. LiTTÉR. : V. LASciATE et Paxdore. Allus. hist. : Alexandre se réservant l’espérance. Avant départir pour son expédition, Alexandre distribua à ses amis tout ce qu’il possédait, et comme on lui demandait ce qu'il se réservait : « L’espérance », répondit le héros. Ce mot est devenu la devise de ceux qui se lancent dans des entreprises hasardeuses, avec les seules ressources de leur intelligence. Ant. Désespérance, désespoir.

Espérance [sainte] (en lat. Spes), vierge et martyre à Rome au ip siècle. Fête le 1^*“ avril.

Espérandieu [ès-pé] (Jacques-IIenri), architecte français, né à Nîmes, m. à Marseille (1829-1874), élève de ’Vaudoyer. On lui doit à Marseille la construction de la chapelle de Notre-Dame de la Garde, 6.Ù Sainte-Marie Majeure et le superbe palais de Longchamp.

espérant {ès-pé-ran)., eadj. Qui a de l'espoir, qui espère. (Peu us.)

espérantisme [Zis-nze] n, m. Doctrine des partisans de l’espéranto. Ensemble des partisans 5^ l’espéranto.

espérantiste [D>Ze] adj. et n. Qui a trait à l’espéranto : C07igrès espérantiste. Partisan de l’espéranto : le ixomhre des espéraxxtistes axigmcxxte toxxs Ps jours.

espéranto [ès-pé] n. m. Langue internationale,

dont le nom, qui signifie celui lui esp'vre, a été d’abord le pseudonyme du fondateur, le D'' Zamenhof.

— Encycl. Fondé vers 1887, ce langage conventionnel, destiné aux relations internationales, tient en seize règles, et la grammaire, très simple, se borne à fixer la dérivation et les flexions des mots. L’auteur a pris dans les langues les plus répandues les racines les plus familières, qu’il écrit phonétiquement, et il ajoute à la racine une terminaison qui indique si le mot est un substantif (0), un adjectif (a), un adverbe (e , un verbe (î). si l'action est au présent (os), au passé {is}, au futur {os), etc.

Espéraza^ comm. de l’Aude, arr. et à 20 kil. de Limoux, sur l'Aude; 2.300 h. Ch. de f. M. Vins.

EspercieuX (Jean-Joseph), sculpteur français, né à Marseille eu 1757, m. à l*aris en 1840. On lui doit : la Victoire et la Paix, orangeiûe du Luxembourg : les bas-i*eliefs de la fontame du 77iarché S a int- Gerxna in .

espère [èi’-/jé-re] n. f. Mot employé par les Méridionaux dans la locution A l'espère (à l'affùl).

espérer [ès-pé-ré] v. a. (lat. sperare — Se conj. comme accélérer.) Attendre. (Vx. — S’est conservé en ce sens dans le Midi et dans le langage des marins : espéi'er le facteur; espère, espère, je viens.) Désirer et attendre comme probable : espérer le succès. V. n. Espérer en, placer son espérance dans : espérer en Dieu. Ant. Désespérer.

esperlucat [ès-pér~lu-ka] n. m. (m. provenç.). Celui qui a l'œil ouvert, qui est difficile à tromper. (Vx.)

esperluète [é5-;iôr] ou perluète ïpèr] n. f. Nom que l’on donnait dans les écoles élémentaires au caractère &. qui représentait le mot et et terminait l'alphabet.

Éspérou [ès-pé] (mont de V), massif des monts du Gévaudan, où naît l'Hérault ; 1.227 m.

espiègle [ès-pi] adj. (de l’allem. Euleiispiegel, personnage de roman). "Vif, éveillé, aimant à faire des malices : enfant espiègle. Fait ou dit avec malice, finesse : réponse espiègle. Substantiv. Personne espiègle : une petite espiègle.

espièglerie [és-pi-é-g le-rî] n. f. Action, tour d’espiègle ; il faut être indulgent aux espiègleries des enfants.

Espierres, comm. de Belgique (Flandre-Occidentale, arr. de Courtrai), sur TEscaut ; 1.200 h.

espiguette {es-pi-gnè-te] n. f. Nom vulgaire de plusieurs champignons du genre clavaire.

EspiïiaS (Victor-Alfred), philosophe français, né à Saint-Florentin [Yonne] (1844 1922), membre de l’Académie des sciences morales (1905) ; auteur de remarquables études de philosophie sociale : les Sociétés animales, etc.

Espinasse [és-pil (Charles), général français, né à Saissac (1815-1850). Il seconda Louis-Napoléon au coup d’Etat du 2-Décembre, fut ministre de l'intérieur en 1858 et fit voter la loi de siireté générale. Il fut tué à Magenta, où il commandait une division du corps de Mac-Mahon.

Espinel [és-

pi-nèl] (Vicente), romancier et poète espagnol, né à Ronda, m. à Madrid (1551-1634) ; auteur de Do7i Mareos de Obrégon, prototype de GU Blas.

espingole [ès-jmi] n. f. (peut être de espringale). Gros fusil très court, à canon évasé depuis le milieu jusqu’à la bouche (xvie s.). Mar. Arme à feu ancienne en bronze, montée sur pivot. V. tromblon.

Espingole.

GS'plXigOliQT [ès-pin-gho-li-é] n. m. Soldat armé d’une espingole.

EspinoSSt (Diego de), homme d'Etat espagnol, né à Martininos de las Posadas (1502-1572). Inquisiteur généi’al d’Espagne et cardinal, il fatigua Philippe II par sa hauteur et tomba en disgrâce.

Espinosa de los Monteros, ville de la Vieille-Castille (Espagne) ; 4.000 h. Victoire du maréchal Victor sur les Espagnols (1808).

Espinouze [è.ç-pi] (mont de l’), massif des Cévennes méridionales, dans les départ, de l'Hérault, du Tarn et de l'Aveyron. Point culminant, 1.126 in.

espion, oxine [ès-pi-07x, o-né\ n. (ital. spio7ie). Qui se mêle parmi les ennemis pour épier. Agent secret de la police, chargé d’épier certains personnages. Personne qui épie, observe tout. Miroir incliné que l'on pose devant un étalage, sur le rebord d'une fenêtre, etc., de manière à observer les gens.

espionnage [ès-pi-o-7ia-je] n. m. Métier d’espion : pratiquer V espion7iage.

— • Encycl. Milit. L’espionnage est l'ensemble du service au moyen duquel on cherche à se rendre compte des ressources et des projets d’une armée ennemie en temps de guerre, ou d'une nation étrangère en temps de paix. Ce service, sous des noms divers (section de statistique, service des renseignements, etc.), existe à l'état-major de presque toutes les armées. Les attachés militaires en sontles agents officiellement accrédités. A côté d'eux travailleut des officiers qu’on charge de missions secrètes d'études et de recherches, qu'ils remplissent à leurs risques et périls ; mais la plupart des espions sont des individus n'offrant aucune garantie de capacité ou de fidélité, et qu'il convient de contrôler les uns par les autres, au moyen d'un service de contreespionnage.

En temps de paix, l'espionnage constitue un délit puni de deux à cinq ans de prison et d'une amende de 1.000 à 5.00Ü francs.

En temps de guerre, l'espionnage est puni de la peine de mort et soumis aux conseils de guerre ou aux cours martiales. La tentative d’espionnage et souvent le recel des espions sont punis comme l’espionnage.

espionner v. a. Epier les actions,

les discours d'autrui, pour en faire son rapport, son profit : espionner l'ennemi.

Espira-de-l’Agly, comm. des Pyrénées- Orientales, aiT. et à 10 kil. de Perpignan 1.550 h. Ch. de f. M. Vignobles.

Espirito-Santo, prov. du Brésil ; 130.000 h. Ch.-l. Nossa-Senkora-da- Victoria.

Espitalier (Georges)* officier français, né aux Sables-d'Oloniie en 1849 ; auteur de nombreux travaux techniques sur l'aviation.

ESP

esplanade fés-pia]n. f. (liai, spianata). Terrain plat, uni et découvert, au devant de fortifications ou d'un édifice : l'esplanade des Invalides, à Paris.

Esplas, comm. de TAriège, arr. et à 25 kil. de Saint-Girons, non loin de l’Arize ; 1.210 h.

Esplecllin, comm. de Belgique (Hainaut. arr. de Tournay); 1.350 h. Une trêve y fut signée entre la France et l’Angleterre après la bataille de l'Ecluse (1340).

espoir [ès-pofr] n. m. (de espérer). Action d'espérer quelque chose : être soutenu par l'espoir d'une récompense. Sentiment qui porte à espérer ; perdre tout espoir. Fig. Personne ou chose en qui 1 on espère. qui fait l'objet de l'espérance : 6 mon fils, cher espoir. Aldus, littér. :

Quittez le long espoir et les vastes pensées, vers de la belle fable de La Fontaine : le Vieillard et les Trois jeunes hommes. 11 s’appliquerait à ceux à qui l'âge ne laisse plus que peu d'années à vivre et qui auraient tort d’entretenir des espérances, de former des projets dont la réalisation est lointaine.

espole [ê.s-po-ie] ou espoule [ès-poM-/e] n. f. Fil de la trame d’une étoffe.

espolette [és-po-/é-te] n. f. Fusée de projectile creux ou incendiaire.

espoleur [è«-po] n. m. Ouvrier qui garnit de fils les espolins.

espolin [ès-po] ou ospoulin [ès-pou] n. m. Tube de roseau sur lequel on déroule les fils de la trame. Petite navette pour le tissage des étoffes brochées.

espolinage [ès-po] ou espoulinage [rs-poM] n. m. Action d'espollner.

espolinandé [és-po] ou espoulinande n. f. Ouvrière qui charge et dispose les

espolins.

espoliner [ès-po-H-né] ou espouliner [éspou-li-né] V. a. Brocher une étoffe à l’aide des espolins.

esponton [és-pon] n. m. (ital. spuntone). Arme d'hast de la catégorie des épieux, demi-pique que portaient, sous l’ancien régime, les bas officiers de gens de pied. Partie inférieure d’une grille de fer, terminée en forme de fuseau.

Espouy (Hector d’), architecte français, né à Sailcs-sur-Adour, en 1854, auteur d'une Restauration de la Basilique de Constantin.

Espréménil [ès-pré-mé-nil'] (Jean- Jacques Doval, d’), conseiller au parlement de Paris, né à Pondichéry, m. à Paris (1746-1794). Député de la noblesse à la Constituante, il fit aux idées de 1789 autant d’opposition qu’il en avait fait au gouvernement de Louis XVI, et fut guillotiné.

espression© tcon) [/ton’-és-prè-sio-né] (mots ital.) loo. adv. Musiq. D’une manière expressive.

espreSSi'VO [és-prè-si] adj. (mot ital. signif. expressif ). Musiq. Expressif, plein de sentiment. Adv. : jouer espressivo.

espringale [és-prinj n. f. (deTalIem.

springen, sauter). Au moyen âge, sorte de baliste qui était une grosse arbalète à treuil, montée sur un chariot. Au xv siècle, nom donné à une petite pièce d’ar t i 11 eri e montée sur un étrier de fer formant fourchette, esprit [ès-

f»nj n. m.( du at. sph'itus , souffle). Substance incor- Espringale (1000).

porelle : Dieu,

les aixges, l'âme humaine S07it des esprits. Etre imaginaire, comme les revenants, les génies, les sylphes, les gnomes, etc. ; croire aux esprits. Souffle vital, âme. Principe pensant : L'esprit hujnahx est cahable d'un progrès contmu. Rendi'e l'esprit, mourir. Perdre l'espi'it, se troubler, devenir fou. Pti'dre ses esprits, s’évanouir ; éprouver un trouble extrême. Reprendre ses esprits, revenir à la vie ; se remettre d’un trouble. L’esprit yublic, ce que pense une nation de ses intérêts, de son avenir. Faculté de concevoir avec rapidité et d'exprimer d'une manière ingénieuse : avoir de l'espx'it. Avoir l'esprit de l'escalier, trouver trop tard (quand on s’en va) ce qu’il aurait fallu dire, faire. Humeur, caractère : espxit remuant. Aptitude pour : avoir l'esprit du commerce. Tendance propre et caractéristique : l'espi'it d'u7i siècle; l'esprit de dénigrement. Esprit de corps, attachement exclusif aux principes d'une corporation. Intention dans laquelle un livre est conçu ; ouvrage écint dans un esprit perfide. Sens, signification : entrer daxxs l'es^it de la loi. Esprit de vertige, fol égarement. Boxx ou mauvais esprit, habitude et amour du bien ou du mal, des opinions saines ou dangereuses : population animée d'u7i xnauvais esprit. Bon esprit, sage pensée : avoir le bon esprit de se taire. Tour cTespi'it, disposition, humeur, jugement spécial. Px'ésence d'esprit, promptitude à comprendre et à juger ce qu'il faut dire ou faire. Bel esprit, celui qui a des prétentions à l'esprit : les beaux esprits so7it com- 7)iU7is (adjectiv. :u7xe femme bel esprit). Esprit fort, celui qui veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. Esjn'it 7nalin, espi'it des téxx'ebres, Satan. EspHt follet, lutin. Esprit du foye7\en Chine, génie qui veille sur les actions d'une maison. Esprits frappeux's, âmes des morts qui manifesteraient leur présence en frappant contre les meubles, les murs, etc., ou écriraient en quelque sorte leur pensée en frappant un coup pour A, deux coups pour B, etc. Chiax. La partie la plus volatile des corps soumis à la distillaiion. Esprit de vixx, alcool. (L'Acad. écrit espritde-vin. Comme elle écrit sans trait d’union les mots esprit de bois, esprit de sel, etc., nous ne voyons aucune raison de maintenir cette anomalie.) Esprit de bois, alcool méthylique. Esprit de sel, acide qu'on retire du sel marin, acide chlorhydrique. Gram. Esprit rude, signe qui marque aspiration dans la

Esponton.

ESP

ESS

langue grecque. Esprit doux, signe contraii'e. N. m. pl. Esprits animaux, vitaux, ou absolura. esprits, d'après 1 ancienne physiologie, esprits très subtils qui portaient la vie du cœur et du cerveau aux membres. Prov. : L’esprit court les rues, rien n'est moins rare que les gens d’esprit. Allus. littér. :

L’esprit qu’on veut avoir gâte celui qu’on a, vers de Gresset {le Méchant, I^V, 7). Quiconque fait des efforts pour paraître spirituel paraît moins spirituel qu'il ne l'est réellement. (V. en outre spiritus,

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