‹ Larousse universel en 2 volumesChapitre 799 sur 1225 · FAB · texte numérisé non relu

FAB

FAÇ

les Latins, t’iièdre, contemporain d'Auguste, se borna à polir la matière des fables d'Esope, Par l'intermédiaire des compilations latines, le fabuliste grec fut si populaire au moyen âge, qu'on appela ysop 'ts tous les recueils de fables : par exemple, celui de Marie de France (xip s.). A la Renaissance, ce sont Marot et Régnier qui furent les véritables précurseurs de La Fontaine. Celui-ci demeure, dans le genre, le maître que personne n'a pu égaler. La fable fut encore cultivée au xvii» siècle par Fénelon, Benserade, Perrault, Senecé, et au xviip siècle par Florian, Lamotte, Richer, Aubert, etc. La fable tend à devenir une forme raffinée de l'épigramme. Telles sont, au XIX® siècle, les fables d'Arnault, Lachauibeaudie. Vienne!. Les fables de Ratisbonne {Comédie enfaniine) s'adressent à l'enfance. La fable a été cultivée aussi avec succès à l'étrtinger : en Angleterre par Gay, Johnson, Moore ; en Allemagne par Lessing, Gellert, Hagedorn, Lichtwer, Pfelîel ; en Hollande par Jacob Katz ; en Espagne par Ruyz de Hita, Yriarte, Samaniego ; en Italie par Pignotti ; en Russie par Krilov.

Fables de Pilpay ou Bidpaï. L’original de cet ouvrage, composé en sanscrit, a été traduit en diverses langues, mais la traduction arabe est surtout célèbre.

Fables d'Esope, apologues grecs, empruntés aux Orientaux et attribués à Esope, mais arrangés patdivers auteurs. Ces fables furent recueillies par Démétrius de Phalère (vers l'an 320 av. J.-C,), mais le recueil actuel est dû au moine Planude (xiv® s.). Ce sont des récits en prose, brefs et sentencieux.

Fables de Babrios. Ce sont les fables d'Esope mises en vers. Elles ont été découvertes en 1843 dans un couvent du mont Athos par un philologue grec au service de la France.

Fables de Phèdre, apologues où le fond l'emporte presque toujours sur la forme ; la langue en est assez pure, mais sèche et froide (t®® s.).

Fables de Lokman, apologues arabes, originairement écrits en persan, et qui semblent être une reproduction des fables d'Esope.

Fablesde Marie de France, composéesen Angleterre à la fin du xii® siècle, imitées de Phèdre et aussi d'un grand nombre de récits populaires et de contes orientaux. Lamoraleen est généreuse, le style élégant etpur.

Fables de La Fontaine, compositions inimitables {1668'16‘j3), l'éternel chef-d'œuvre du genre, et qui sont, comme il l'a dit lui-même :

Une ample comédie en cent actes divers... d'une admirable et charmante variété de ton et de forme. Elles contiennent, à côté de tant de fines et profondes observations sur l'homme de tous les temps, l'expression sobre, mais exquise, du sentiment de la nature. La langue, nourrie de la lecture des vieux auteurs français, est celle d'un artiste délicat et incomparable, patient et inspiré.

Les plus connues et les plus remarquables de ces fables sont ; la Ciaale et la Fourmi ; le Corbeau et le Renard; V Birondelle et les Petits Oiseaux ; le Loup et le Chien; le Loup et l'Agneau; le Renard et la Cigogne; la Mort et le Bûcheron; le Chêne et le Roseau; le Lion et le Moucheron ; la Chauve-Souris et les Deux Belettes ; le Lièvre et les Grenouilles ; le Meunier, son Fils et l'Ane ; le Chat et le Vieux Rat; le Loup et la Cigogne; le Jardinier et son Seigneur; l'Alouette et ses Petits; le Loup, la Mère et l'Enfànt; le Pot de terre et le Pot de fer ; le Renard ayant la Queue coupée ; l'Ours et les Deux Compagnons ; la Rouleaux œufs d'or; Phébus et Borée; le Cochet, le Chat et le Souriceau ; le Lièvre et la Tortue ; les Animaux malades de la peste; le Rat qui s'est retiré du monde ; le Héron ; le Coche et la Mouche ; la Laitière et le Pot au lait ; le Chat, la Belette et le Petit Lapin; le Savetier et le Pinancier ; les Deux Pigeons; le Gland et la Citrouille ; le Singe et le Chat ; la Tortue et les Deux Canards ; lé Paysan du Danube ; le Vieillard et les Trois Jeunes hommes ; le Berger et la Mer; le Petit Poisson et le Pêcheur ; le lienard et le Bouc ; l'Ane et ses maîtres ; l'Œil dit maître; etc.

Fables de Fénelon, fables en prose, d’un style élégant et fieuri, nourries d’allusions mythologiques, que Tarchevéque de Cambrai composa pour l'éducation du duc de Bourgogne (1701). Citons : les Deux Renards, l'Ourse et le Petit Ours, le Rossignol et la Fauvette. l'Abeille et la Mouche, etc.

Fables de Lamotte (1719). Elles ont donné à leur auteur une place honorable parmi les fabulistes secondaires. Plusieurs vers en sont souvent cités, notamment celui-ci :

L’ennui naquit un jour de l’uniformité.

Fables de Gay, fables anglaises, plus politiques que littéraires, qui jouissent d'une estime méritée (1726).

Fables de Gellert, apologues très appréciés en Allemagne (1746).

Fables de l’abbé Aubert, apologues estimés, dont Voltaire disait,, peut-être avec ironie ; « C'est du sublime écrit avec na'iveté ■>. (17B6-1774.)

Fables de Lessing, fables allemandes, où l’auteur cherche à ramener l'apologue à la simplicité un peu sèche d'Esope (1759).

Fables de Florian, gracieuses fables qui assurent à leur auteur le premier rang, mais assez loin, après La Fontaine ; elles charment par l'esprit, par leur tour élégant, et plaisent par une saine morale. Elles sont l’œuvre d'un homme de goût qui, venant après La Fontaine, a eu la sagesse de ne pas viser au génie (1792). Citons ; le Grillon; la Carpe et les Carvillons ; le Château de Cartes ; l'Aveugle et le Paralytique ; le Lapin et la Sarcelle, etc.

Fables d’Arnault, petits morceaux qui appartiennent au genre philosophique et surtout au genre épigrammaticme (1834) (la Feuille ; le Secret de Polichinelle ; le Colimaçon ; le Chêne et les Buissons ; le Chien et le Chat,' eia.)

Fables de Lachambeaudie, recueil honorable pour son auteur et respirant une morale démocratique [1839J (la Fauvette et le Pinson ; la Robe de l'innocence ; la Cigale, etc.).

Fables, de Vienne! (1843-1865). Une intention, politique se révéle dans presque toutes ces fables: Ce fabuliste est peintre de caractère et peintre de mœurs ; mais il s'inspire aussi d’Esope et de Phèdre, et l'on retrouve dans ses œuvres tantôt la puissance de l’un, tantôt l'ingéniosité de l'autre (les Deux Chiens ; l'Exagération ; le Chat et le Cuisinier ; le Hérisson et la Tortue; le Blaireau et le Renard, ete.).

fablsau [blô] ou.suiv. l'Acad., fabliau [bli-ô; forme picarde, qui tend à disparaître] n. m. (de fable). Petit conte français populaire en vers, du xii® et du XIII® siècle : les principaux thèmes des fableaux se retrouvent dans toutes les langues.

— Excyol. Le plus ancien fahleau, Richeut, date de 1159, mais on peut faire remonter au ix® siècle les origines du genre, dont les spécimens les plus récents sont du xiv® siècle. 11 en reste 150 environ, sur une production qui dut être considérable. Ces récits sont parfois scabreux ; le style en est souvent trivial et le ton grossier. Ils étaient composés par des jongleurs de bas étage, pour un public de manants ou de bourgeois. On n'y rencontre aucune satire cruelle, mais de la bonne humeur, du naturel, une minutieuse peinture des mœurs populaires. On peut citer parmi les plus célèbres ; Estula, le Vilain mire, dont Molière s'est inspiré dans le Médecin malgré lui, Aristote, la Housse partie, la Bourse pleine de sens, etc.

fablier [bli-é] n. m. Recueil de fables : acheter un fablier. Auteur de fables : La Fontaine était né fablier.

Fabre (Jean), protestant célèbre par son amour filial, né à Nîmes (1727-1797). Il prit volontairement la place de son père condamné aux galères pour cause de religion. Il fut gracié au bout de six ans.

Fabre d’Églantine (PMiippe-François-Na-

zaire Fabre dit), poète dramatique et conventionnel français, né à Carcassonne, m: à Paris (1750-1794). La principale de ses comédies, le Philinte de Molière, ne manque ni d'imagination ni de verve. Il est l’auteur de la chanson ; Il pleut, U pleut, bergère. Il réalisa la substitution du calendrier révolutionnaire au calendrier grégorien. et établit la nomenclature des mois et des jours de l'année nouvelle. ( V.calen- ORiEii.) Mort sur l'échafaud, avec les dantonistes.

Fabre de l'Hérault (Denis), conventionnel fran- Fabre d’L'glantiue. çais, né à Montpellier. Envoyé en mission à l'armée des Pyrénées, il fut lué près de l’ort-Vendres, en cherchant à sauver une batterie (1794).

Fabre (Xavier- Pascal), peintre français, né et m. à Montpellier (1766-1837). Il a laissé de remarquables tableaux historiques et mythologiques. Sa liaison avec la comtesse d'Albany est fameuse.

Fabre d’Olivet

(Antoine), littérateur, pUilologue et occultiste français, né à Ganges {Hérault}, in. à Paris fl7ü8-1825) ; auteur de la Lamjxie hébraïque restituée. li fut un précurseur des félibres.

Fabre (Marie- Joseph- Victorin), littérateur français, né à Jaujac (Ardèche), m. àParis (178o-1831) ; auteur de pdèmes académiques, et fondateur du journal la Tribune.

Fabre (Jean-Henri), J. -H. Fabre,

entomologiste français, né

à Saint-Léons (Aveyi’on), m. à Sérignan (Vaucluse) [1823-19151; auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, il a laissé surtout des Souvenirs eiitomoloijiques y chef-d'œuvre d'observation patiente, rédigés dans une forme attrayante (10 v.).

Fabre (Ferdinand), romancier français, né à Bédarieux, m. à Paris ( 1827-1898). Il est un peintre remarquable de la vie des prêtres et des paysans des Cévennes.

Citons : l'Abbé Tinrane, le Chevrier, mon Oncle Célestin, etc., et une intéressante autobiographie : ma Vocation. Ferdinand Fabre.

Fabre (Amant-Joseph), professeur et homme politique français, né à Rodez, m. à Cannes (184-4-191G) ; auteur de nombreuses études sur Jeanne d'Arc.

Fabre (Emile), auteur dramatique, né à Metz en 1870, administrateur de la Comédie-Française, 8i\iiem' (Iq: r Argent, Timon d' Athènes, la Vie publique, les Ventres dorés, la Rabouilleuse, les Sauterelles, la Maison sous l'orage, etc., œuvres remarquables par l'âpreté de la satire et l’intensité eframatique.

Fabrègues, comm.

de rilérault, an*, et à 9 kil.

de Montpellier, sur le Caulazou : 1.680 h. Ch. de f. M.

Fabrezan, comm. de l’Aude, arr. et à 90 kil. de Narbonne, sur l'Orbieu ;

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